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Présidentielles en Tunisie : B.C Essebsi a-t-il les reins solides ?

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Le jeu est-il plié en faveur de Beji Caïd Essebsi ? Tout semble le confirmer depuis que les islamistes ont décidé de lâcher leur ancien allié de la Troïka. Le rideau semble ainsi êre tiré sur M. Marzouki lourdement sanctionné aux Législaives.
La fièvre de l’anniversaire de la « révolution des jasmins » a quelque peu été émoussée par une campagne des présidentielles à rebondissements. Les vannes semblent ouvertes pour un Béji Caïd Essebsi, patron de Nidaa Tounes, sorti victorieux des législatives. En effet, rebondissement de dernière minute, les islamistes d’Ennahda, arrivés en deuxième position aux législatives, ont fini par se départir de leur « neutralité » en n’apportant plus leur soutien au Président sortant Moncef Marzouki. Mettant ainsi un terme aux tergiversations qui avaient marqué leur approche entre les deux tours des présidentielles. Et apportant, sans aucun doute, un soutien franc à B.C Essebsi qui, en fin tacticien, a reporté la constitution du gouvernement à l’après Présidentielles. Autant dire qu’Ennahda qui a bataillé dur pour s’assurer d’un poste honorifique à la tête de la chambre des représentants, avec un succès des plus mitigés, a préféré préserver ses forces et voir venir. A charge pour le futur Président, et les jeux semblent faits aux yeux des observateurs, de les intégrer dans le jeu politique d’une façon ou d’une autre. D’ailleurs, le candidat de Nidaa Tounes n’a pas réussi à faire le plein des intentions de vote par l’appui franc qui lui a été exprimé par Rached Ghannouchi, mais aussi et surtout en bénéficiant aussi des voix du peuple de gauche regroupé autour de Hammami. En effet, le Front de gauche qui a maintenu le suspens jusqu’au bout a fini par faire grand cas de sa position. «Le Front populaire fera tout pour empêcher l’élection de Moncef Marzouki ». Tout en appelant ses militants à «voter massivement». Et si dans le décompte, les analystes font grand cas du vote islamiste, la consigne de Ghannouchi devant être respectée « religieusement » par les militants de base qui avaient exprimé, dans un premier temps, leur appui à M. Marzouki, il n’en reste pas moins que les voix du peuple de gauche ne sont pas à négliger. D’autant plus que c’est grâce à la mobilisation sans relâche du Front populaire que la Tunisie a fini par sortir, par le haut, d’un cafouillage politico-institutionnel qui menaçait la période de transition de sombrer dans le sang. Pour le Front populaire, l’heure est au décompte politique, Marzouki étant jugé responsable, au même titre que les islamistes d’Ennahda, de l’assassinat de leurs militants, dont les leaders Choukri Belaïd et Mohamed Brahmi. Car même ceux qui minorent le poids du peuple de gauche évaluent son envergure «votative» à quelque 200.000 voix. Au bas mot. D’ailleurs, il y a lieu de souligner qu’El Watad, principale composante du Front populaire, entend pousser BCE à honorer l’engagement dont il s’est fait fort : jeter toute la lumière sur les assassinats de C.Belaid et M. Brahmi.

Frustrations multiples

Si une demande s’était exprimée quant à l’opportunité de l’organisation d’un débat télévisé entre M. Marzouki et B.C Essebssi susceptible de clarifier les enjeux d’une telle élection capitale pour la Tunisie, rien de cela n’a été fait. Tout au plus s’est-on contenté, de part et d’autre, de sacrifier au jeu d’interviews télévisées «assommantes» pour le commun des mortels. Pourtant, la Tunisie, pays jeune par excellence, semble avoir mis son sort entre les mains d’un « dinosaure » politique, BCE ayant dépassé le cap des 80 ans ne semble pas avoir les reins solides pour conjurer tous les mauvais sorts dont pâtit son pays. Chômage endémique parmi les jeunes (30% de la force du travail vivote au jour le jour), économie en pleine déliquescence, captage des IDE des plus faibles, système éducatif à la traîne… Mais le pire est que la Tunisie doit aussi faire face à ses démons : les jihadistes qui ont défrayé la chronique dans le pays. Comme à un voisinage des plus chaotiques. L’instabilité de la Libye représente une réelle menace pour une Tunisie qui peine à se redresser depuis 2011, année durant laquelle le système Ben Ali s’est effondré. On comprend dès lors la raison pour laquelle le candidat de Nidaa Tounes fait grand cas de la réhabilitation de l’Etat et de sa force. BCE qui a déjà été aux fourneaux sous Bourguiba entend redonner à la Tunisie la normalité qu’elle semble avoir perdu depuis la « Révolution du Jasmin ». Mais quid de l’enjeu des présidentielles lorsqu’on sait que le poste tant convoité est loin de doter son heureux détenteur d’un quelconque Sésame. En effet, La nouvelle constitution tunisienne est de type hybride. Elle n’est ni tout à fait présidentielle, ni tout à fait parlementaire. Si le président de la République est élu au suffrage universel ce qui est de l’ordre du présidentialisme, ce n’est pas à lui de nommer le premier ministre. Ce dernier est désigné par le chef du parti dominant à la chambre des députés, ce qui renvoie au parlementarisme. Ainsi, au-delà de l’autorité morale réelle dont disposera le Président, élu au suffrage universel, le chef de l’Etat ne disposera que de « prérogatives limitées » aux affaires étrangères et à la défense nationale. Certes, cela n’est pas négligeable, mais on est ainsi assez éloignés des taches dévolues à un Chef d’Etat dans un régime présidentiel. A cela s’ajoute le fait que parmi les attributions directes du Président ne figurent nullement la conduite de la politique économique, la santé, l’éducation, l’équipement, l’énergie, les affaires sociales, l’industrie, le commerce, etc.
L’enjeu est donc immense pour la Tunisie à la rcherche d’une normalisation après des années de vaches maigres. Reste à savoir si BCE auquel colle à la peau l’étiquette de « l’ancien régime » réussira à garantir une réelle transition politique dans ce pays. En tout cas, la demande démocratique reste aussi grande que l’aspiration à une nouvelle dynamique socio-économique.

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