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Le puzzle de la résilience

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Le poids des changements climatiques pèse lourdement sur l’agriculture et le monde rural. Durant cette campagne, le déficit hydrique estimé à plus de 50%, met à rude épreuve les nerfs de la population comme des décideurs. Car la contribution des activités agricoles dans la formation du PIB n’est pas à minorer. Certes, du côté des décideurs, on tente de minimiser la puissance de l’impact d’une année de « vaches maigres ». En soulignant, à grand trait, que la baisse prévisible du PIBA aurait moins d’incidences sur la croissance évaluée entre 1 et 2% par les conjoncturistes de BAM et du HCP. Et en assurant que l’on n’est désormais plus en présence des « ordres de grandeur » aussi forts qu’il y a dix ans lorsque le PIB s’effondrait face à une mauvaise année agricole (la baisse pouvant avoisiner les 30%). On invoque la reconversion d’un million d’hectares naguère occupés par la céréaliculture vers l’arboriculture qui ne fait pas l’économie des cultures intercalaires. Une reconversion qui serait déjà opérationnelle à un tiers, soit 300.000 hectares en tout et pour tout. Comme on fait grand cas des lourds investissements consentis dans les réalisations hydro-agricoles et des subventions accordées aux agriculteurs pour favoriser l’adoption de la micro-irrigation à grande échelle. N’empêche, les acquis qui peuvent permettre de voir le verre à moitié plein sont aussi contrebalancés par les défaillances qui poussent à voir le verre à moitié vide. Car il faut davantage pour assurer l’essor du monde rural où l’agriculture vivrière fait office de l’alpha et de l’oméga de la vie. Et ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Aziz Akhennouch, en charge du pilotage du Plan Maroc Vert (jusqu’à ce qu’il décroche de la politique, comme il l’a laissé entendre), annonce qu’il faut plus de moyens financiers pour assurer le rééquilibrage nécessaire au Pilier 2 de la stratégie agricole… Autant dire que le petit fellah a raison de revendiquer plus pour intégrer le circuit de l’économie par la grande porte. Et ne plus se contenter des ouvertures « solidaires » qui, malgré leur importance vitale, lui permettent juste de respirer. La demande est donc grande et c’est même de sa prise en charge que dépendra, in fine, la réussite du PMV. Car si le pays a besoin de grands latifundiaires pour tirer l’agriculture vers le haut, avec les exigences d’une économie verte éminemment éco-responsable, il n’en reste pas moins que la pertinence même de l’approche durable ne saurait s’exprimer au mieux que si l’inclusion des paysans défavorisés est réalisée. C’est de la sorte que la paysannerie marocaine pourra marcher, enfin, sur ses deux pieds et voir venir.
Les chiffres sont là pour indiquer la voie à suivre pour assurer un développement équilibré et articulé autour de la notion du territoire. Si la moitié de la population légale est assimilée au rural (et elle représentait hier encore 70%), c’est qu’elle n’est plus épargnée par le phénomène migratoire au risque de voir des régions entières se transformer en déserts. Une économie inclusive dépasse, dès lors, le seul cadre de l’agriculture pour exiger davantage. Surtout lorsqu’on sait que l’attrait de la littoralisation est si fort que l’on pronostique déjà un surpeuplement le long des façades maritimes. Avec ce que cela impose comme pressions… Voire explosions.
La résilience de l’agriculture, thème choisi pour cette édition du SIAM, ne doit pas occulter la dimension plus large de la résilience du modèle socio-économique dans son ensemble. Si elle en fait partie, elle n’est qu’un élément dans tout un puzzle à construire… Et le mieux consiste en un raisonnement dans la durée.
 
 
 
 
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