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Présidentialisme renforcé en Turquie: Tout pour plaire au Sultan Erdogan

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En avalisant la réforme de la Constitution qui sera adoptée par référendum au printemps, le Parlement turc accorde plus de pouvoirs au président Erdogan. L’opposition y voit déjà une forme de «putsch». Bülent Tezcan, député du Parti républicain du peuple (CHP), premier parti politique turc créé par Atatürk et principal parti d’opposition, considère que le chef de l’Etat turc « ne cherche qu’à inverser le cours de l’histoire en reprenant le pouvoir au peuple pour le transférer au palais». Son parti est allé plus loin en qualifiant cette réforme de «putsch civil». L’opposition avait déjà exprimé ses craintes de voir la Turquie basculer vers un régime autoritaire dont les premiers signes ont été donnés par la répression qui a suivi le coup d’Etat du 15 juillet dernier. Ce qui n’a pas empêché le processus décrié d’être relancé.
En effet, le texte de 18 articles qui vise à instaurer un système présidentiel a été adopté par le Parlement turc et soumis au chef de l’Etat pour promulgation avant un référendum au printemps. Erdogan dispose de deux semaines pour signer le texte, qui devra ensuite encore être approuvé par voie référendaire avant d’entrer en vigueur.
Malgré les critiques, tout semble acquis puisqu’une large partie de l’opinion publique soutient cette réforme présentée par Erdogan et l’AKP comme «la seule façon d’aplanir le sentier qui mène à une Turquie progressiste», «d’éviter des crises politiques telles qu’elle en a connues par le passé», ou encore «d’apporter la stabilité».
La campagne d’Erdogan se trouve facilitée par les médias dont les derniers titres indépendants ont été muselés. Le CHP (social-démocrate) a d’ores et déjà fait part de son intention de saisir la Cour constitutionnelle pour contester la validité de la réforme une fois qu’elle aura été signée par Erdogan. «Nous en avons l’habitude», a commenté le Président mercredi. «J’espère que la Cour constitutionnelle rendra sa décision dans les plus brefs délais.» Cette réforme constitutionnelle transfère au Président le pouvoir exécutif qui jusque-là appartenait au Premier ministre, bien que ce poste ait de plus en plus été marginalisé depuis l’accession d’Erdogan à la présidence en 2014.
D’ailleurs, le poste de Premier ministre sera supprimé et remplacé par un ou plusieurs vice-présidents (nommés par le Président). Le Président pourra intervenir directement dans le domaine judiciaire en choisissant quatre membres du Haut conseil des juges et procureurs, chargé de nommer et de destituer le personnel du système judiciaire. Le Président pourra aussi décider d’imposer ou non l’état d’urgence avant de soumettre la question au Parlement. Celui-ci pourra décider de le raccourcir, le prolonger ou d’y mettre fin.
Le projet de réforme constitutionnelle fixe au 3 novembre 2019 la date des prochaines élections présidentielle et législatives. Le Président sera alors élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Si le nombre maximum de mandats était réinitialisé à partir de l’élection de 2019, Recep Tayyip Erdogan pourrait rester au pouvoir jusqu’en… 2029.
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