Ostréiculture à oualidia: Comment la lagune se refait une santé

0 80

Derrière le panorama féerique de la lagune de Oualidia, on soupçonnait à peine les dégâts causés à l’ostréiculture. La salmonelle y faisait des ravages à cause d’activités connexes. Un plan intégré a été conçu pour que les huîtres réintègrent les circuits du commerce. Sans danger pour les consommateurs.

Les scientifiques de l’Institut national des recherches halieutiques (INRH) et les cadres de l’ONSSA veillent au grain au niveau de la lagune de Oualidia. Rien de plus normal au regard de l’importance que revêt ce site naturellement abrité des fortes lames de l’Atlantique pour l’essor de l’ostréiculture. En effet, bien avant que la baie de Dakhla n’entre en concurrence avec Oualidia, c’est de cette région dépendant de Doukkala-Abda que le gros des huîtres se déversait vers le marché. Mais il faut dire que la lagune a subi les contrecoups d’un développement urbain et agricole. Causant des dégâts incommensurables à l’équilibre écologique qui permettait à l’ostréiculture de se développer aux normes sanitaires devenues plus exigeantes. C’est la raison pour laquelle sur recommandation des scientifiques, le département de la Pêche n’hésitait pas à suspendre le commerce des huîtres affectées de salmonelle. « La lagune est devenue sous la pression de divers facteurs un nid peu propice à la culture des naissains importés », se souvient un opérateur de la place. Affluents des eaux pluviales chargés de fertilisants naturels ou chimiques, rejets liquides bruts et absence de dragage avaient grandement altéré la qualité des eaux de la lagune. Mais aujourd’hui, le soulagement est là parmi les opérateurs qui ont pu résister à la pression des années de vaches maigres. Il faut dire que les autorités provinciales, sensibilisés aux incommensurables dégâts écologiques, ont fini par réagir. Surtout depuis que « l’implication royale » dans ce dossier a pris de l’ampleur, assure-t-on. En effet, on est passé de la seule logique de souille à une approche plus globale dans la gestion de la décontamination de la lagune. Un plan intégré, impliquant plusieurs acteurs, centraux comme locaux, a été conçu pour la sauvegarde d’un aussi prestigieux site. Et les résultats ont tout pour être probants, de l’avis même des ostréiculteurs. Plan qui va de l’amont à l’aval. Car pour mettre un terme aux facteurs de pollution d’origine chimique et animale, contribuer à la sauvegarde écologique de la baie, il fallait envisager des solutions en amont en s’attaquant, essentiellement, aux activités agricoles éminemment polluantes. Pas moins de 70 MDH y ont été consacrés en vue de permettre à l’agriculture de prendre un pli de modernisation avec le recours à l’irrigation localisée. Cela sans occulter la dimension d’élevage en veillant à l’amélioration des pâturages et la mise en place de points d’eau (4 au total) pour permettre aux éleveurs d’abreuver leur cheptel. A ce montant s’ajoutent 15 MDH pour l’élaboration d’une étude appropriée sur l’état sanitaire et écologique de la lagune et 8 MDH pour la réalisation d’une souille. L’assainissement de la situation ne pouvait se faire sans accorder un intérêt de premier ordre au bilan écologique déficitaire du périmètre urbain qui jouxte une zone fragile qui plus est bénéficiant du statut RAMSAR. 61,5 MDH sont ainsi destinés à la requalification des quartiers sous-équipés avec, en prime, la généralisation de l’assainissement liquide (à hauteur de 85%) et la réalisation d’une station d’épuration des eaux usées. Cela sans oublier la gestion des déchets solides via la mise en place d’une décharge contrôlée. L’effort mené sur plusieurs fronts a connu bien des succès que le retard dans quelques réalisations ne saurait minorer. Equipement, Agriculture et Pêche, ORMVAD, Habitat, Eau et environnement, Haut commissariat aux eaux et forêts, RADEEJ… Voilà autant d’intervenants qui ont permis à la lagune de Oualidia de se refaire une santé. Aujourd’hui, le niveau de salmonelle décelé par les scientifiques au niveau de la lagune n’excède pas les 4%. On revient de loin puisqu’en 2011 le seuil des 20% était déjà établi. En tout cas, l’amélioration de la situation écologique de la lagune de Oualidia ne saurait être que pérenne avec la déviation programmée du canal des eaux pluviales qui est à 85%, l’interdiction de l’utilisation du fumier dans l’agriculture lagunaire, la condamnation des salines dont les rejets étaient canalisés vers le vivier de l’ostréiculture et, enfin, l’ouverture de la digue pour permettre le renouvellement des eaux de la lagune et la création de courants hydrodynamiques.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus