Présidentielle en France: La malédiction Fillon

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Des policiers ont mené, jeudi, une perquisition au domicile de François Fillon et son épouse, à Paris, dans le cadre de l’enquête sur les emplois présumés fictifs dont la famille du candidat à la présidentielle auraient bénéficié. I faut dire que la société de conseil 2F de François Fillon, pointée du doigt par ses adversaires politiques qui dénoncent les « conflits d’intérêts », est domiciliée à la même adresse que l’appartement parisien du couple
Rappelons que des perquisitions avaient déjà été menées tour à tour à l’Assemblée nationale et à la Revue des Deux Mondes au début de l’enquête préliminaire, ouverte fin janvier par le parquet national financier (PNF). Les enquêteurs s’étaient également fait remettre des documents au Sénat. L’épouse de François Fillon a été rémunérée par le passé comme assistante parlementaire de son mari et de son suppléant, mais aussi par la revue littéraire, et les enquêteurs tentent d’établir s’il s’agissait dans chaque cas d’un vrai travail ou d’un emploi fictif.
Convoqué pour être entendu le 15 mars par les magistrats, le candidat Fillon a exclu de se retirer de la course à l’Elysée malgré de nombreuses défections à droite. Si le nombre de ses soutiens est sujet à une forte corrosion, le candidat persiste à croire que « la base tient ». En quittant la galère, Bruno le Maire a été suivi par une quinzaine de ses proches. Parmi eux, un des poids lourds de l’équipe de campagne : son directeur adjoint, Sébastien Lecornu, qui a expliqué n’être « plus à même de remplir ses fonctions ».
Argument similaire pour Vincent Le Roux, proche d’Alin Juppé de longue date, conseiller auprès du directeur de campagne Patrick Stefanini. Julien Miro, en charge des questions de jeunesse dans la campagne, également proche d’Alain Juppé, quitte aussi ses fonctions.
Le trésorier de la campagne présidentielle, Gilles Boyer, a également annoncé sa démission. Et l’érosion de continuer. Les juppéistes Benoist Apparu (député-maire de Châlons-en-Champagne), Christophe Béchu (sénateur-maire d’Angers) et Édouard Philippe (maire du Havre) ont aussi annoncé qu’ils se retiraient de la campagne. Le député Pierre Lellouche, proche de Nocolas Sarkozy, est catégorique : François Fillon doit se retirer et l’élection doit être reportée. Autre sarkozyste, le député LR Sébastien Huyghe a fait savoir sur Twitter qu’il ne suivait plus le candidat de la droite et du centre. Gérald Darmanin, également proche de Nicolas Sarkozy, a affirmé avoir « honte de (sa) droite ». L’UDI a décidé de « suspendre » sa participation à la campagne présidentielle de François Fillon, jusqu’à l’organisation d’un bureau exécutif où une décision collective sera prise sur la poursuite ou non de son soutien au candidat.
Cette liste n’est pas exhaustive. Au total, plus d’une soixantaine de soutiens et membres de l’équipe de campagne de François Fillon ont déjà annoncé qu’ils ne soutenaient plus le candidat de droite.
Malgré ces défections, la campagne bat son plein. L’équipe de organisera dimanche, sur la place du Trocadéro à Paris, un rassemblement de soutien au candidat de la droite à la présidentielle. L’organisation de ce rassemblement a été confiée à « Sens commun », émanation politique de « La Manif pour tous ». Seront présents ses irréductibles soutiens. Parmi eux, Bruno Retailleau, qui a décrit sur RTL « un combattant, un résistant » qui refuse « que le peuple de France, notre électorat de droite et du centre, se fassent confisquer l’élection présidentielle ». La rencontre du Trocadero a valeur de test pour F. Fillon dont la candidature faiblit au point de le voir débordé par un Alain Juppé qui se propose comme un « plan B » pour le camp de la droite.

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