Prix du Pétrole : Légère hausse avant la… baisse ?

0
Après un an d’âpres négociations et de rebondissements, l’OPEP est parvenu à un accord pour baisser sa production de 1,17 million de barils par jour. Même si l’Arabie saoudite se disait encore prête à attendre que le marché s’équilibre de lui-même, elle a finalement accepté de réduire sa production d’un peu moins de 0,5 million de barils par jour. L’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats Arabes Unis vont supporter près de 65% de la baisse globale. Le quatrième contributeur de la baisse de production de l’OPEP est l’Irak. Après plusieurs années sans contrainte, l’Irak devra réduire sa production de 210 000 barils par jour. Cette baisse demandée à l’Irak est une petite surprise. Ce dernier demandait à ce qu’il soit épargné de l’effort collectif. Logiquement, la Libye et le Nigéria empêtrés dans des conflits internes n’auront pas à baisser leur production. L’Iran a obtenu le droit d’augmenter légèrement sa production de 90 000 barils par jour. Les autres membres de l’OPEP (Algérie, Angola, Venezuela, Équateur, Qatar, Gabon) devront réduire leur production respective de 4,5%. L’Indonésie qui n’avait pas souhaité amputer sa production, se retrouve exclue (temporairement ou définitivement ?) de l’OPEP. Pendant plusieurs jours, le marché suivait de près les tractations entre producteurs et les cours du brut étaient très volatiles. Avec l’annonce de l’accord, le prix du pétrole a augmenté de 4 dollars par baril. Mais il est peu probable que l’accord parvienne à faire augmenter les prix du pétrole durablement. Tout d’abord, même si les quotas sont scrupuleusement respectés, la production globale de l’OPEP (en excluant l’Indonésie et le Gabon) sur le premier semestre 2017 restera élevée relativement aux années précédentes. Prévue initialement sur les six premiers mois de 2017, la réduction de la production signée doit ramener la production de l’OPEP (hors Indonésie et Gabon) à 31,7 millions de barils par jour, soit près de 300 000 barils par jour de plus que la production moyenne de l’OPEP en 2015. De plus, comme par le passé, il est peu probable que les pays signataires de l’accord respectent leurs quotas respectifs. Si on peut supposer que l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe joueront partiellement le jeu en début d’année 2017, il est vraisemblable que les autres petits producteurs soient tentés de continuer à pomper le brut autant qu’ils peuvent, surtout si le cours du pétrole augmente un peu. La prochaine réunion de l’OPEP, prévue en mai prochain, devrait être tout aussi intéressante que la dernière. Un bilan des productions des pays membres sur le premier semestre 2017 devrait être dressé. Les mauvais élèves seront alors sans doute montrés du doigt…

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus