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Pékin a testé un missile hypersonique: Le Pentagone face à un casse-tête chinois

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Fin juillet, la Chine réalisait un test de son arme hypersonique en envoyant un missile faire le tour du monde à plus de cinq fois la vitesse du son. Mardi 16 novembre, le général John Hyten, vice-président des chefs d’État-Major des armées, considéré comme le numéro deux de l’armée américaine, a commenté cet essai sur la chaîne CBS.
Reconnaissant une certaine précision à ce missile hypersonique, bien qu’ayant raté sa cible, il s’interroge sur l’intention de la Chine derrière un tel développement. Il y voit une arme « de première utilisation », prévue pour l’attaque, et craint que l’équilibre nucléaire, autrefois partagé par les États-Unis et la Russie, ne soit désormais menacé par Pékin.
CBS rappelle que les armes hypersoniques, se déplaçant relativement proche du sol, sont plus difficiles à détecter par les radars. Le général n’exclut pas qu’un jour la Chine puisse être capable de lancer une attaque nucléaire surprise sur les États-Unis. Bien que Washington ait déjà effectué plusieurs tests de ses propres missiles hypersoniques, aucune n’est encore en service.
Ce nouvel exploit de la Chine a été comparé au premier vol du satellite soviétique Spoutnik en 1957. L’événement avait créé à l’époque un sentiment de panique outre-Atlantique.
« Sur un plan technologique, c’est assez impressionnant », reconnaît J.Hyten, « mais le test du 27 juillet n’a pas créé ce sentiment d’urgence. Je pense qu’il le devrait ».
« Le rythme auquel la Chine évolue est stupéfiant », s’était-il déjà inquiété dans un entretien publié le 1er novembre dans Associated Press. « Les capacités militaires chinoises sont bien plus importantes que cela. Elles se développent rapidement dans l’espace, dans le cyberespace et dans les domaines traditionnels que sont la terre, la mer et l’air », avait souligné de son côté le général Mark Miley, chef d’État-Major des armées des États-Unis.
En plus de la Russie, les États-Unis craignent de plus en plus la Chine, le Pentagone ayant classé en juillet dernier ces deux pays au rang de menace importante. En octobre, un centre spécialement dédié au « défi global posé par la Chine » a été lancé au sein de la CIA. Les opérations et associations militaires US se multiplient pour tenter de contrer Pékin, en particulier dans le Pacifique. C’est d’ailleurs l’objectif à peine dissimulé du récent accord avec le Royaume-Uni et l’Australie qui a vu la France perdre un important contrat de livraison de sous-marins.
Les tensions semblent toutefois se concentrer sur Taïwan, cet état insulaire qui a proclamé son indépendance et tente de s’appuyer sur Washington alors qu’il est revendiqué par la Chine. Lundi, un sommet virtuel entre Joe Biden et Xi Jinping a été marqué par une menace de ce dernier: le rapprochement entre les autorités taïwanaises et américaines est « une tendance très dangereuse qui revient à jouer avec le feu ».
Washington accuse toujours un retard sur Pékin et Moscou en matière d’armes hypersoniques. En avril, en juillet, puis en octobre de cette année, les États-Unis ont reconnu les échecs de leurs vols d’essai. L’armée les poursuivra courant 2022, avec l’intention de déployer ses premiers missiles de ce type en 2025.
Fin 2019, l’armée russe mettait déjà en service son système de missile Avangard doté d’un planeur hypersonique. La Défense teste également son arme hypersonique Zirkon, pouvant être lancée depuis un sous-marin nucléaire. « Nous avons dû créer ces armes en réponse au déploiement par les États-Unis d’un système de défense antimissile stratégique, qui à l’avenir sera en mesure de neutraliser, d’annuler tout notre potentiel nucléaire », a justifié Vladimir Poutine le 19 septembre.

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