Le PP retrouve des couleurs « provisoires » en Espagne…

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Grâce à l’alliance avec Ciudadanos, Ana Pastor, ministre des transports et membre du Parti populaire, a été portée à la tête de la chambre. C’est une première victoire importante pour Mariano Rajoy. Lors de la séance de formation des nouveaux Cortes élus le 26 juin, c’est la candidate de son parti, le Parti populaire (PP), Ana Pastor, qui a été élue à la présidence du Congrès des députés, la chambre basse du parlement espagnol. Au second tour, elle a obtenu 169 voix contre 155 seulement à son concurrent, le socialiste Patxi López, président sortant du Congrès. Ana Pastor, députée depuis 2000, était jusqu’ici ministre des travaux publics et des transports dans le gouvernement de Mariano Rajoy. El País rapporte que plusieurs noms proposés par l’actuel chef du gouvernement, comme celui du ministre de l’Intérieur, Jorge Fernández Díaz, touché par un scandale récent, n’avaient pas été agréés par Ciudadanos. Finalement, contre l’acceptation d’Ana Pastor à la présidence et deux postes au bureau du Congrès, Albert Rivera a accepté de joindre ses votes à ceux du PP.
Cette élection est-elle un prélude à l’investiture de Mariano Rajoy à sa propre succession ? Après son succès aux élections du 26 juin, il voudrait le croire. Ce qui est certain, c’est que Ciudadanos semble clairement ouvert à une alliance avec le PP. Reste que ce ralliement ne sera pas suffisant. L’élection du président du gouvernement suit une procédure différente : il n’y a qu’un candidat et ce dernier doit obtenir la majorité absolue au premier tour, la majorité relative ensuite. Or, comme il n’y a pas de candidat alternatif, la donne est changée et plusieurs partis qui rejettent le candidat présenté peuvent voter contre lui, sans risque de voir un candidat également honni élu. Dans le cas de Mariano Rajoy, les deux partis indépendantistes catalans, ERC et PDC (17 sièges) et les indépendantistes basques d’EH Bildu (2 sièges), au moins, voteront clairement contre celui qui incarne tout refus d’un référendum d’autodétermination de leurs régions. Dans ce cas, avec les voix de la gauche du PSOE et d’Unidos Podemos, les opposants à Mariano Rajoy disposent de 175 sièges sur 350, soit de quoi empêcher toute majorité pour le président sortant, malgré l’alliance avec Ciudadanos. D’autant que les Basques du PNV (5 sièges) sont peu susceptibles de soutenir une alliance PP-C’s. Plus que jamais, la clé du succès pour Mariano Rajoy résiderait en l’abstention du PSOE. Une position que les socialistes ont officiellement refusée, malgré des sondages affirmant qu’elle est soutenue par leurs électeurs.

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