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Paris veut « Réengager » l’Algérie au Sahel: Une main-basse contestée

Le système algérien qui s’est offusqué, en apparence, de la déclaration sans équivoque du Président français quant au réengagement de l’Algérie au Sahel, semble marcher, à reculons, vers une nouvelle implication dans cette vaste « zone grise ». Une région que les Algériens n’ont jamais quitté sauf que ce « comeback » se fera sous la supervision de Paris, et par extension de Washington, alliés dans la lutte contre le djihadisme dans la région. Éclairages. 

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Paris veut « Réengager » l’Algérie au Sahel: Une main-basse contestée

Historiquement, l’Algérie indépendante a pérennisé ses relations avec le Sahel dans la droite ligne du colonialisme français. Le seul changement se situe au niveau du discours ou de la rhétorique démagogique anticoloniale en apparence et pseudo révolutionnaire. Il s’agit d’une recolonisation algérienne cette fois par procuration au bénéfice de plusieurs grandes puissances dont la France.  Cette mainmise informelle s’applique au Sahara central et est ensuite étendue au vaste territoire du Sahel. Elle a pour but le contrôle des circuits de la rente. Elle instrumentalise la famine et la pauvreté dues aux sécheresses et au sous-développement endémique. L’outil principal de cette phagocytose algérienne sera la généralisation de la corruption dans tous les systèmes politiques et sociaux du Sahel. 

L’importance géostratégique du Sahel

Rappelons que les relations entre les populations sahariennes et sahéliennes  forment un seul bloc humain, historique et sociétal, depuis des millénaires. C’est le cas du Touat, du Tidikelt, de l’Ahaggar, des Ajjers-Fezzan et du Chinguet (régions maures), de la région Oualata-Timbouktou-Araouane, Gao et Agadez-Aïr. Cette unité du Sahara central et du Sahel a été façonnée par les grands axes caravaniers et le brassage des grandes confédérations amazighes Sanhaja et Zénata à travers l’histoire des grandes dynasties du Maghreb dont on trouve des descendants dans la région dites des trois frontières dans des grandes familles touaregues. Cet éclairage anthropologique et historique montre que le grand Sahara était beaucoup plus lié aux dynasties marocaines qui sont, presque toutes, originaires du Sahara et déconnectées par rapport à la présence plus tardive ottomane sur le littoral méditerranéen. 

 Par ailleurs, le découpage territorial colonial « hors sol » amplifie et complexifie l’insécurité et l’instabilité de ces territoires. Cela explique aussi la déconnection de l’Algérie par rapport aux populations du Sahara. Seul les intéresse le pillage des richesses de cette région, de son sous-sol et le partage du pactole avec les autres puissances (au plus offrant). Loin de la propagande véhiculée en Afrique et dans le monde, ainsi se résume la réalité des intérêts géopolitiques et géostratégiques de l’Algérie depuis les accords d’Évian et son indépendance et ce jusqu’aux Accords d’Alger successifs entre les parties aux différents conflits touaregs du Mali et du Niger.

En plus de la question touarègue, qui n’a toujours pas trouvé de solution politique réaliste et juste, on assiste à l’apparition ultra-médiatisée de la menace terroriste complètement distincte. Les évolutions politiques récentes induites par les renversements de Kadhafi en Libye, de Amadou Toumani Touré, dit « ATT », au Mali, en 2011 et 2012, et par les différents coups de force successifs au Sahel, il est à noter que cette problématique de la lutte antiterroriste a révélé les véritables enjeux sous-jacents aux événements qui secouent aujourd’hui le Sahel. L’Algérie est suffisamment impliquée dans cette crise multiforme y compris sur le terrain. En coordination avec la sixième région militaire algérienne de Tamanrasset, le consulat algérien à Gao était le véritable centre névralgique de la politique sahélienne d’Alger. Ce dispositif algérien se situe dans le prolongement de la conception militaire coloniale des 19e et 20e siècles.  À cet effet, la France, puissance coloniale de toute la région, avait façonné sa politique sahélienne postcoloniale à partir de l’Algérie constituée de départements français. Ce qui signifie que l’implication de ce pays ne peut se résumer aux initiatives récemment prises, à savoir le Comité d’état-major opérationnel commun (le CEMOC) et l’Union de fusion et de liaison (UFL) en 2010. 

Que savons-nous du CEMOC ?

La création du Cemoc correspond à un concept déjà appliqué par l’armée coloniale à partir de Tamanrasset. C’est une survivance de l’OCRS (Organisation Commune des Régions Sahariennes). Le projet initial, à la fin des années 50, est d’octroyer l’indépendance aux trois départements français de la côte algérienne et garder le Sahara central français ou créer une entité indépendante appelée le Targuistan et inféodée à la France. Ce projet est abandonné par l’État français à la suite de l’acceptation par le FLN d’une tutelle partagée sur le Sahara et sur Mers-Elkebir incluant toutes les bases d’armements spéciaux. D’autre part, aussi bien la France que le FLN vont passer sous silence la question du référendum d’autodétermination des populations du Sahara central. 

Actuellement, le CEMOC réunit l’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger. D’ailleurs, c’est la première intrusion officielle et directe de l’Algérie dans le conflit de l’Azawad (pays du tamaris, arbre du désert et qui comprend quatre grandes région dénommées Azaouad ou Azouagh : celle de Tombouctou-Taoudenni, celle de l’Adrar des Ifoghas – Gao, Kidal -, celle de la Tamesna – au Nord-Ouest du Niger -, et celle comprise entre Tahoua et Menaka – Niger-Mali -). Consciente que la partie nord du Mali et du Niger, est indissociable du Sahara central dit Targuistan (Ahaggar, Ajjers, Fezzan-Akakous et Aïr), l’Algérie a laissé pourrir la situation politique, militaire et économique. Tout en empêchant une solution politique qui déboucherait sur une large autonomie ou une sur indépendance de l’Azawad. Cependant, en 2013, les mouvements touaregs représentés par le MLNA, laïc et nationalistes, ayant déclaré l’indépendance de l’Azawad, ont été neutralisés par Ansar Eddine et les groupes Djihadistes, armés, équipés et financés par l’ANP basée à Tamanrasset dans le Hoggar. Selon les témoignages des Touaregs, des éléments du Polisario ont aussi été utilisés par l’Algérie dans la région de Tombouctou dans ce conflit contre les indépendantistes. Cette ingérence algérienne par mercenaires interposés a brisé le rêve du MNLA et des Touaregs.

La revendication des Touaregs remonte aux années 1960, période des indépendances de l’AOF Afrique occidentale Française) et du Maghreb, durant laquelle ils ont été complètement ignorés voir méprisés. L’œil algérien était toujours braqué sur cette région avant l’indépendance afin de s’assurer du maintien, sous sa coupe, des Touaregs et des Arabes de cette région mais surtout et avant tout, de s’assurer de la spoliation des richesses du Sahara central. Cette mainmise, confortée et renforcée trois décennies durant à travers une politique étrangère très offensive, défendant les principes de l’autodétermination uniquement pour les affiliés du système, fait apparaître le régime algérien comme le plus ardent et indéfectible défenseur du principe de l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme, sans pour autant traduire ces principes sur le terrain que ce soit au niveau du Targuistan ou de l’Azawad. Il ne s’agissait que de slogans agités pour la seule consommation domestique africaine sans plus. Force est de constater que le FLN a refusé le principe de l’autodétermination de la population du Targuistan en 1960 prolongeant la guerre d’indépendance et ses horreurs deux ans de plus. Le général De Gaulle ayant réussi à imposer la continuation des expérimentations des armes nucléaires, bactériologiques, et ce en présence d’Israël, jusqu’au début des années 80, et le maintien de l’exploitation des hydrocarbures jusqu’en 1970 et la présence des forces navales françaises dans la plus grande base maritime en Méditerranée, Mers El Kébir jusqu’en 1978. Beaucoup de concessions demeurent encore secrètes ou dans l’opacité, et complètement tabou, non seulement côté français mais surtout côté algérien. 

Le régime algérien va s’évertuer à dissimuler sa complicité et sa participation à la continuité de la politique française dans le Sahel et en matière de sécurisation des intérêts de la France dans la région. Le mutisme des historiens algériens en ce qui concerne les questions de géopolitique régionale est très éloquent. Il constitue la preuve d’une grande distorsion entre le discours et les faits. 

