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Pour Enrico Letta, « l’avenir de l’UE se joue maintenant» 

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En dépit de la colère qui sourd en Italie contre un déficit de solidarité, Enrico Letta, ancien président du Conseil italien, veut toujours croire en un avenir européen.

L’enjeu du sommet de jeudi, organisé à distance pour cause d’épidémie de Covid-19, est «aussi important que les débats consécutifs à la chute du mur de Berlin» en novembre 1989.

L’actuel patron de l’Ecole des affaires internationales de Sciences Po Paris et président de l’Institut Jaques Delors, a souligné depuis Rome où il est confiné que «le sentiment d’abandon qui saisit les populations face au Covid-19 est une bombe que l’Union européenne doit absolument désamorcer d’urgence. Il faut tout de suite passer de la gestion de crise à la reconstruction.»

Les chefs d’Etat ou de gouvernement de l’UE devaient se réunir les 26 et 27 mars à Bruxelles pour leur traditionnel sommet de printemps. La pandémie du Covid-19 en a décidé autrement, le confinement étant de rigueur, les a éloignés les uns des autres dans un contexte des plus singuliers.

Le pacte de stabilité, qui limitait en théorie le déficit public autorisé des pays membres de la zone euro à 3% du produit intérieur brut, a explosé. La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, le 19 mars, l’injection de 750 milliards dans l’économie. Les aides d’Etat aux entreprises, pourchassées par la Commission européenne au nom des règles de concurrence, seront désormais acceptées au nom de la sauvegarde de l’emploi.

Qu’en déduire? «Que nous avons plus que jamais besoin d’institutions communautaires solides », estime E. Letta. « Ce nouveau cadre européen est bienvenu. Il répond aux défis du moment. Mais il aura besoin de nouvelles règles. Il ne faut surtout pas le laisser au bon vouloir des Etats membres», précise-t-il. 

La crise financière mondiale de 2008-2009 a forcé Bruxelles et les Etats membres à donner un nouveau cadre au marché unique bancaire et financier. Un bis-repetita en perspective ? E. Letta réponde par la négative « car l’UE de 2020 est bien plus faible que celle assommée par la crise des dettes souveraines d’il y a dix ans.

N’oublions pas qu’après le choc financier de 2008-2010 et la menace qu’il a fait peser sur la monnaie unique, l’Union a subi consécutivement le choc des attaques terroristes de 2015-2016, puis la crise des migrants.» D’où, selon lui, le besoin d’une action urgente des Vingt-Sept: «Visioconférence ou pas, certains sujets s’imposent, comme la réaffirmation du marché unique.

Si le virus rétablit les frontières durablement, il enlèvera à l’Europe son meilleur atout économique. Nous vivons un choc historique, comparable à la chute du mur de Berlin. La thèse de l’épidémie passagère est fausse.»

Les personnes vont bien sûr jouer un rôle. Au-delà de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, les regards se tournent vers le Français Thierru Breton, commissaire en charge de la stratégie industrielle.  Pour E. Letta, c’est « l’homme clé » où le véritable « maître des horloges ». «Dès lors que la question nationale est remise au centre du jeu par le coronavirus, l’Europe communautaire a l’obligation absolue de démontrer son utilité. La faillite, ou non, de grandes entreprises européennes sera le test ultime» résume, enfin,  l’ancien Président du Conseil italien.

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