Perspective MED
Actualité à la une

Présidentielle en Algérie: L’opposition joue la carte de l’empeachment  

C’est vers le choc frontal que s’achemine l’opposition algérienne qui, à défaut de désigner un candidat commun et consensuel, tente d’enrayer la dynamique voulue par le système pour remettre en selle le Président sortant qui est toujours en Suisse pour des « examens de santé ». L’application de l’article 102 de la Constitution pour constater la vacance de la présidence de la République et le report du scrutin présidentiel prévu le 18 avril, tels sont les mesures qui revêtent pour l’opposition algérienne un caractère urgent.

En tout cas, telles sont les décisions prises par des responsables de quelques formations de l’opposition représentées par l’ancien chef du gouvernement Ali Benflis et l’islamiste modéré Abderrazak Makri (MSP).

Dans la déclaration finale de cette rencontre, les responsables politiques ont réitéré leur refus d’un cinquième mandat du président sortant, tout en soutenant la contestation populaire.  Après les étudiants qui ont manifesté massivement mardi 5 mars dans plusieurs villes du pays, vendredi 8 mars risque d’être une journée de mobilisation encore plus marquante avec la ferme volonté des femmes de s’associer au large mouvement de contestation du 5e mandat.

Reste à savoir si la démarche de l’opposition qui s’apparente à un impeachement, procédure exigée aussi par Louisa Hanoune du parti du Travail, est appelée à aboutir. Pour rappel, cette revendication n’est pas pour défrayer la chronique puisque depuis l’hospitalisation du président en avril 2013, des voix dans l’opposition ont mis en avant la mise en application de la disposition constitutionnelle qui prévoit l’empêchement du Président devenu grabataire. Sans jamais aboutir.

Ce qui était valable par le passé le semble encore aujourd’hui, dans la mesure où le Général major Gaïd Salah, chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, s’oppose au déboulonnage du Président. L’affaire a trait, dans les faits, à la survivance de tout un système qui gravite autour de Bouteflika.

Si la Constitution stipule que la mesure de destitution doit être mise en œuvre par le Conseil constitutionnel qui se réunit de plein droit, le processus s’avère des plus compliqués à mettre en œuvre au regard des multiples intervenants qui restent loyaux au chef de l’Etat. Après l’avis unanime du Conseil, c’est au Parlement de déclarer l’état d’empêchement.

Difficile pour ce scénario de se réaliser au regard de la majorité parlementaire qui fait toujours honneur au FLN, puissante machine politique qui verrouille le système…

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More