Nina Simone, une pianiste hors pair qui a combattu la ségrégation

Nina Simone, de son vrai nom Eunice Kathleen Waymon, une des divas de la scène musicale US, a très tôt été marquée par l’environnement US qui expirait la ségrégation raciale. 

Durant ses débuts, elle a plus ou moins réussi à imposer son talent de pianiste et de chanteuse dans des bars sulfureux. Avant de s’impliquer, dans les années 1960, en plein dans la lutte des Afro-Américains pour les droits civiques . Nina a trouvé son combat. Sa fille Lisa Simone revient sur ces années-là. «Elle s’est dit qu’elle allait utiliser la scène pour quelque chose qui a du sens : ‘Je n’ai pas pu vivre mon rêve [celui de devenir la première femme noire pianiste classique] et je me suis un peu perdue pendant un moment, mais maintenant j’ai trouvé autre chose dans lequel mettre mon énergie. Je vais me lever et être cette voix’…», rappelle-t-elle.

« Ce désir de musique classique ne l’a jamais quittée et c’est pour ça que dans tout ce qu’elle joue, on retrouve cette influence », rappelle Hannah Ferguson, une ancienne camarade de classe. Alors, quand elle est au piano, son public n’a qu’à bien se tenir. Comme dans ce moment où l’artiste demande sans ménagement de s’asseoir à un spectateur un peu trop remuant dans la salle. Et l’artiste engagée contre la discrimination raciale, dont elle a été une victime, aura sa revanche sur le classique à la toute fin de sa vie.

« Elle reçoit une enveloppe avec sur l’enveloppe un en-tête du Curtis Institute of Music, ce qui la renvoie à des choses très anciennes. Elle apprend ainsi qu’elle est faite docteur honoris causa. C’est un geste qui veut dire : ‘On regrette’… » explique Florence Noiville, coauteure avec Mathilde Hirsch du livre Nina Simone. Love me or Leave me (éd. Tallandier). L’ex-enfant prodige, qui n’y avait pas été acceptée parce que noire, se battra toute sa vie pour l’égalité des droits : « J’ai découvert ce que cela faisait de ne plus être enchaînée à rien / A aucune race, à aucune foi, à personne, à aucun espoir / Je sais ce que cela fait de se sentir libre », chante au Festival de Montreux (1976) la musicienne qui meurt en 2003, à Carry-le-Rouet (Bouches-du Rhône), à l’âge de 70 ans.

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