Paix syrienne laborieusement discutée à Astana : Premiers raids russo-américains contre Daech à El-Bab

0
La pression militaire exercée sur Daech dans la localité d’El-Bab, localité stratégique aux confins d’Alep, prend une autre tournure avec le raid conjoint, le premier du genre, de bombardiers russes et américains. Assurément, la rencontre de réconciliation d’Astana a démarré sous d’autres auspices.
Les nouvelles négociations entre le régime et rebelles syriens, parrainées par la Russie, la Turquie et l’Iran, ont démarré à Astana, capitale kazakhe. C’est la quête d’une réconciliation durable qui est ainsi souhaitée par les négociateurs syriens présents autour de la table. Si un retard il y a eu dans l’ouverture des travaux de cette réunion, c’est parce que des tensions persistent entre les diverses partenaires engagés dans un processus de paix duquel les USA ne sont représentés que symboliquement alors que l’impasse totale a été faite sur l’axe arabe impliqué dans la crise syrienne, celui de Ryad et de Doha.
Pour le Président Bachar Al Assad, au-delà de la consolidation du cessez-le-feu, «les pourparlers devront permettre aux groupes (rebelles) de se joindre aux accords de ‘réconciliation’, ce qui signifie rendre les armes en échange d’une amnistie». Pour l’ennemi juré d’Ankara et des rebelles dont les responsables turcs se portent garants, tout prédispose à inaugurer la nouvelle ère après la reconquête d’Alep. «Je suis optimiste. Je suis prêt à une réconciliation avec eux à condition qu’ils déposent les armes», a dit B. Al Assad à des visiteurs étrangers. Une source syrienne affirmait, ces derniers jours, que la délégation gouvernementale allait se rendre à Astana pour parler d’«un règlement politique global au conflit en Syrie (…) et le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire syrien».
A la différence des précédentes tentatives de négociations entre Syriens, Astana sera «une rencontre entre personnes qui s’affrontent les armes à la main et contrôlent des territoires concrets», a ainsi déclaré le chef de la diplomatie russe. Les principaux groupes rebelles dont la modération est garantie par Ankara ont déjà annoncé leur participation à ces négociations. On est donc face à une nouvelle approche, totalement opposée à ce que l’ONU préconisait jusque-là, sauf bien entendu dans son objectif qui est la fin de cette guerre dévastatrice. On notera que l’Iran, allié de tout temps de la Syrie, avait émis des réserves quant à la participation de la nouvelle administration US. Réserves qui ne seront levées que lorsque la politique américaine au niveau de la région serait plus lisible. Attitude que Moscou a cherché à tempérer… D’autant que l’histoire se précipite avec une sortie, pour la première fois dans le ciel syrien, de bombardiers russes et américains pour cibler les concentrations de Daech au Nord de la Syrie. Une collaboration qui en dit long sur la prédisposition de l’administration de D. Trump à travailler la main dans la main avec la Russie de Poutine pour circonscrire le danger du djihadisme islamiste. Voilà qui risque de chambouler la donne… Alors que la réconciliation projetée entre Damas et Ankara est éloignée pour le moment… Les Syriens exigeant d’abord de la Turquie de retirer ses troupes du sol syrien et de verrouiller sa frontière face aux divers trafics auxquels s’adonnent les djihadistes. En attendant, il faut dire qu’Ankara a mûri, la mort dans l’âme, une autre approche à l’égard de la Syrie. Le vice-Premier ministre turc déclarait, avant la rencontre d’Astana, qu’il n’est «pas réaliste» pour la Turquie d’insister sur un règlement du conflit en Syrie excluant le président Al Assad, dont Ankara a longtemps exigé le départ. «La situation sur le terrain a changé de façon spectaculaire et la Turquie ne peut plus insister sur un règlement sans Al Assad. Ce n’est pas réaliste», a déclaré Mehmet Simsek. Une réalité devenue incontestable, déjà admise et acceptée par tant d’autres pays. Mais tous insistent sur l’urgence d’un règlement, car les retombées du conflit syrien sont «devenues trop dangereuses» pour le monde, a récemment déclaré le secrétaire général de l’ONU. Al Assad a rapidement dit son optimisme quant à un proche règlement. Astana n’en sera qu’une étape, mais elle sera à coup sûr déterminante.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus