Pourquoi la coalition libère les prisonniers yéménites en ce moment ? 

Cinq avions transportant les prisonniers yéménites, des civils, des militaires de carrière et des combattants d’Ansarullah ont atterri jeudi et vendredi à l’aéroport de Sanaa dans une ambiance de fête. Le dernier vol est arrivé vendredi, et ce dans le cadre de l’accord d’échanges des détenus qui a été finalisé en Suisse le mois passé entre le gouvernement de Sanaa et celui d’Abed Rabbo Mansour Hadi, sous le parrainage des Nations Unies, pour échanger 1081 combattants d’Ansarullah et miliciens de la coalition arabe.

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Cinq avions transportant les prisonniers yéménites, des civils, des militaires de carrière et des combattants d’Ansarullah ont atterri à l’aéroport de Sanaa

Dans le cadre de la première phase de l’accord, les quatre avions ont apporté 470 détenus. En même temps, deux avions de la Croix rouge internationale sont arrivés à Sanaa pour transporter 250 combattants pro Hadi, dont  15 saoudiens, 4 soudanais et le frère du président démissionnaire contesté.

Le vendredi, un cinquième avion est arrivé avec, à son bord, 200 combattants houthis qui seront échangés contre 251 miliciens.

Le premier avion transportant 116 combattants est arrivé depuis la ville yéménite occupée Hadramaout, tandis que les deux autres depuis l’aéroport saoudien d’Abha.

Le porte-parole d’Ansarullah Mohamad Abdel Salam a indiqué que des combattants yéménites revenants sont des blessés qui avaient été envoyés hors du Yémen pour les faire soigner. Mais ils sont restés bloqués à Oman en raison du refus de la coalition. Certains détenus yéménites sont des civils capturés dans les zones frontalières yéménites avec l’Arabie saoudite et d’autres des pêcheurs arrêté au large de la mer, rapporte le site web de la télévision iranienne arabophone al-Alam

Le vice-ministre de l’information du gouvernement de Sanaa a accusé les autorités pénitentiaires de la coalition d’avoir liquidé certains détenus et de les avoir dépouillés de leurs organes pour les revendre. Interrogés par les médias, des détenus ont assuré avoir été victimes de toutes sortes de tortures physiques et morales durant leur détention. Certains détenus sont revenus handicapés.

Al-Masirah, télévision d’Ansarullah, rapporte qu’une délégation officielle du bureau d’Abdel Malek Badreddine al-Houthi faisait partie de l’accueil populaire réservé aux détenus à l’aéroport de Sanaa, dont Mohamad Ali Al-Houthi et un certain nombre de ministres du gouvernement de Sanaa.

Ali Al-Qahoum, membre du bureau politique d’Ansarullah, a révélé que les pays de la coalition arabe avaient en vain tenté de faire capoter l’accord.

Le général Yehya Sarii, porte-parole des forces armées yéménites, a qualifié de grand succès humain, politique et militaire l’échange des détenus. Au micro d’Al-Masirah, il a soutenu que la réalisation de « ce processus a abouti grâce aux efforts qui ont été déployés par le leader d’Ansarullah, Abdel Malek al-Houthi, et ce malgré l’intransigeance des forces de la coalition d’agression ». Il a affirmé que « certains des détenus libérés jeudi étaient retenus captifs par l’ennemi pendant près de cinq ans, assurant qu’ils n’avaient pas bénéficié des services de bon traitement semblables à ceux fournis par les forces yéménites aux prisonniers ennemis » tout en soulignant que « les forces yéménites feront de leur mieux pour libérer tous les détenus dans les geôles de l’ennemi ».

Le général a fait savoir que « la coalition d’agression saoudienne est préoccupée de notre avancée militaire à Ma’reb (centre). Ceci a contribué à mettre la pression sur l’ennemi dans le processus des négociations ». Et souligné que les forces yéménites étaient parfaitement prêtes à lancer des opérations de grande envergure si l’ennemi ne s’engageait pas à respecter les appels à l’établissement de la paix et à l’arrêt de l’effusion de sang.

Mohammed Ali al-Houthi, président du Comité suprême de la Révolution, a déclaré pour sa part que l’administration Trump avait retardé le processus d’échange de prisonniers de plus de deux ans afin de s’en servir au profit des présidentielles. Il a déclaré au Washington Post, à propos de l’échange de deux prisonniers américains en échange de 240 citoyens yéménites, que « les Américains emprisonnés au Yémen n’étaient pas des citoyens ordinaires. Ils avaient été arrêtés pour leur implication dans des actes suspects au Yémen », rapporte PressTV. Ajoutant que « l’administration Trump avait délibérément retardé le processus d’échange de prisonniers jusqu’aux présidentielles alors que la question d’échange avait été soulevée quelques mois plus tôt par Oman ».

 

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