Nouakchott fait dans la provoc

Les relations maroco-mauritaniennes passent par une période creuse des plus inquiétantes. Si la représentation diplomatique de la Mauritanie à Rabat est réduite au strict minimum (l’ambassadeur étant absent depuis 5 ans), c’est que rien ne va plus entre les deux pays. Nouakchott préfère jouer foncièrement la carte algérienne. Un alignement anhistorique gravissime.
Entre Rabat et Nouakchott, le ciel reste ombrageux. Rien ne semble favoriser un retour à la normale entre les deux capitales, la Mauritanie ayant choisi depuis quelques temps déjà de s’aligner sur les positions d’Alger en lieu et place d’une politique de voisinage plus équilibrée et marquée d’une réelle équidistance. Tout un faisceau d’indicateurs confirme si besoin est que les autorités mauritaniennes alimentent cette tension au risque de pousser à bout le Royaume. Comme c’est le cas, rappellent les médias au cours de ces derniers jours, du bouclage de la frontière terrestre empêchant tout transit de véhicules immatriculés au Maroc par le territoire mauritanien. Ni poids lourds, ni véhicules légers ne sont épargnés par une interdiction qui porte préjudice à la circulation des biens et des personnes. L’affaire n’est pas anodine puisqu’elle confine à la guerre économique, le flux des échanges que le Maroc ayant encouragé à destination de plusieurs pays africains risquant d’en pâtir gravement. Serait-ce la goutte qui risque de faire déborder le vase ? Le silence observé par la diplomatie marocaine a de quoi susciter plein d’interrogations. Car pas une protestation officielle n’a été constatée alors que les observateurs pointent du doigt nombre d’incidents qui auraient dû entrainer une réaction marocaine des plus fermes. A commencer par le renforcement de la présence militaire de la Mauritanie dans la baie de Lagouira… Un acte inamical qui s’ajoute à de nombreux autres, le décès du chef du Polisario ayant finalement affranchi les Marocains quant aux véritables desseins de Nouakchott dans la région. En effet, à cette occasion, le Président mauritanien avait adressé aux prétendus dirigeants sahraouis une lettre de condoléances qui reprend la casuistique développée par les partisans de la sécession. Plus, une délégation mauritanienne a même pris part aux obsèques du père putatif du Polisario. Pourtant, nombreux sont les responsables mauritaniens qui savent à quoi s’en tenir dès lors qu’il est question de gérer la sécession dans la région et qui n’ignorent pas, non plus, la genèse du mouvement séparatiste que l’Algérie alimente… Y compris en offrant l’asile à des… Mauritaniens. Histoire de remplir les camps de la honte de Lahmada. Pis, le chef de l’Etat mauritanien qui devait recevoir les émissaires royaux venus l’affranchir de la volonté du Maroc de réintégrer le giron de l’Union africaine a choisi de faire faux bond… En chargeant le chef de la diplomatie de son pays de le remplacer. Mais le plus grave aura été, sans le moindre doute, la décision prise par les responsables mauritaniens à l’occasion du sommet arabe abrité par Nouakchott. En effet, le logo officiel de ce sommet mort-né ampute le Maroc de ses provinces sahariennes alors que la Ligue arabe ne reconnaît pas une quelconque entité sahraouie. Assurément, Nouakchott joue avec le feu. Nul besoin de rappeler, à ce sujet, ce que réserve l’Histoire à tout apprenti-pyromane. Le discours-réquisitoire que le Roi a dressé aux chefs d’Etat africains à l’occasion du dernier sommet de l’U.A a de quoi rafraichir la mémoire à ceux qui se laissent lobotomiser en y voyant un quelconque salut.

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