Perspectives préoccupante de l’évolution de la pandémie au Maroc

Dans ses brefs du plan, le Haut-commissariat au plan (HCP) a tenté d’apporter un éclairage sur la situation épidémique liée au Covid-19 depuis la levée du confinement au Maroc ainsi que ses perspectives d’évolution à fin 2020. Elle vise, également, à constituer une base pour relancer le débat autour des politiques de riposte face à une montée excessive du nombre de contaminations.

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Perspectives préoccupante de l’évolution de la pandémie au Maroc

Le nombre d’infections par le Coronavirus a fortement augmenté en période post-confinement, dépassant 1 000 cas par jour à fin juillet 2020. La vitesse de contamination s’est accélérée au cours du mois d’août, avec une augmentation de 157 % du nombre de cas en comparaison avec les cinq premiers mois de l’épidémie. 

Selon les données arrêtées au 20 septembre 2020, le nombre de cas actifs fluctue toujours au voisinage de 20 000, mais celui des décès journaliers a augmenté selon un rythme de 30 à 40 cas par jour depuis fin juillet, traduisant une augmentation persistante des contaminations des personnes vulnérables. 

Les taux d’utilisation des capacités litières d’hospitalisation et de réanimation s’établissaient à 33,7 % et 4 % respectivement au début du mois de mai 2020, qui coïncidait encore avec la poursuite de l’application des mesures de confinement généralisé. Après le déconfinement, une forte pression s’est exercée sur le système sanitaire, avec une croissance rapide des cas hospitalisés.  Ainsi et tenant compte d’une proportion de cas asymptomatiques s’élevant à 75 % de l’ensemble des cas infectés et du maintien de la capacité litière aux niveaux enregistrés au début de mai 2020, le système sanitaire national sera en « état de saturation » si le nombre des cas actifs dépasse les 31 000. 

Perspectives d’évolution inquiétantes 

Le nombre de cas au Maroc devrait continuer son augmentation, selon les analystes du HCP. Les perspectives d’évolution des nouvelles infections révèlent une situation épidémique « préoccupante », avec la possibilité de reproduction d’une vague plus forte de contamination dans le cas d’une levée des mesures du confinement partiel mises en application actuellement dans certaines zones. 

Le taux de létalité se poursuivrait au rythme de 1,9 % suivant les tendances de vulnérabilité, indiquant ainsi une situation épidémique difficile mais encore « supportable » par le système sanitaire. 

Au niveau régional, les prévisions basées sur les tendances actuelles permettent d’identifier quatre groupes d’évolution dont le premier à haut risque matérialisé par le Grand Casablanca-Settat. Le HCP s’ attend à une poursuite de l’augmentation des cas contaminés avec une possibilité de dépasser les 2 000 cas par jour à fin décembre. Cela peut être un signal d’une situation critique de la propagation du virus SARS-Cov-2 qui peut nécessiter des mesures strictes.  

Un deuxième groupe avec une situation instable qui comprend Rabat-Kénitra et Marrakech-Safi. En ce qui concerne la région Rabat-Kénitra, le HCP observe un rythme moins élevé de la contamination en comparaison avec la région Casablanca-Settat, avec un champ de fluctuation plus large : le nombre de cas cumulés pourrait atteindre 59 037 à fin décembre. Au niveau de la région Marrakech-Safi, le HCP s’attend à une poursuite de l’évolution volatile des nouveaux cas journaliers enregistrés. Dans ce groupe, la situation semble instable à la date du 20 septembre pour les deux régions, une vague des contaminations peut se déclencher à tout instant, imposant un maintien des mesures de confinement partiel.  

Le troisième groupe, dit stable est composé des régions Fès-Meknès et Tanger-Tétouan où l’évolution du nombre de cas infectés quotidiennement est stable, avec une possibilité d’« extinction » si les mesures d’autoprotection et le respect des gestes-barrières sont maintenus. 

Le risque d’aggravation de la situation serait plus lié au laxisme des citoyens quant au respect des mesures de prévention. Le nombre des contaminations atteindrait 20 672 à fin décembre dans la région Fès-Meknès. Le quatrième groupe est composé du reste des régions du Royaume où le nombre de cas enregistrés jusqu’au 20 septembre est maîtrisable s’il est tenu compte des mesures préventives, mais l’apparition de nouveaux clusters pourrait générer une vague de contamination, notamment en cas de non-respect des mesures d’autoprotection. 

L’option du confinement intermittent 

Le risque de survenue d’une nouvelle vague de contamination reste encore élevé, tenant compte du développement du comportement de prévention chez la population. Le recours à un confinement total sur une longue période pourrait paralyser l’économie nationale, alors que les séquelles de la première stratégie de confinement total durant 82 jours sont toujours perceptibles sur le tissu productif.  

Au-delà des effets économiques, et face à une nouvelle ascension des contaminations, l’application d’un confinement généralisé, mais intermittent, pourrait s’avérer efficace pour amortir la tendance des nouvelles infections. Partant de ce constat, les analystes du HCP ont simulé l’effet d’une stratégie de confinement généralisé d’un jour par semaine au niveau national et au niveau de 3 principales régions : Casablanca- Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi par rapport aux prévisions établies à l’horizon du 31 décembre 2020. 

Selon leurs estimations, l’application d’un jour de confinement pendant 6 semaines (01/10/2020 au 06/11/2020) permet de réduire la transmissibilité de 10 %. La différence enregistrée entre les cas simulés par la stratégie proposée et la tendance prévue s’amplifiera d’une manière exponentielle dans le temps, permettant ainsi de bénéficier d’une marge du contrôle de la situation et de prise de décision. 

Au niveau national, la réduction en termes de nouvelles contaminations pourrait atteindre 72 000 cas à fin décembre et se situerait aux environs de 35 000 au niveau de la région Casablanca-Settat, 8 900 dans la région Rabat-Salé-Kénitra et 4 000 dans la région Marrakech- Safi. Le HCP avertit que  cette stratégie de confinement hebdomadaire ne permettrait pas une réduction significative  des contaminations sur le court terme, mais pourrait, cependant, sensiblement réduire leur rythme d’évolution sur une période plus longue. Son efficacité nécessite la mise en œuvre de mesures d’accompagnement appropriées afin d’assurer un gain supérieur d’efficacité en termes de réduction des contaminations.

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