Du pétrole toxique écoulé en Afrique: L’argent n’a pas d’odeur chez les traders suisses

0 71
Public Eye, ONG suisse, n’a absolument pas froid aux yeux. Elle vient de le prouver en dévoilant le résultat de trois ans d’enquête mettant en lumière les pratiques peu éthiques des traders suisses dans le secteur des carburants en Afrique. Le continent est inondé de carburants toxiques par des négociants qui profitent de la faiblesse des législations pour écouler des produits dangereux pour la santé des populations. On appelle ça la « qualité africaine ».
Le parc roulant dans nombre de pays africains (Angola, Bénin, Congo-Brazzaville, Ghana, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal et Zambie) est alimenté en pétrole hypertoxique. Dans ces huit pays africains, Public Eye a procédé à l’analyse de la qualité des carburants disponibles à la pompe fournis par quatre grands négociants suisses. Le résultat est dramatiquement alarmant : sur les quarante échantillons prélevés, aucun ne pourrait être vendu ailleurs… En d’autres termes, on est en présence de teneurs en soufre entre 200 et 1.000 fois plus élevés que le niveau autorisé en Europe ou aux USA. L’ONG décerne la palme d’or au Mali. Mais il y a pire dans ce constat des plus alarmants : la présence dans ces échantillons de certains métaux lourds et autre produits toxiques tel le benzène, très fortement réglementé, alors que ces produits sont pourtant fabriqués en Europe et exportés par des entreprises européennes. Selon le rapport, les négociants profitent de la faiblesse des standards des pays africains où les taux de soufre autorisés restent très élevés pour se livrer à leur sale commerce. Pour augmenter leurs marges, ces négociants indélicats mélangent les carburants avec des produits toxiques acquis à faible coût.
Si pour les auteurs du rapport pareil commerce n’est pas illégal, il n’en reste pas moins illégitime. Surtout lorsque l’on sait que le pétrole qui sert de base à ces mélanges vient parfois du continent africain. C’est aux Etats africains d’adopter des législations plus contraignantes pour stopper pareil commerce, rappelle l’ONG. Sans quoi, le continent africain pourrait rapidement afficher un autre triste record ; le taux de mort prématurée lié à la pollution automobile le plus élevé au monde.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus