Pékin se résigne à durcir le ton contre Washington

Le Conseil de sécurité de l’ONU devait discuter du sort de Hong Kong vendredi 29 mai, avec une réunion d’urgence convoquée à la demande des États-Unis et du Royaume-Uni après l’adoption de la loi sur la sécurité par le Parlement chinois jeudi 28 mai. Pékin que l’on accuse de vouloir restreindre plus les libertés fondamentales sur l’ancienne colonie britannique a durement réagi en affirmant son opposition à toute discussion du dossier à l’ONU. Plus, la Chine qui s’est attaquée à la « stupidité » dont fait preuve la diplomatie US, a dénoncé les tentatives de Washington de prendre en otage l’ONU. Les responsables chinois ont poussé jusqu’à menacer de s’opposer à tout processus d’indépendance de Taiwan par le recours à l’action armée. 

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Pékin se résigne à durcir le ton contre Washington

Australie, Canada, États-Unis et Royaume-Uni se sont ligués contre la Chine en l’accusant de violer ses obligation internationales.« La décision de la Chine d’imposer la nouvelle loi », écrivent-ils dans un communiqué commun, c’est ne pas respecter « la déclaration conjointe signée par la Chine et le Royaume-Uni, légalement contraignante et enregistrée auprès de l’ONU » au milieu des années 1980. Cet accord prévoyait la sanctuarisation de l’autonomie de Hong Kong jusqu’en 2047.

Or, insistent les diplomates occidentaux, la législation votée à Pékin « limiterait les libertés de la population de Hong Kong et éroderait ainsi de manière dramatique son autonomie » en ouvrant la voie à des « poursuites pour raisons politiques », ajoutent les quatre pays.

Les signataires font part de leur profonde inquiétude et demandent aux autorités chinoises de travailler avec le peuple de Hong Kong pour trouver une solution acceptable pour les deux parties.

Le sujet devait être abordé lors d’une visioconférence informelle et à huis clos sous un format permettant à tout membre d’aborder des questions diverses. Désormais, les membres du Conseil de sécurité doivent s’accorder unanimement sur la tenue d’une réunion formelle.

Sauf que Pékin s’était opposé, mercredi 27 mai, à une réunion formelle du Conseil de sécurité voulue en urgence par Washington sur le même sujet, affirmant que Hong Kong relevait des « affaires internes » de la Chine.

Cité par l’agence de presse officielle chinoise Xinhua, un porte-parole de la représentation du gouvernement de Pékin à Hong Kong a appelé jeudi les activistes à « ne pas jouer avec le feu ».

Donald Trump a par ailleurs annoncé, pour le même jour que la réunion onusienne, une conférence de presse où il doit annoncer « ce que nous allons faire vis-à-vis de la Chine », sans autre précision. Mike Pompeo qui pilote la diplomatie US avait affirmé mercredi que « Hong Kong n’est plus autonome » de la Chine. Concrètement, Washington peut désormais mettre fin au statut commercial préférentiel accordé à l’ex-colonie britannique.

La menace américaine a été qualifiée de « barbare », jeudi 28 mai, par la représentation à Hong Kong du ministère chinois des Affaires étrangères. Ce qui n’a pas empêché le chef de la Maison Blanche de sévir contre la Chine. 

Malgré la menace de sanctions américaines, les près de 3 000 députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP) chinoise ont adopté sans surprise, jeudi 28 mai, la disposition controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong.

Seul un député a voté contre et six se sont abstenus. Le vote a été salué par de longs applaudissements dans le cadre solennel du Palais du peuple à Pékin, en présence du président Xi Jinping. 

« C’est la fin de Hong Kong », a résumé pour l’AFP Claudia Mo, députée pro-démocratie au Conseil législatif hong-kongais. « À partir de maintenant, Hong Kong sera une ville chinoise comme les autres ». Joshua Wong, une des figures de l’opposition, a estimé que la future loi allait « tuer les mouvements démocratiques » dans le territoire autonome.

Dans le camp pro-Pékin en revanche, la cheffe de l’exécutif hong-kongais Carrie Lam a salué le vote du Parlement chinois. Comme demandé par le projet de loi, elle a promis « de renforcer l’application de la loi et l’éducation afin de défendre la sécurité nationale ».

La disposition donne désormais mandat au Comité permanent de l’ANP pour rédiger un projet de loi qui sera incorporé dans la mini-Constitution de Hong Kong, contournant le Conseil législatif local. Ce comité pourrait se saisir du texte dès juin et adopter le projet fin août.

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