Présidentielle US : Tout sourit à H. Clinton ?

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Une série de sondages publiés jeudi 4 août confirment la nette avance de Hillary Clinton sur Donald Trump dans la course à la Maison Blanche. Selon un sondage CNN/ORC, H. Clinton devance M. Trump de 9 points dans les intentions de vote au plan national. Une autre enquête livrée par Fox News lui donne un avantage de 10 points, alors qu’une troisième publiée par NBC News et le Wall Street Journal la place à 47 % des voix contre 38 % pour D. Trump, soit près de 5 points de plus glanés en un mois contre le milliardaire. Selon cette enquête, le « ticket » Hillary Clinton-Tim Kaine conforte sa domination auprès des femmes (51 % contre 35 % pour le tandem Donald Trump-Mike Pence), des Afro-Américains (91 % contre 1 %), de l’ensemble des électeurs issus de minorités (69 % contre 17 %), des jeunes (46 % contre 34 %) et des électeurs ayant un diplôme universitaire (47 % contre 40 %). A contrario, le candidat républicain arrive en tête parmi les électeurs blancs (45 % contre 40 %), ceux de plus de 60 ans (46 % contre 43 %) et les électeurs blancs non diplômés (49 % contre 39 %). Les deux candidats sont au coude-à-coude auprès de l’électorat masculin (43 % pour H. Clinton ; 42 % pour D. Trump).
Aux yeux des spécialistes, à moins de cent jours de la présidentielle du 8 novembre, cette avance est considérée comme significative. En 2008, rappelle-t-on, l’actuel locataire de la Maison Blanche n’avait creusé un tel écart sur son rival, John McCain, que fin octobre. D’après les sondeurs, H. Clinton bénéficie du traditionnel rebond postconvention, ainsi que de l’accumulation des écarts de langage de son adversaire, qui n’a manifestement pas effectué le « pivot » recommandé par les ténors républicains vers une attitude plus présidentielle.
Selon l’enquête CNN/ORC, sept Américains sur dix ne seraient « pas fiers » de voir le républicain à la présidence. D’après Fox News, seuls 43 % le jugent « qualifié » pour occuper le bureau Ovale, alors que 65 % jugent Mme Clinton « qualifiée » et 40 % « très qualifiée ».
L’élection présidentielle se jouant aux Etats-Unis comme une élection dans chacun des cinquante Etats, sanctionnée par l’attribution d’un nombre préétabli de grands électeurs, les sondages nationaux n’ont toutefois qu’une valeur relative.
Les résultats qui comptent vraiment sont ceux des swing states, les Etats où le scrutin est traditionnellement serré et où le résultat peut faire basculer la victoire dans un camp ou l’autre. Mais, là aussi, tout semble se jouer en faveur de H. Clinton. Selon une étude de la chaîne publique de Boston WBUR, elle mène de 17 points dans le New Hampshire (quatre grands électeurs), un Etat où elle était encore au coude-à-coude avec D. Trump il y a trois mois. Alors que son rival lors des primaires démocrates, Bernie Sanders, s’y était facilement imposé, l’ancienne secrétaire d’Etat rallie maintenant 89 % des démocrates locaux. De son côté, D . Trump ne bénéficie du soutien que de moins des deux tiers des républicains.
En Pennsylvanie, le même constat est établi. Idem pour le Michigan. Dès lors, selon les pronostics, tout se jouera en Californie (cinquante-cinq grands électeurs) et à New York (vingt-neuf). Il suffirait à H. Clinton d’emporter la Floride (vingt-neuf) et la Pennsylvanie pour dépasser le chiffre fatidique de 270 grands électeurs qui permet d’être déclaré vainqueur.
Mme Clinton s’estime suffisamment bien placée dans les swing states du Colorado (neuf grands électeurs) et de la Virginie (treize) – l’Etat de son colistier, Tim Kaine. En revanche, les deux candidats restent à égalité dans l’Ohio (dix-huit grands électeurs), Etat sans lequel il est difficile d’arriver à la Maison Blanche… Les semaines à venir sont dès lors des plus cruciales dans cette course qui tient en haleine non seulement l’opinion US mais celle, plus large, planétaire.

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