Obama fait ses adieux à la presse : Les conseils d’un « citoyen »

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A 48 heures de l’investiture de D. Trump, le 44e président des Etats-Unis s’est livré pour la dernière fois au jeu des questions-réponses lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche.
Barack Obama est revenu sur « la grâce » accordée au lanceur d’alerte Chelsea Manning en expliquant avoir « jugé, au regard des circonstances, que commuer sa peine était pleinement approprié », d’autant que le soldat a déjà purgé « une dure peine de prison ». La militaire transsexuelle, qui s’appelait Bradley Manning au moment des faits reprochés, sera libérée le 17 mai. Mais point de détails sur ce qui doit attendre les autres lanceurs d’alerte en exil ailleurs. Assange et Snowden doivent attendre d’autres anges…
Sur le programme de D. Trump, c’est une hypothèse que le Président sortant a voulu faire partager avec les médias. « Puisqu’il a gagné sa campagne en s’opposant à un bon nombre de mes initiatives (…), il est normal de sa part d’aller de l’avant avec sa vision (…). Je ne m’attends pas à ce qu’il y ait beaucoup de points communs. Mais peut-être que sur certains sujets, lorsqu’il sera au pouvoir et qu’il regardera la complexité des dossiers (…), il arrivera aux conclusions que j’ai déjà tirées. » Allusion est ainsi faite à deux dossiers en particulier : l’assurance maladie et la création d’emplois. « Mais je ne pense pas que l’on en saura plus avant qu’il ait une chance de s’asseoir dans le bureau Ovale » a laissé enetendre B. Obama.
Le président sortant a par ailleurs confirmé qu’il serait présent, accompagné de sa femme, Michele Obama, à l’investiture de son successeur. Amusé, il a ajouté être vexé car, selon la météo, il fera moins froid que lors de sa première cérémonie d’investiture. Si la clémence de la météo est faite pour détendre les mœurs, B. Obama ne s’est pas départi de son alarmisme concernant nombre de sujets. Rappelant le fait que D. Trump a promis d’installer l’ambassade des Etats-Unis à Al-Qods, il a mis en garde son successeur contre une situation potentiellement « explosive » s’il exécutait des « mouvements unilatéraux soudains ». Il a déclaré être « inquiet parce que j’estime que le statu quo est intenable, qu’il est dangereux pour Israël, mauvais pour les Palestiniens, mauvais pour la région et mauvais pour la sécurité aux Etats-Unis. »
Quant aux relations avec Moscou, B. Obama a d’abord répondu qu’il était « dans l’intérêt de l’Amérique et du monde, que nous ayons une relation constructive avecla Russie ». Rappelant qu’au début de son mandat il avait essayé « de travailler avec le président et le gouvernement russes », il a déploré que lorsque Vladimir Poutine est revenu à la présidence, « la rivalité antiaméricaine s’est intensifiée ». Selon son analyse, « l’idée selon laquelle tout ce que les Etats-Unis faisaient était nécessairement mauvais pour la Russie » s’est généralisée, ce qui a mené au retour de « l’atmosphère antagoniste connue durant la guerre froide ». Le président sortant n’a pas omis de rappeler le « rôle essentiel que les Etats-Unis doivent continuer de jouer à travers le monde » pour défendre les droits humains, des femmes ou la liberté de la presse, tout en insistant sur le fait qu’il était « important » de continuer à « être du bon côté ». « Car si nous, la plus grande et la plus puissante démocratie du monde, ne défendons pas ces valeurs, la Chine, la Russie et les autres ne le feront pas. »
Au sujet d’un éventuel retour en politique, chose éludée, il a souligné être « toujours un citoyen. » Au regard de cela, il n’a pas écarté la possibilité de « s’exprimer » à nouveau publiquement sur des sujets comme la discrimination, le droit de vote, la liberté de la presse ou l’immigration si « les valeurs fondamentales » de l’Amérique étaient en jeu. « Je crois en ce pays, je crois au peuple américain, je crois que les gens sont davantage meilleurs que mauvais », a-t-il assuré avant de conclure : « Au fond de moi, je pense que ça va aller (…) Bonne chance. »

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