The news is by your side.

Normalisation libyenne : Haftar joue aux trouble-fête

11
Martin Kobler, le représentant des Nations unies en Libye était à New York. Il a briefé en privé le Conseil de sécurité sur la situation alors que les forces commandées par le général Haftar se sont saisies des quatre terminaux du croissant pétrolier. A la situation sécuritaire très volatile en Libye s’ajoute maintenant un risque d’effondrement économique. Car la démarche de Haftar qui refuse de rencontrer l’envoyé spécial de l’ONU vise à faire main basse sur le nerf de la guerre.
M. Kobler a plaidé devant le Conseil de sécurité pour l’unité de la Libye et invité « tous les Libyens à reconnaître le gouvernement d’union nationale comme le seul organe exécutif légitime ».
« Les divisions », ajoute-t-il, ne peuvent que participer à la déliquescence d’un pays toujours fragilisé par une crise politique qui oppose le gouvernement d’union nationale soutenu par l’ONU et les groupes armés dont le général Haftar est l’un des représentants.
La prise de contrôle du Croissant pétrolier est un coup dur pour l’ONU qui craint maintenant une crise économique. Le pétrole est l’unique source de revenus en Libye. Jamais les exportations n’ont été aussi basses. La Libye ne produit plus que 200 000 barils par jour contre 1,4 million avant la révolution, a rappelé Martin Kobler qui a demandé aux troupes fidèles au général Haftar d’éviter d’endommager les infrastructures pétrolières.
En Libye, un conglomérat de dont le poids est non négligeable a publié un communiqué apportant son soutien aux forces du général Haftar et exprimant l’étonnement des Libyens face à la position occidentale concernant le pétrole.
A terme, des observateurs de la scène libyenne craignent que ce coup de force opéré par Haftar ne fasse voler en éclats l’accord politique fragile arraché par l’ONU aux différents belligérants libyens le 17 décembre 2015 après d’âpres négociations. C’est très certainement le but recherché par le général Haftar, chef proclamé de l’armée liée au gouvernement non reconnu basé à Al Baïda (est). Il n’a jamais caché son aversion à collaborer avec Fajr Libya, l’actuelle force de frappe du gouvernement El Sarraj. Le général Haftar rejoint l’ancien Parlement de Tobrouk pour fustiger ce conglomérat de milices en majorité islamistes qui n’est pas digne de confiance. Pas question donc, pour eux, de travailler avec eux. C’est ce qui, officiellement, empêche la Chambre des représentants de donner son quitus au gouvernement de Fayez El Sarraj. Pour s’impliquer dans le processus de réconciliation libyenne, l’Est ne demande rien moins que le contrôle de l’architecture sécuritaire de la Libye.
La tension en Libye est loin d’être tombée malgré les succès militaires remportés contre Daech à Syrte. Et il y a de fortes chances pour que la situation se complique davantage avec la pression exercée sur le général Haftar et les autorités de Tobrouk par la communauté internationale. Celle-là même qui doit tirer les conclusions du rapport publié mercredi, par des parlementaires britanniques qui accablent l’intervention militaire menée par le Royaume-Uni et la France en Libye en 2011 contre l’ex-chef de l’État libyen Mouammar Kadhafi.
« La stratégie du Royaume-Uni fut fondée sur des postulats erronés et sur une analyse partielle des preuves », indique notamment ledit rapport.
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :