P. Sanchez arrache son investiture: Un gouvernement espagnol plus à gauche…

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P. Sanchez arrache son investiture: Un gouvernement espagnol plus à gauche…

Le socialiste espagnol Pedro Sanchez a été reconduit, mardi 7 janvier, à la tête du gouvernement après avoir remporté d’extrême justesse un vote de confiance à la Chambre des députés qui met fin à huit mois de paralysie politique.

Le vote perdu de dimanche dernier n’est qu’un vague souvenir. Fort de 167 votes favorables (165 contre, et 18 abstentions), P. Sanchez pourra former un gouvernement de coalition inédit avec la gauche radicale de Podemos.
Tout cela laisse présager une législature compliquée pour le socialiste, à la tête du premier exécutif de coalition dans le pays depuis la fin de la dictature franquiste, en 1975.

P. Sanchez – pour lequel ont voté les socialistes, Podemos et plusieurs petits partis dont les nationalistes basques du Parti national basque (PNV) – doit son investiture à l’abstention , arrachée après de dures tractations, des 13 députés du parti séparatiste catalan (ERC) (Gauche républicaine de Catalogne), qui lui a permis de l’emporter.
En échange de cette abstention, les socialistes ont promis la tenue d’une négociation entre le gouvernement central et l’exécutif régional catalan – contrôlé par les séparatistes – pour résoudre le «conflit politique sur l’avenir de la Catalogne».
Les résultats de cette négociation seront soumis au vote des Catalans lors d’une consultation. Les socialistes se sont empressés de préciser qu’il ne s’agirait jamais du référendum d’autodétermination que les séparatistes réclament.

Cette alliance entre les socialistes et l’ERC a été fortement critiquée par la droite du Parti populaire et l’extrême droite de Vox, troisième force politique du pays, qui accuse le socialiste de «trahison» et a appelé ses sympathisants à manifester dimanche dans tout le pays.

La reconduction de P. Sanchez met fin à huit mois de blocage. Mais avec seulement 155 députés socialistes et Podemos, il devra négocier avec d’autres forces le vote de toutes ses lois et, en premier lieu, du budget.

Empêtrée dans une instabilité politique chronique depuis 2015, la quatrième économie de la zone euro a connu deux élections législatives en 2019, avril et novembre, remportées à chaque fois par P. Sanchez mais sans majorité absolue – et quatre depuis quatre ans.

Ensemble, les socialistes et Podemos ont promis un virage à gauche: hausse de la fiscalité pour les plus riches et les grandes entreprises, abrogation partielle de la réforme controversée du marché du travail adoptée en 2012 par les conservateurs, encadrement des loyers, etc.

Un programme décrié par la Confédération espagnole des organisations d’employeurs (CEOE, une organisation patronale), qui a dénoncé des mesures «plus proches du populisme que de l’orthodoxie économique» et a mis en garde contre ses effets «très négatifs sur la création d’emplois».

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