Ostréiculture/haj saidi: Dynamiser la stratégie «halieutis»

L’ostréiculture peut prendre une autre dimension dans le pays. Surtout depuis que la baie de Oualidia a été sauvée des ravages de la pollution. Mais d’autres sites peuvent être mis en exploitation moyennant des efforts. Haj Saidi, ostréiculteur qui bataille sur tous les fronts, en est convaincu. Pour peu que les moyens soient mobilisés pour garantir l’essor de l’aquaculture dans sa globalité.

PERTINENCES : QUELLE APPRÉCIATION FAITES VOUS DE LA STRATÉGIE HALIEUTIS ? A-T-ELLE CONTRIBUÉ À L’ESSOR DE VOTRE SECTEUR ?

HAJ SAIDI : Il faut souligner que la stratégie Halieutis promue par le ministère de la Pêche a suscité l’espoir et engendré, en même temps, des attentes au sein des professionnels. On peut dire aujourd’hui que des avancées ont été réalisées sur la voie du développement du secteur. Toutefois, ces avancées restent timides. Voilà pourquoi il serait plus judicieux de hâter la démarche pour permettre aux professionnels de mieux développer leur secteur d’activité. Il faut dynamiser la stratégie Halieutis.

QUE POUVEZ-VOUS NOUS DIRE SUR LES BLOCAGES QUI RENDENT DIFFICILE L’ESSOR DE VOTRE ACTIVITÉ ?

H.S : En matière d’ostréiculture, il y a lieu de relever que beaucoup d’efforts sont encore à déployer pour permettre à ce secteur de mieux s’exprimer. On est encore loin d’avoir réussi à maîtriser tous les métiers non seulement à cause de la rareté des sites naturels abrités, que ce soit en Méditerranée ou en Atlantique, mais faute aussi de moyens techniques et financiers. Ce que l’on maîtrise parfaitement aujourd’hui n’est autre que l’élevage des huîtres. On importe les naissains et on assure leur développement jusqu’à maturité. Les sites naturels qui permettent à cette activité de se maintenir sont au niveau de la lagune de Oualidia, pour laquelle d’immenses efforts ont été consentis pour garantir la salubrité des eaux, et de la baie de Dakhla. Quant à la baie d’Al-Hoceima, son exploitation reste problématique avec les impératifs exigés par les armateurs qui refusent de se replier sur d’autres sites. Le site de Sidi Moussa, propice à l’ostréiculture, est lui aussi condamné faute de dragage.

MAIS EN FACE IL Y A UNE FERME VOLONTÉ EXPRIMÉE PAR LES AUTORITÉS PUBLIQUES POUR DÉVELOPPER L’AQUACULTURE, NON?

H.S : On est encore au stade du développement. Des efforts sont à consentir, notamment en matière de protection des sites choisis. En Méditerranée, par exemple, on constate qu’au niveau de la zone Aqua Mdieq, le mouillage des bateaux reste une source de pollution. En plus, on n’a pas de port d’attache pour l’importation des naissains. Voilà qui complique la situation des éleveurs qui appellent à ce que les infrastructures adéquates, notamment des quais propices, soient au rendez-vous. En sus, les opérateurs se trouvent grevés par un régime fiscal qui n’est pour faciliter le développement de l’aquaculture. A l’importation, on paie non seulement des droits de douane, mais on s’acquitte aussi d’une TVA de 20% alors que lors de la vente de nos produits, on est exonérés. C’est lourd de pouvoir s’équiper aujourd’hui en barges à grues, de longline, de flotteurs et de câbles… Le tout étant importé.

QUE POUVEZ-VOUS NOUS DIRE SUR LA BATAILLE AUTOUR DE LA QUALITÉ ?

H.S : Comme vous le savez, nos produits souffraient essentiellement de la pollution du site Oulidia. Aujourd’hui, il faut dire que le gros du travail a été fait pour assainir la baie. On n’aura plus la même fréquence d’alerte à la salmonelle qui se traduisait par des pertes sèches. A l’export, en l’absence de certificats sanitaires délivrés par l’INRH, on ne peut vendre que pour la consommation de bouche. Quant à la ré-immersion de nos produits dans les élevages européens, la bataille est loin d’être gagnée.

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