Paris joue la carte de la paix israélo-arabe : Hypothétique effort… boudé par Tel-Aviv

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Paris abrite, dès dimanche, la conférence de paix sur le conflit israélo-palestinien plusieurs fois reportée. Pas moins de 75 pays, une quarantaine de ministres des Affaires étrangères, dont le secrétaire d’État américain sortant et des organisations internationales telles que l’ONU, la Ligue arabe ou l’Organisation de la conférence islamique (OCI). C’est la solution des deux Etats, vivant côte à côte qui est privilégiée. Une solution boudée par l’entité sioniste qui, sous le règne de Benyamin Netanyahou, entend consacrer le Grand Israël comme Etat juif. Ce que les Palestiniens récusent. Tout en exigeant l’arrêt de la politique galopante des colonies. Aujourd’hui, plus de 400 000 Israéliens peuplent des colonies en Cisjordanie, pourtant considérées comme illégales, selon le droit international. La poursuite tous azimuts de la colonisation, additionnée à la volonté de l’exécutif de légaliser les avant-postes « sauvages » en territoire palestinien, rendent hypothétique l’émergence d’un État palestinien. Bien plus, Tel-Aviv qui rêve du soutien inconditionnel de la nouvelle administration américaine, Donald Trump ayant annoncé le déplacement de l’ambassade US à Al-Qods, se déclare outrée par l’initiative française. La France, écartée de la zone proche-orientale avec le retour en force de la Russie entend marquer un coup. Auprès du monde arabe qui assiste, désarmé, face aux prétentions américaines qui ont tout pour remporter l’adhésion de Tel-Aviv. La nomination de deux fervents partisans de la colonisation israélienne David Friedman et de Jason Greenblatt, respectivement aux postes-clés d’ambassadeur américain en Israël et de représentant spécial pour les négociations internationales, confirme, si besoin est, que la nouvelle administration américaine s’annonce comme un soutien indéfectible du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël. Après avoir organisé une première conférence de préparation le 3 juin 2016 sans les principaux intéressés, elle était censée cette fois rassembler la communauté internationale autour des deux protagonistes du conflit. Mais face à l’intransigeance israélienne, Paris avait revu ses ambitions à la baisse, ne prévoyant que de présenter les résultats de la conférence le soir même aux deux parties. Or, si le président palestinien Mahmoud Abbas avait répondu positivement, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il ne se rendrait pas dans la capitale. Difficile de dire, dès lors, que le pari français est tenable. Même si le Conseil de sécurité de l’ONU avait condamné, le 23 décembre, la colonisation en adoptant une résolution ad hoc. La survivance de l’esprit même du processus d’Oslo semble chimérique. Et le déplacement de Mahmoud Abbas à Paris n’interviendra qu’après ce rendez-vous diplomatique sur lequel les Français tablent beaucoup… Même au prix d’un échec. A moins que la France ne se démarque en reconnaissant l’Etat palestinien. En attendant des jours meilleurs…

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