Partenariat stratégique Maroc-CCG : La bourde de Malabo effacée ?

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Dans l’agenda des relations privilégiées que le Maroc entretient avec les pays du Conseil de Coopération du Golfe, il faut croire que le printemps s’avère la saison la plus propice pour relancer la coopération économique entre les deux parties. Des informations en provenance du secrétariat général du CCG font état d’une réunion au niveau ministériel, en mars ou en avril 2017, au Bahreïn, dédiée à l’examen de questions économiques, se rapportant aux secteur du tourisme et des transports. Mais il faut croire que malgré les changements qui s’opèrent au niveau géopolitique, notamment au regard des évolutions des conflits syrien, irakien et yéménite et de l’arrivée tonitruante d’un milliardaire à la tête de l’administration américaine, rien ne filtre des instances du CCG quant à l’organisation du 2e sommet Maroc/CCG, le premier s’étant tenu en Arabie saoudite en avril dernier. Pourtant, d’après nombre d’analystes, une telle réunion au sommet aurait dûe être annoncée après la bourde de Malabo qui a piqué au vif la diplomatie marocaine qui ferraille, durement, sur le Continent africain. La présidence koweitienne du 4è Sommet arabo-africain ayant avalisé la présence de la RASD (même avec un fanion auquel s’accrochaient des partenaires africains connus pour leur hostilité à la cause saharienne) à ce forum, forçant ainsi le Maroc, en compagnie de la majorité des pays du CCG et d’autres Etats arabes, à boycotter la rencontre. Le Maroc qui a regretté la position du Koweit n’a pas cherché à envenimer les relations avec le club des monarchies du Golfe en rappelant à la diplomatie koweitienne d’avoir falli en ne veillant pas sur ce que les chancelleries appellent le « format » d’une rencontre d’où seraient exclue toute entité non reconnue par les Nations Unies, ce qui va comme un gant pour la pseudo RASD. La négociation du même « format » ayant présidé aux précédents sommets arabo-africains aurait empêché tout embarras pour la diplomatie du Koweit qui compte, à sa tête, un « vieux de la vieille » qui n’ignore rien des us et coutumes diplomatiques.
Le Maroc table, bien entendu, sur la pleine expression de la solidarité agissante des pays du CCG pour dépasser tout malentendu, aussi malencontreux soit-il. Il est en droit d’attendre beaucoup de ses partenaires stratégiques non seulement au niveau de la réaffirmation de leur attachement à l’intégrité territoriale du Royaume, mais aussi sur le plan d’un essor socio-économique commun qui peut prendre une autre tournure avec un redépoiement ciblé des bras financiers que représentent les fonds souverains sur le continent africain. Là où convergent les intérêts bien compris de partenaires stratégiques qui assument leurs choix. Sans la moindre concession et jusqu’au bout. Nul besoin de rappeler, ici, que la projection d’une partie de la puissance marocaine dans le cadre de la veille sécuritaire commune, relève de la profondeur stratégique du Royaume.

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