Peu ragoûtant ce bouillon de culture, là !

De guerre lasse, nombre d’acteurs de la scène culturelle ont chargé le ministère de bien des maux qu’un Othmane El Ferdaous a intérêt à soigner pour éliminer la gangrène qui affecte le département qu’il chapeaute depuis à peine quelques mois.

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Peu ragoûtant ce bouillon de culture, là !

 Certes, le ministre n’est pas la cible privilégiée des attaques en règle menées contre les prétendus représentants d’un tel département réputé être le parent pauvre des arbitrages budgétaires. Même s’il a subi un matraquage en règle depuis qu’il a débloqué une aide d’urgence aux artistes qui crèvent la dalle en cette période de pandémie. 

Le pauvre, il doit bien l’avoir sentie, et jusqu’aux tréfonds de lui-même, la tornade suscitée par la liste des bénéficiaires qu’il a mis en avant en croyant bien faire. Comme quoi, la transparence a bien des défauts… Surtout lorsque les règles du jeu, peu clairs, gardent bien des zones dans l’ombre. Une première leçon à retenir en prévision de ce qui reste à faire. Car il ne faut surtout pas que la fronde tétanise l’action du ministre, le monde de la culture ayant cruellement besoin d’être supporté… Ne serait-ce que pour que la vie continue. 

Mais là où le bat blesse, c’est lorsqu’on prend pour de l’argent comptant tout ce qui a été dévoilé par des artistes soutenus bien avant l’arrivée aux affaires d’O. El Ferdaous. Que confirment ces témoignages déballés au grand jour ? Que le département de la Culture n’est pas meublé que d’anges qui vous veulent du bien ! Nombre de délégués ont été mis au pilori au motif qu’ils conditionnent tout déblocage de l’aide publique à la générosité du bénéficiaire. En d’autres termes, les murs des délégations de la Culture couvent des ripoux qui n’hésitent pas à se faire du beurre sur le dos des acteurs culturels.

Mais de quoi ce «bouillon de culture» est-il le nom ? La réponse est vite trouvée : la théorie du ruissellement prend toute son ampleur lorsqu’il s’agit de la corruption qui fait tourner la culture. Et c’est bien à ce niveau-là que l’actuel ministre est attendu. La tâche est immense puisqu’il s’agit d’élaguer, d’éliminer les branches pourries… Bref, c’est du grand nettoyage qu’il est question. La question qui se pose dès lors serait de savoir si O. El Ferdaous est capable de réaliser, même par devers lui, la rupture qui s’impose. C’est-à-dire en s’interdisant de reproduire les us de ses prédécesseurs. Lesquels s’empressaient de fermer les placards sur les cadavres hérités et d’enfouir la poussière sous les tapis bien moelleux de la fonction. 

Par les temps de la Covid-19, le département a cruellement besoin d’être aéré. C’est de la sorte que l’on éliminera tout le legs chargé d’air vicié qui empêche toute oxygénation, salvatrice au demeurant, de la Culture. Le ministre doit faire des choix. On le plaint déjà au regard des résistances qu’il aura à gérer. Mais n’est-il pas opportun de mettre un terme final à la politique de «dhan sir isir» que nombre de pantouflards ont choisi comme raison d’être ? C’est de l’huile de coude que le ministère a tant besoin  pour redonner au secteur toute l’aura que la Culture, dans toutes ses nobles expressions, exige aujourd’hui, comme demain. Pour réussir ce challenge, nul besoin de rappeler que c’est de la culture de l’effort, celle qui doit être tripale chez tout fonctionnaire qui se respecte, que le département a besoin. Et nullement celle de la facilité qui pousse nombre de ripoux à monnayer leur statut… Encore une dure leçon à méditer. Mais qui ne tente rien n’a rien !

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