Palmyre reconquise par l’armée syrienne: D’autres fronts ouverts

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L’armée syrienne annonce avoir repris mercredi soir la ville de Palmyre, dans le centre de la Syrie, après de violents affrontements avec les djihadistes du groupe Etat islamique. Les combats se sont poursuivis toute la nuit dans la partie résidentielle de la ville, située dans le prolongement nord de la cité antique. L’armée syrienne et ses alliés, appuyés par l’aviation et des unités spéciales russes, sont entrés par l’ouest et le nord-ouest. A l’intérieur de la ville, les djihadistes mènent un combat d’arrière-garde, car la bataille est déjà perdue pour eux, depuis que les troupes gouvernementales syriennes ont pris les montagnes de Hayal et de Tar, surplombant Palmyre.
Les djihadistes opposent une plus grande résistance dans la partie orientale de la ville et à l’aéroport, situé à l’est de la cité. Mais ils sont dans l’impossibilité d’organiser une contre-attaque. Ils ont retiré le gros de leurs forces vers le désert syrien ou vers la ville de Sokhna, à mi-chemin entre Palmyre et Deir Ezzor, à la frontière avec l’Irak. Ce qui a permis à l’aviation syrienne de cibler les convois des fuyards.
La contre-offensive pour reprendre Palmyre a duré deux mois et mobilisé de gros moyens et d’importants effectifs de l’armée syrienne soutenue par les combattants du Hezbollah libanais. Il y a lieu de rappeler qu’en l’espace de trois ans, la cité antique, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, a changé quatre fois de main. Les djihadistes y ont détruit les plus beaux temples et endommagé d’autres sites datant de deux millénaires.
Mais la campagne militaire menée par les forces de Damas ne se limite pas à cette seule zone. Un autre front est actif, à l’est d’Alep, où des rebelles syriens soutenus par la Turquie ont pris mercredi deux villages aux forces kurdes appuyées par Washington. Sur ce front là aussi, l’armée syrienne cherche à verrouiller le terrain de sorte que l’opération « Bouclier de l’Euphrate », supervisée par l’armée turque, ne déborde pas au-delà d’Al-Bab. L’affaire est assez délicate en ce sens que Damas qui a dénoncé à plusieurs reprises la violation de son territoire par la Turquie n’hésiterait pas à barrer la route à l’offensive turque. Ce développement intervient 24 heures après l’annonce par le président turc, Recep Tayyeb Erdogan, que sa prochaine cible serait la ville de Manbij, tenue par les forces kurdo-arabes. Les deux villages se trouvent d’ailleurs sur la route de Manbij, qui est un verrou important avant Raqqa, la capitale autoproclamée du groupe Etat islamique.
Selon des observateurs, l’attaque de l’armée turque et de ses alliés, est une sorte de test pour voir comment réagiraient les forces kurdes et leur allié américain qui vient de les doter de matériel militaire. Mais ce serait faire injure aux Russes que de déborder au-delà d’Al-Bab, Moscou ayant déjà fait savoir à l’armée turque les limites à ne pas dépasser. En tout cas, les choses se clarifieront dans les prochains jours avec le déplacement attendu du Président turc à Moscou et les retrouvailles attendues par la suite à Asatana pour mieux figer le cessez-le-feu en Syrie avec le concours agissant des parrains des cycles kazakhs des négociations inter-syriennes qui semble prendre le dessus sur les rencontres de Genève.

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