Un palier de franchi dans le partenariat stratégique liant Rabat à New-Delhi

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Le Maroc et l’Inde sont en passe de donner corps à un partenariat stratégique modèle. Tel est l’objectif affiché par les responsables des deux pays à l’occasion du séjour, à Rabat, du vice-président de la République de l’Inde, Mohammad Hamid Ansari. Le vice-président indien, qui conduit une importante délégation composée de membres du gouvernement et du parlement indiens, est en visite officielle au Maroc du 30 mai au 1er juin. En effet, ce dernier qui a été reçu par le Chef du gouvernement n’aura pas marqué de rappeler, à cette occasion, la ferme volonté de New Delhi de vouloir démultiplier les relations avec le Royaume. Et préparer, à cette occasion, la visite d’Etat programmée pour le Président indien à Rabat. Visite qui fait suite à celle déjà effectuée, en Inde, par le Souverain et qui scellerait définitivement les contours d’un partenariat stratégique à venir. Le Maroc étant fermement attaché à multiplier les alliances avec les puissances alliées dans le cadre coopératif des BRICS dans le cadre d’une diplomatie ouverte. Nul besoin de rappeler, à ce sujet, les accords déjà conclus, dans ce cadre-là, tour à tour avec Moscou et Pékin. La démarche ainsi inaugurée consiste, pour un pays comme le Maroc, de ne pas « mettre tous les œufs dans un même panier ». Démontrant par là même la caducité de toute approche qui ne tiendrait en compte que l’alignement sur les positions de la sphère occidentale. La nette démarcation du Maroc de ses positions traditionnelles est mue par la conjonction de plusieurs facteurs géopolitiques et géostratégiques qui confirment l’amorce de nouveaux rapports dans les relations internationales basées, hier encore, sur les thèses d’un monde unipolaire hérité de la chute du Mur de Berlin. Dans une reconfiguration des rapports internationaux qui se construisent, axés qu’ils sont plus sur la dimension multipolaire que sur un destin apolaire, le repositionnement de la diplomatie marocaine ne devrait être interprétée qu’en étant le fruit des temps qui courent. Ceux-là même qui confirment que l’intérêt bien compris du Royaume a pour synonyme une indépendance pleine émulsionnée dans l’interdépendance multipolaire. Ce qui rejoint la démarche royale qui se base, elle, sur l’axiome qui confirme que « le Maroc n’est la chasse gardée de personne », mais plutôt un partenaire fiable ouvert sur l’air du temps et les complexités qu’il charrie. L’Inde, dans ce cadre-là, est un partenaire de choix sur lequel le Royaume pourra compter. Les deux pays ayant partagé, dans un passé pas si lointain, le souci exprimé par les non-alignés réunis à Bandoeng. Première puissance démographique au monde, l’Inde est aussi le pays qui multiplie les démarches pour rattraper les retards technologiques accumulés. Une coopération « win-win » à nouer avec Rabat permettra aux deux pays de donner le change à l’heure où la bataille autour des transferts de technologie bat son plein, mue qu’elle est par les intérêts égoïstes. Les affres de Monsanto, en Inde, ont tellement défrayé la chronique pour être symptomatique du diktat de la marchandisation qui domine les échanges. Surtout lorsqu’on sait qu’en Inde, « la révolution verte » n’a pas encore réussi à exprimer le plein potentiel d’une agriculture profitable à la population. On comprend dès lors pourquoi dans la délégation indienne qui accompagne le vice-Président, on compte le ministre d’Etat pour les produits chimiques et les engrais, Hansraj Gangaram Ahir. Les phosphates du Maroc revêtent un intérêt primordial pour New Delhi. Et il ne serait pas étonnant de voir l’OCP, acteur déjà en activité en Inde, promis à de nouvelles missions susceptibles d’assurer la fertilisation nécessaire aux relations entre les deux pays. En attendant, il y a lieu de signaler que plusieurs conventions de coopération seront signées à cette occasion. Outre le lancement conjoint de la Chambre de commerce et d’industrie Maroc-Inde. Et l’idée du lancement d’un dialogue parlementaire, dans le cadre d’un forum visant à enrichir le dialogue stratégique entre le Maroc et l’Inde, a même été sondée à cette occasion.
Un palier vient d’être franchi dans les relations entre Rabat et New Delhi. D’autres suivront. L’essentiel étant de tout mettre en œuvre pour que les bienfaits soient ressentis par les deux peuples, marocain et indien.

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