La mode CDD n’épargne rien : Après le secondaire, le supérieur ciblé

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Après le ministère de l’Education nationale qui se bat pour organiser les concours pour recruter 11.000 enseignants en CDD, c’est autour de celui de l’Enseignement supérieur de recourir aux contrats pour faire face au déficit des enseignants. L’annonce a été faite hier lundi par la ministre par intérim de l’Enseignement supérieur, Jamila El Moussali, devant la dixième session du CSEFRS.
Devant la dixième cession du Conseil supérieur de l’enseignement, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), la ministre par intérim a ôté le voile sur le grand manque en enseignants dans les facultés et écoles supérieures. Dans son long exposé, la ministre déléguée J. El Moussali, devenue ministre par intérim après que L. Daoudi ait été relevé de ses fonctions pour cumul de mandats, a fourni plusieurs statistiques qui reflètent l’absence d’une gestion préventive des ressources humaines. D’après elle, au moment où les standards internationaux exigent un enseignant pour 50 étudiants, le Maroc reste loin de ce coefficient. Pour l’atteindre, le pays dont le taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur reste en deçà du « seuil de 1 Marocain sur 3 » (31,3 % seulement des Marocains âgés de 19 à 23 ans), devrait ouvrir pas moins de 1.200 postes par an. Or, faute de pertinentes prévisions les postes budgétaires attribués par les lois de finances restent en deçà de cette attente (1.030 en 2016). Et la solution miracle : recourir au recrutement en CDD des Marocains titulaires de doctorat ainsi qu’aux Marocains de la diaspora qui sont déjà enseignants-chercheurs à l’étranger. La Maroc qui compte 826.000 étudiants, exceptée la formation professionnelle (un chiffre voué à augmenter annuellement de 10,7 %), ne possède par contre que 18.313 enseignants permanents, dont seulement 13.127 dans les universités. Deux chiffres qui restent tristement trop faibles par rapport à la population totale. Pis, sur les quelque 800.000 étudiants, 80 % sont concentrés dans les facultés de sciences, lettres et droit où l’accès est libre (sans concours), mais le comble se situe au niveau des filières d’ingénierie et de médecine. Selon les propres aveux de la ministre, face aux départs croissants à la retraite, les filières de santé et d’ingénieurs sont menacées par un déficit colossal d’enseignants au cours des prochaines années. Ainsi, il semble que le gouvernement ne jure que par les CDD. Suivant docilement les instructions du FMI, le gouvernement semble déterminé à dégraisser le mammouth au point de mettre en danger l’encadrement de l’école et tout ce qui s’ensuit ! De quoi ouvrir un boulevard pour le privé qui ne fait que dépouiller davantage ceux qui tombent dans son filet.

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