OGB scrute la réponse marocaine au Covid-19 et recommande d’inscrire les ruptures dans la durée 

Dans une nouvelle publication sur l’évolution du Royaume en ces temps de pandémie, le Cabinet  Oxford Business Group revient sur les efforts entrepris par le Maroc face à la pandémie de coronavirus. De l’industrie à l’éducation, en passant par la santé, la réponse marocaine a été saluée pour sa rapidité, son efficacité et sa coordination.

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OGB scrute la réponse marocaine au Covid-19 et recommande d’inscrire les ruptures dans la durée 

Le Royaume a été l’un des premiers de la région MENA à instaurer des mesures strictes de confinement : les écoles ont été fermées le 13 mars et un état d’urgence déclaré le 19 mars, prolongé ultérieurement jusqu’au 10 juin. Le vaste programme de mesures mis en place semble avoir porté ses fruits. 

Si en date du 19 mai le nombre de cas s’élevait à 6950 et le nombre de morts à 192, le bilan des décès quotidien a considérablement baissé depuis le pic enregistré à la mi-avril. Et pour cause, et comme l’a expliqué OBG en détail, une vaste mobilisation de l’industrie a constitué l’un des éléments centraux de la réponse du Maroc au Covid-19. 

Le pays était bien placé pour mettre à profit son secteur industriel, ce dernier ayant fait l’objet de restructurations ces dernières années dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020. Pendant cette période, plus de 400 000 emplois ont été créés et 54 systèmes industriels été mis en place, notamment dans les secteurs de l’automobile, du textile et de l’aéronautique. Le secteur textile – qui employait plus de 185 000 personnes dans 1600 entreprises à la fin de l’année dernière, représentant 15% du PIB industriel – a joué un rôle particulièrement important. Début mars, de nombreuses entreprises de textile et d’habillement se sont lancées dans la fabrication de masques médicaux, visant une capacité de production de 5 millions d’unités d’ici la mi-avril. En outre, l’unité industrielle de Lamatem à Berrechid, inaugurée en octobre dernier et spécialisée dans la production de textile à usage médical, s’est engagée à satisfaire les besoins du système de santé public marocain en termes de produits textiles médicaux. 

Grâce à cette mobilisation, le gouvernement a pu distribuer des masques – en utilisant les réseaux de deux entreprises de produits laitiers – à environ 70 000 points de vente, fixant leur prix de vente unitaire à 0,80 dirham (0,10 euro). Le 7 avril, le port d’un masque médical a été rendu obligatoire dans les lieux publics et sur les lieux de travail. Parallèlement aux hausses de production, les chercheurs se sont employés à développer des solutions pour le secteur de la santé produites au Maroc. Peu de temps après l’entrée en vigueur du confinement, l’Université Internationale de Rabat a commencé à produire et à distribuer des masques aux hôpitaux, tout en s’attelant à l’élaboration d’un type de masque plus durable. Par ailleurs, au mois d’avril, un groupe d’ingénieurs marocains de l’Université Mohammed VI Polytechnique a annoncé le développement de deux appareils « 100% marocains » : un ventilateur automatique et un thermomètre infrarouge. 

Des approches numériques innovantes ont également joué un rôle, notamment en ce qui concerne le partage des informations. Le 30 mars le ministère de la Santé a lancé une application permettant aux médecins et aux professionnels de santé de mutualiser leurs stratégies et leurs connaissances. Parallèlement à ce dispositif, des ingénieurs, entrepreneurs et techniciens ont lancé une plateforme numérique baptisée Ingénierie VS COVID19MAROC destinée au partage d’expérience et au soutien des travailleurs essentiels au moyen de technologies innovantes. Enfin, la start-up franco-marocaine Dakibot a récemment mis gratuitement à disposition un chatbot qui apporte automatiquement des réponses en arabe dialectal aux questions en lien avec le coronavirus.

Innovation et numérique tracent l’avenir 

La réponse marocaine au Covid-19 ne s’est pas limitée au secteur médical ; elle s’est en effet illustrée par le déploiement d’interfaces numériques adaptatives. Le ministère de l’Education a par exemple mis en place une plateforme d’e-learning afin d’assurer la continuité éducative. Des préoccupations ont toutefois été exprimées quant au nombre limité d’élèves disposant d’un accès au numérique. En partie pour tenter de répondre à de telles préoccupations, la télévision et la radio publique programment également des contenus pédagogiques. 

Pour faciliter les échanges commerciaux, les formalités douanières peuvent désormais être effectuées en ligne sur PortNet, un guichet unique des procédures du commerce international. « Le Maroc a entamé une transformation digitale importante qui a été accélérée par le Covid-19, notamment au niveau des administrations marocaines qui ont dû relever deux principaux défis : d’une part assurer la continuité des services publics, et d’une autre part, assurer le télétravail des fonctionnaires et agents publics pendant le confinement, » déclare à OBG Mohamed Faïçal Nebri, Responsable du département stratégie, développement, coopération et communication à l’Agence de Développement du Digital.

 En outre, des applications sont également utilisées pour venir en aide plus spécifiquement à des pans vulnérables de la population. Les femmes risquent fort d’être impactées de manière disproportionnée par les conséquences économiques de la pandémie. Dans le cadre de son programme de soutien à l’entreprenariat féminin au Maroc, la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) a lancé une série de formations en ligne destinées à renforcer les compétences en marketing numérique et en gestion de crise dans le contexte de la pandémie. En tout, plus de 2,4 millions de Marocains travaillent dans le secteur informel et risquent donc d’être particulièrement impactés par la crise. 

Pour répondre à ce problème, peu après le début du confinement, le Comité de Veille Économique a mis en place une base de données numérique où peuvent s’inscrire les personnes non affiliées à la sécurité sociale afin de bénéficier d’aides financières. Une fois entrés leur nom et numéro de carte d’identité, les bénéficiaires reçoivent un SMS autorisant le retrait d’une somme calculée en fonction de la taille du foyer dans l’un des 10 000 distributeurs automatiques et guichets bancaires du pays. A l’avenir, cette initiative pourrait être mise à profit afin d’intégrer plus de travailleurs du secteur informel dans l’économie formelle.

Dans l’ensemble, les innovations numériques ont permis de rationaliser de multiples secteurs de l’économie, potentiellement de manière durable. Reste à espérer que les procédures et technologies mises en place dans le cadre de la stratégie de lutte contre la pandémie pourront être adaptées et maintenues une fois la crise passée. Un vœu pieu du cabinet britannique qui rejoint l’espoir de l’ensemble des citoyens. Croisons les doigts   

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