Depuis 2011, le système politico-militaire algérien vit à l’heure des menaces asymétriques et de ce fait est appelé de par son environnement immédiat à s’impliquer davantage dans le dossier sahélien tout en imaginant une présentation des nouveaux enjeux politique, médiatiques et culturels. Ceci explique les récentes manœuvres du régime algériens qui ont abouti à la promulgation d’une nouvelle constitution, article 30 alinéas 3 et 4, prévoyant l’envoi de troupes à l’extérieur. 

En sabordant la question de l’Azawad, l’Algérie a organisé de nombreuses rencontres entre les différentes organisations Touaregs afin de détourner l’opinion des véritables enjeux du Mali. Cette obnubilation peut être décryptée par une conjoncture régionale sécuritaire inédite : aucune des frontières de l’Algérie, hormis la frontière maritime, n’est sécurisée, voire reconnue, puisqu’à la propagation des groupes armés à l’Est et au Sud de l’Algérie s’ajoute la prolifération de plusieurs groupes et réseaux de trafics en tout genre, notamment de drogue. Avant 2011, l’existence de régimes autoritaires, apparemment stables en Libye et en Tunisie, plus fragiles au Mali, en Mauritanie et au Niger, a permis d’assurer, au moins théoriquement, un certain contrôle des frontières. Le grand Sahara est partagé entre deux univers concurrents et qui ne se reconnaissent pas : d’une part, les populations nomades qui se déplacent de Ouagadougou à Ghadames, et d’autre part, les armées des pays du G5 Sahel auxquels il faut ajouter les armées d’Algérie et de Libye qui ne contôlent que les villes et les chefs-lieux offrant, en apparence, une certaine stabilité à des Etats fragiles appuyés par l’ancienne puissance coloniale. Cependant, cette stabilité superficielle a logiquement autoriser l’émergence des renversements politiques et de vide politico-institutionnel chaotique, comme on l’a vu en Libye. A ces questions purement sécuritaires, on note un déséquilibre structurel lié au sous-développement et aux pressions environnementales et migratoires, sans oublier la démographie galopante. 

N’empêche, l’Algérie a depuis 1991 centré plus ses efforts sécuritaires sur le front intérieur à cause d’une guerre civile qui a duré dix ans. Le souci des militaires algériens est le refoulement des djihadistes vers le grand Sahara. Position fortement critiquée à cause de sa responsabilité dans les attentats tels que l’enlèvement de ses diplomates à Gao et l’attaque du site gazier d’In Amenas. 

Les axes de la politique sahélienne de l’Algérie

Il est nécessaire, pour se faire une idée précise, d’analyser les ressorts politico-idéologiques de l’approche algérienne au Sahel et d’en décortiquer les articulations, en rapport avec sa politique interne. 

En principe, la diplomatie algérienne véhicule les slogans de non-ingérence, de souverainisme, de primauté du régional sur l’international, et de supériorité des commissions politiques sur les interventions militaires. Ces principes de la diplomatie algérienne constituent la charpente de la politique africaine de l’Algérie. D’où sa mainmise et son rôle au sein de l’OUA, puis de l’UA, sur les organes névralgiques où sont traités les conflits du Continent en proposant des solutions qui, d’abord, servent la doctrine algérienne. 

On retrouve cette posture à l’occasion du règlement des conflits libyen et malien en privilégiant les mécanismes de la paix et de la sécurité de l’UA. Ce discours algérien, farouchement défendu, vise à détourner les Africains de la création de l’Algérie elle-même et des contentieux frontaliers qu’elle a toujours avec ses voisins. Tout en fabricant de toute pièce, un nouveau roman national pour la consommation interne et africaine. Le Président Boumediene affirmait qu’il était disposé à céder le Nord de l’Algérie mais jamais le Sud. Comment mieux comprendre cette assertion quand on sait que l’Algérie vit depuis soixante ans uniquement sur la rente pétrolière tout en maintenant la population locale dans la misère et la faim. 

Forte du capital symbolique qu’elle s’est forgée lors de la libération nationale, la politique étrangère algérienne peut difficilement s’autonomiser du contexte interne. Jusqu’où les évolutions politiques internes peuvent influencer la diplomatie algérienne. La légitimité révolutionnaire n’est plus un modèle attrayant et convainquant. Les dirigeants des années 1970 et 2.000 qui permettaient une politique étrangère démagogique et offensive n’existent plus ou sont atteint d’amnésie et constituent désormais une gérontocratie. Voilà pourquoi la politique étrangère est prisonnière d’un système figé, présentant les signes d’une véritable déshérence. 

Ainsi, lors de la présidence Bouteflika (1999-2019), un malaise durable s’est installé dans les affaires étrangères pour une longue période. Cet imbroglio interne, né de la centralisation de l’élaboration de la décision stratégique au niveau de la Présidence, a contribué à la marginalisation de la diplomatie et des services de renseignement extérieurs. Le dossier Sahel n’étant pas considéré comme prioritaire pour l’aura de l’Algérie, sa gestion a été laissée aux sécuritaires et aux militaires, surtout entre les 4e et 6e régions militaires. Ce malaise est encore plus palpable dans la gestion du conflit du Mali et de la crise du site gazier de Tiguentourine. Les décideurs algériens appréhendaient d’être contaminés par le djihadisme, surtout après le choc du rapt des diplomates algériens au Mali. 

Face à ces nouveaux défis, l’Algérie décida d’ouvrir son ciel, depuis 2013, à la chasse française et US. Le démantèlement du DRS et le silence du Président, diminué par la maladie, vont porter un coup fatal à la politique sahélienne de l’Algérie, « souverainiste », tout en produisant une crise de paradigmes. Le  processus décisionnel algérien s’est émietté des suites de l’éclatement du DRS réputé influent au Sahel. 

Ainsi, sur la forme, Alger persistait à défendre le principe de non-ingérence et de souveraineté absolue, en s’interdisant d’intervenir en dehors de ses frontières, et ce quelles que soient les circonstances. Toutefois, la réalité du terrain s’accommodait peu des ses principes sacro-saints de l’ANP. En effet, les menaces qui pèsent sur le Sahel sont asymétriques, transfrontalières, diffuses, déterritorialisées, sociétales et militaires. On se demande comment peut-on espérer voir les djihadistes au Mali ou au Niger, rendre les armes, et comment les Algériens pensent-ils faire pour protéger leur intégrité territoriale ? La région de Gao et de Kidal est quasiment devenue, depuis le début des années 90, une septième région militaire opérationnelle du DRS.

Compte tenu des rapports humains et commerciaux (la majorité des 4X4 des djihadistes roulent grâce au carburant algérien, voir LeMonde.fr, Romain Poirot Lellig, du 23/02/2021), entre le sud de l’Algérie et le nord du Mali, il est à souligner que l’intensité de ces relations préexistaient avant 1960, et reste inchangée voir accrue par l’adaptation indéniable des populations et des militaires. Les fortes subventions algériennes accordées aux produits de première nécessité n’ont fait qu’accentuer les relations économiques informelles entre les deux pays. Ni la nature des menaces, ni celle du terrain, ne permettent une approche sécuritaire exclusivement nationale-défensive. Les conséquences de cette vision sont multiples, la plus importante consiste en la lutte anti-terroriste algérienne au Nord afin d’éliminer le terrorisme « résiduel » et de le pousser à se replier hors des frontières de l’Algérie. Mais l’attaque de Tiguentourine (qui a occasionné une perte de 2 milliards d’euros à l’Algérie) a montré que l’opération aurait été préparée à l’extérieur de l’Algérie et menée par un groupe multinational. 

Les trafics en tout genre sont intégrés à un commerce nécessaire à la survie des populations non sédentarisées. Le plus souvent, les réseaux islamistes se sont greffés aux réseaux commerciaux de type familial et tribal existants. Ils tentent d’en tirer profit comme d’autres mafias transfrontalières. De par sa nature, le territoire algérien est vulnérable et objectivement impossible à sanctuariser (2,3 millions de km carrés). A ces incohérences s’ajoute la manipulation, l’ignorance et le mépris qui caractérisent la gestion des tribus limitrophes. 

Les principes de coopération régionale se heurtent à la persistance des tensions avec le Maroc, en raison d’une lutte d’influence entre les deux pays. Alger motive sa position en déniant au Maroc son prolongement sahélien forgé par l’Histoire. L’Algérie qui fait plus dans la hard security que dans la soft security l’a démontré en mettant aux arrêts les auteurs du rapt des civils dans le Nord Mali qui ont été échangés contre la libération de 200 djihadistes et le paiement d’une rançon de 32 millions d’euros. Une partie de la rançon a été découverte dans le nord algérien. 

Conséquences du hirak sur la crise du Sahel

Depuis deux ans, la contestation populaire a mis le pays en effervescence et largement perturbé la politique étrangère algérienne, tout comme l’ensembles des dogmes sur lesquels l’Algérie fonde son discours diplomatique. Ceci est vrai pour le Sahel, les menaces sécuritaires n’ayant cessé de se multiplier depuis 2011. Dans ce contexte précaire, la diplomatie algérienne a reflué vers une approche plus sécuritaire, confirmant le caractère insulaire nourri par la hantise de la contamination des menaces et de l’instabilité multiforme. Malgré son arsenal militaire qui semble impressionnant, en raison également de sa crise financière liée à la baisse de la rente pétrolière et à la dépréciation du dinar, l’Algérie pourrait ne pas jouer de rôle central pour favoriser la concorde, le dialogue intercommunautaire, et un développement économique harmonieux et soutenu dans la région. De plus, la guerre contre le terrorisme, présentée comme pilier de sa politique étrangère, ne la prédispose pas à jouer un rôle déterminant dans la lutte contre le djihadisme transfrontalier qui sévit dans ce vaste territoire. Ainsi, l’Algérie est restée en retrait après l’implication du G5 Sahel qui peine, lui-même, à enregistrer des succès conséquents sur le terrain. Par ailleurs, l’initiative algérienne du CEMOC est entrée en léthargie. L’état-major algérien n’a pas pris l’initiative de redynamiser cet outil de coopération horizontale faute de vision et de moyens. Par ailleurs, les partenaires du sud ressentent une volonté hégémonique palpable chez leur voisin algérien. 

Les dogmes sur lesquels reposait la politique sahélienne de l’Algérie depuis 1962 ont été battus en brèches par les contestataires de « la révolution du sourire » qui revendiquent l’indépendance de l’Algérie, l’autodétermination des Algériens, le primat du civil sur le militaire et l’élaboration d’une politique étrangère indépendante particulièrement à l’égard des voisins. La société civile algérienne n’ignore pas que le dossier du grand Sahara était géré en catimini par les militaires et les sécuritaires qui entretiennent des relations opaques et clanique avec les trafiquants qui leur garantissent une rente régulière. Ces rapports suspects, légalement et moralement répréhensibles, instaure un système maffieux contaminant entre les différents acteurs de la crise sahélienne.

Dans ce contexte, le développement du djihadisme islamique n’est pas simplement le produit de la chute de Kadhafi et de « ATT », mais aussi le produit du déséquilibre provoqué par l’intervention des armées locales et de puissance régionales telles que la Libye de Kadhafi et l’Algérie. Les contestataires de la rue algérienne assimilent la crise sahélienne, à l’image des manifestants au Mali et au Niger, à un combat pour la liberté.  

La purge chronique du système militaire et sécuritaire algérien, est caractérisée par une lutte de clan, le limogeage et l’arrestation de nombreux officiers de l’ANP. Quand bien même une feuille de route aura été tracée pour permettre un répit précaire à la junte algérienne, le but recherché est de camoufler le réengagement de l’Algérie dans les conflits de faible intensité néanmoins ce stratagème reste clairement dénoncé par le Hirak. 

Macron et le réengagement de l’Algérie au Sahel

Dès la révélation faite récemment par Emmanuel Macron sur le réengagement de l’Algérie au Sahel et la0 confirmation de la participation algérienne au sommet du G5 Sahel, tenu au Tchad entre le 20 et le 21 février 2021, on constate que l’ANP a pris officiellement une position contraire aux propos du président français. Les raisons de cette volte-face répondent à des exigences de politique intérieure. Plusieurs contradictions ont été relevées entre la présidence et l’ANP à cause des propos qui ont été interprétés comme une annonce d’envoi de troupes algériennes dans la région. Sous la pression de la réprobation générale de la rue, la révélation sur le réengagement algérien a été réduite à une simple allégation française par le ministère algérien de la Défense. L’opposition algérienne semble croire qu’il y a un marché entre l’oligarchie algérienne et la France : le soutien politique du système contre l’envoi des troupes au Sahel.

La déclaration du chef de l’Etat français sur le réengagement algérien est intervenue juste après avoir évoqué la participation de nouveaux pays dans la task-force européenne, dite Takuba (Épée). De quoi s’agit-il exactement ? La task-force européenne est un bataillon de corps d’élite de plusieurs pays chargés de soutenir la force française Barkhane déjà déployée au Sahel. La majorité de ses actions a été enregistrée à la frontière algéro-malienne. D’ailleurs, la liquidation du chef d’Aqmi, Abdelmalek Droukdal, alias Abdelouadoud, a eu lieu à 20 km de la localité Al Khalil, dans le nord malien, fief de plusieurs chefs djihadistes dont Iyad Ag Ghali, leader d’Ansar Eddine. 

Les critiques des propos tenus par la France ont suscité de nombreuses interprétations. Pour l’ANP, parler d’un réengagement signifie, de fait, que l’Algérie s’est désengagée du Sahel. En réalité, l’Algérie ne s ‘est jamais désengagée du Sahel depuis 1962. Selon les militaires algériens, les propos français visent à mettre aussi l’Algérie et le Maroc dans le même contexte sécuritaire. Ce qui empêcherait le régime algérien de continuer à agiter la menace extérieure venant du Maroc selon la thèse complotiste que stipule la doctrine militaire algérienne. Les « Tagarins », quartier d’Alger où est logé le ministère de la Défense, ont fait remarquer subtilement que la présence des FAR (Forces Armées Royales) représente un défi et une menace pour l’Algérie et sa sécurité nationale. Les Algériens persistent à vouloir écarter le Maroc du G5 Sahel et du CEMOC au moment où Paris considère à juste titre que l’insécurité du Mali se répercute aussi en Algérie. Sur les réseaux sociaux, les Algériens sont unanimes dans leur rejet total de toute aventure de l’ANP en dehors des frontières nationales. 

Afin de détourner l’opinion publique algérienne, le MDN considère que les informations propagées ici et là sur les réseaux sociaux sont fausses et inadmissibles, les imputant à de la pure propagande. Dans son communiqué officiel, le minisère de la Défense algérien déclare : « Certaines parties et porte-voix de la discorde ont relayé via leurs pages et comptes subversifs sur les réseaux sociaux des allégations dénuées de tout fondement… Désintoxes qui ne peuvent provenir que d’ignares à la soldes des services du Makhzen marocain et des Sionistes ». Paradoxalement, le communiqué de l’ANP (d’où est tiré le passage) passe sous silence les propos d’Emmanuel Macron. 

L’opposition islamiste et laïque algérienne ne cesse d’évoquer l’intention des « Tagarins » d’envoyer la troupe combattre au Mali et au Burkina Faso, sauf que la position du Hirak a surpris les décideurs par la radicalité du niet à tout engagement de l’ANP à l’étranger. Cette volte-face désemparée et absurde, a créé un grand malentendu entre la France et l’Algérie et montré que A. Tebboune n’est pas le vrai décideur et que le Comité d’état-major conjoint (CEMOC) ne sera pas l’outil adapté dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, comme se l’imaginait l’état-major algérien. 

En conclusion, le rôle de la France est très critiqué à Alger surtout depuis l’affaire de la libération de quatre otages retenus au Mali contre une rançon. Une affaire qui remonte à octobre 2020 et qui a profité au Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM). 

De plus, force est de souligner que l’ambition de projection d’Alger à l’échelle régionale se trouve grandement contrariée par une ébullition politique et par une crise économique des plus aiguës de son histoire. 

Pour mettre fin à l’insécurité au Sahel, beaucoup d’observateurs militaires pensent à la nécessité de de donner un coup d’arrêt à la mainmise informelle de l’ANP sur les circuits de distribution de la rente et à la manipulation des tribus arabes contre les tribus touaregs ou africaines concernées. La solution globale de la crise passe nécessairement par la responsabilisation des grandes puissances intéressées par les richesses de ce territoire à s’engager dans un plan Marshall pour le développement du grand Sahara. Au niveau opérationnel, une coopération contre le crime organisé et le terrorisme devrait être horizontale entre l’Algérie et le Maroc pour faciliter la mutualisation des expériences. Cela contribuerait à l’éradication des groupes islamiques armés et serait aussi porteuse d’espoir sur le plan de l’essor socio-économique dans la région. Ce rêve nécessite un volonté politique sérieuse qui lancera les fondements de l’unité de l’Afrique du Nord et facilitera la complémentarité économique.

 

Abderrahmane Mekkaoui,
Politologue spécialiste dans les questions stratégiques et militaires. 

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