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Programme électoral du PJD : Lorsque les islamistes avancent à tatons

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Lundi, le Chef du gouvernement s’est livré lui-même à l’exercice périlleux de présentation du programme électoral de son parti. Cette fois-ci, il a opté pour une approche réaliste plutôt que des promesses fracassantes. S’appuyant sur son bilan, qu’il juge très positif, Benkirane a dit que ce programme a été élaboré partant des difficultés et contraintes de gestion durant la législature finissante. Axé sur la poursuite de la « réforme », la promotion du modèle marocain de développement, ce programme prévoit la poursuite du démantèlement des subventions, mais également des cadeaux au Patronat.
Le Chef du gouvernement a continué à surfer sur la vague de la manipulation des masses en rappelant que son programme tire ses référents de l’Islam modéré et ouvert. Une affirmation qui ne change pas grand-chose quand on commence à parler d’indicateurs de croissance et développement. Le PJD a choisi de ne pas s’aventurer à fixer des chiffres, mais plus à décliner des scénarios qui vont d’optimiste à pessimiste en passent par le moyen. Contrairement aux autres partis qui ont promis presque tous une croissance de plus de 5 %, le parti de la lampe a précisé qu’un tel taux ne serait possible que dans l’hypothèse d’un baril à 40 dollars et une pluviométrie au rendez-vous (90 MQX). Si jamais ces deux hypothèses se réalisent le parti promet une croissance oscillant entre 5,5 et 6,5 %, un déficit public à moins 3%, un taux d’inflation maîtrisée à 1% et une dette du trésor à moins de 55% du PIB. En cas d’une fourchette moyenne (baril à 50 dollars et pluviométrie moyenne avec une moisson de 70 MQX), la croissance serait de 4 à 5,5%, le déficit à 3% du PIB, l’inflation à 2% et le ratio de la dette à 61%. Et pour le pire des scénarios, c’est-à-dire avec un baril à 65 dollars, une récolte céréalière de 50 MQX, la croissance ne serait plus que 3 à 4 %, le déficit public grimperait à 4%, l’inflation serait à 3% et la dette augmenterait à 65% du PIB. Question : pourquoi n’a-t-il pas réalisé de telles performances (3 % de croissance, maîtrise de l’inflation et de la dette au-dessous des plafonds précités) avec un baril avoisinant les 44 dollars et une campagne céréalière moyenne ? A. Benkirane a essayé de répondre en indiquant que l’économie nationale reste exposée à des chocs exogènes qui risquent d’impacter ses taux de croissance. Dès lors, le PJD a emboité le pas aux autres formations politiques (RNI et PAM) qui se sont engagés à mettre en place un nouveau modèle de croissance. Le PJD à lui aussi proposé un modèle basé sur l’offre, la recherche de nouvelles sources de croissance, entre autres l’industrialisation et la promotion des exportations, et la promotion de la compétitivité des entreprises.
Le programme dégage quatre grandes orientations, à savoir l’appui à la transformation structurelle de l’économie, le soutien aux exportations, l’amélioration de l’accès au foncier et l’appui au développement durable. Mais, concrètement, le programme du PJD n’a pas apporté du nouveau sur ce plan. Sur le comment de la chose, il propose tout simplement de continuer sur la lancée du Plan d’accélération industrielle en y ajoutant des « mesures en faveur de la gouvernance »… La plupart des mesures en liaison avec le secteur industriel ont été déjà lancées, notamment la charte de l’investissement et la libération de l’accès au foncier. Autrement, le reste des 310 mesures capables, selon les concepteurs de ce programme d’aboutir à un nouveau modèle économique, énoncent des généralités du genre intégration du secteur informel, lutte contre la rente et incitations fiscales aux secteurs à productivité élevée… Pour le reste, le PJD s’engage, au cas où il rempilerait, à poursuivre la politique (du RNI) de maîtrise des équilibres macro-économiques, avec une réduction continue du déficit budgétaire par exemple.
Les frères ont, cette fois, décidé d’accorder de l’attention au secteur touristique qui est resté durant tout le mandat le parent pauvre de leur politique économique. Augmentation du financement pour soutenir la compétitivité et promouvoir le secteur à l’échelle mondiale, révision du régime fiscal au profit des entreprises du secteur et renforcement de la subvention des lignes aériennes internes, telles sont les principaux engagements à ce niveau.
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