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Omar Sharif s’est éteint : L’Egypte perd son César

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C’est l’immense Youssef Chahine qui allait mettre sur orbite un des plus grands acteurs du cinéma mondial Omar Sharif. L’acteur égyptien s’est éteint alors que son pays est en proie à une guerre contre le terrorisme islamiste. Lui qui avait immortalisé la fougue des Arabe pour l’émancipation de l’emprise ottomane…

La disparition du mythique Omar Sharif, inclassable acteur égyptien, rappelle aux cinéphiles la fantastique fresque que David Lean livra au public en 1962 : « Lawrence d’Arabie ». Car c’est en campant le rôle de Sharif Ali Ibn El Kharich, vaillant bédouin lié au sulfureux agent britannique, talentueusement joué par Peter O’Toole, que la star égyptienne allait briller de tous ses feux dans le ciel du 7ème art. Le fils d’Alexandrie, né en 1932 dans une famille d’origine libanaise (les Chalhoub de Zahlé), allait finir ses jours au Caire, au bord du Nil, après avoir écumé nombre de continents. Sa vie est aussi complexe que l’est ce Machrek où Joseph Chalhoub, élevé dans le rite grec-catholique melkite, s’est reconvert à l’islam pour épouser l’amour de sa vie, Faten Hamama. Un couple d’artistes hors pair qui allait tenir la production filmique égyptienne en haute estime dans le monde arabe. L’artiste connu pour être un polyglotte n’avait pas la langue dans la poche… En janvier 2011, il s’était joint aux masses égyptiennes qui demandaient le départ du Raïs Moubarak. Lui qui redoutait, et il l’avait fait savoir, la montée en puissance des Frères musulmans. Pour les nostalgiques, « Lawrence d’Arabie » est d’une actualité brûlante à l’heure où l’espace arabe est traversé par des miasmes d’instabilité qui renvoient aux accords de Sykes Picot qui avait dessiné les frontières d’un échiquier sur lequel jouaient deux puissances coloniales du début du 20è siècle : la Grande Bretagne et la France.
Que l’on se souvienne que c’est à l’âge de 26 ans que l’avenir allait sourire à Omar Sharif, nom que lui donna son mentor Youssef Chahine, en jouant dans « Le démon du désert». Avant de récidiver, deux années plus tard, avec le même immense cinéaste, en campant le rôle principal dans « Les eaux noires»… face à F. Hamama. Présenté au Festival de Cannes, le film lui valut ses premières louanges. Et le propulsa au faîte de la gloire aux yeux de nombreux cinéastes mondiaux. « La châtelaine du Liban » de Richard Pottier (1956), « Le docteur Jivago » de David Lean (1965), avec un Golden Globe à la clé« La nuit des généraux » d’Anatole Litvak (1967), « Mayerling » de Terence Young, « Funny Girl » de Willial Wyler (1968)… Que de gloire pour le fils du Nil pour qui rien ne résiste, par même les films western « Mackenna’s gold » de J Lee Thompson (1969), «Les Possédés» d’Andrzej Wajda (1988). Bien entendu, l’acteur égyptien qui tenait le haut de l’affiche s’est démarqué aussi dans le cinéma égyptien où il joua des rôles dans pas moins de 26 films. Une carrière des plus riches qui allait se bonifier avec le temps, lui qui réussissait à n’en faire qu’un avec les personnages qu’il jouait de Che Guevara à Gensis Khan. Après une éclipse qui s’explique sans doute par le train de vie qu’il menait, et le chagrin qui allait suivre son divorce d’avec F. Hamama (ce qui le poussa encore à renouer avec le christianisme), il allait rempiler en jouant dans d’autres productions cinématographiques qui fleurent bon les gros budgets, comme ce fut le cas dans « Le 13e Guerrier » de John McTiernan et « Hidalgo » de Joe Johnson, que dans des films opposés au diktat des blockbusters. « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » de François Dupeyron, sanctionné par un César et, pour le fun, «Rock the Casbah » de Laïla Marrakchi (2013), film marocain qui allait consacrer sa dernière apparition sur le grand écran.
Comptant parmi les meilleurs joueurs de bridge au monde, grand amateur de courses hippiques et grand épicurien devant l’Eternel, O. Sharif qui assumait le rôle de «SDF de luxe» dans la vraie vie, habitué plus des grands palaces de France et d’Amérique où il avait ses habitudes, n’a retrouvé les siens qu’au soir de sa vie. Affaibli par Alzeihmer, il succomba le 10 juillet à une crise cardiaque.

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