viagra generaliste ordonnance cialis 20mg pill achat cialis generique en ligne achat cialis 20mg site sur viagra en ligne belgique kamagra 100mg tablets paris levitra bayer 20mg preis ou acheter cialis generique en pharmacie viagra 100 mg prix en pharmacie cialis acheter 20 mg

Quand la Libye s’enrhume, le Sahel tousse

Cette métaphore gaulliste à propos du Liban et du monde arabe vaut pour la Libye et son environnement stratégique (l’Afrique du Nord). Ainsi, pour comprendre le rôle et l’influence de la Libye dans l’insécurité et l’instabilité du Sahel, il faut revenir à l’histoire des interdépendances sociétales et les interactions religieuses anciennes entre la Libye et ce vaste territoire saharien à qui on peut ajouter une partie du désert égyptien et le Darfour soudanais. 

0
Quand la Libye s’enrhume, le Sahel tousse

Rappelons que Libye était le nom grec donné à l’Afrique toute entière. Il s’appliquait surtout au pays situé à l’ouest de l’Égypte (le désert de Barca, la Tripolitaine, le Kordofan et le Darfour etc.). Plus tard, on nomma Libye intérieure, les contrées au sud de l’Atlas (Maroc méridionall et Sahara). D’autres appellations sont aussi utilisées comme Libye intérieure et Libye extérieure.  Cependant, l’État contemporain qui porte le nom de Libye, correspond officiellement au territoire qui au fil des siècles est formé par la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan. Ces trois composantes forment l’espace géographique, politique et humain, de l’actuel État de Libye.

L’importance du facteur religieux 

A partir du 18e siècle, un premier sentiment régional va apparaître sous l’influence de la confrérie Senoussia dont le fondateur est le chérif idrisside Mohammed Ibn Ali Senoussi. Le mouvement va s’étendre dans les contrées du Fezzan, du Darfour, de l’Ennedi, du Tibesti, de l’Ahaggar, de la Tamesna et de l’Aïr. Il s’est manifesté avec force grâce au dynamisme et à l’influence des oulémas de la confrérie (érudits). 

Il est à noter qu’il y a plus de 13 siècles que l’Islam a pénétré en Libye après une opération de conquête rapide menée par les troupes d’Amr Ibn Al’as, chef militaire et premier fondateur du service de renseignements du prophète Mohamed, célèbre sous le nom de « Diwan Al Qufat »,« l’Office des Pisteurs ». Après avoir soumis l’Égypte en 640  et occupé la Cyrénaïque pour le compte du Calife Omar, cette action éclair menée par les Arabes venus d’Arabie va se poursuivre jusqu’à l’Atlantique en occupant les ouattas (plaines) berbères en Tripolitaine. La Libye, dont la majorité du territoire est désertique, était habitée avant la conquête arabe par trois grandes fédérations berbères d’origines différentes, les Zénètes, les Sanhadjas et les Masmoudas (voir les écrits de l’anthropologue Chekib Abdessalam, Éditions Alfabarre et Éd. L’harmattan). Islamisées et arabisées, ces grandes confédérations tribales ont tissé des alliances avec les dynasties Aghlabites, Fatimides (9e siècle), Zirides (10e siècle),  et Hafsides (15e), mais surtout avec les grandes dynasties d’origine sahélo-saharienne  comme les Almoravides, les Saadiens ou encore les Alaouites. 

En dehors des Normands de Sicile et des Espagnols durant quelques années au milieu du 12e siècle, aucune puissance maritime européenne n’a pu prendre pied dans ce territoire hostile. Plus tard, d’autres alliances limitées vont se nouer avec les Ottomans sur le littoral méditerranéen à cause de leur maîtrise de la guerre maritime afin de contrecarrer les convoitises européennes. 

 C’est durant la régence des Caramanlis de Tripoli (1711-1835), que l’on assiste à l’apparition de la tariqa senoussiya idrisside qui va fortement s’implanter jusque dans les oasis du grand Sahara, laissant le littoral aux Ottomans. Cette confrérie va donner naissance à la dynastie des Senoussi qui, après deux siècles et demi de résistance et de prosélytisme, va accéder au trône de Libye  à l’occasion de son indépendance en 1951, date à laquelle le conseil de sécurité de l’ONU, et, grâce à la voix d’une petite république latino-américaine, Haïti en l’occurrence, à l’époque membre du Conseil, va voter l’intégration du Fezzan, de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque dans la Libye actuelle. 

Cette confrérie inspirée du soufisme maghrébin va aussi subir l’influence du wahhabisme lors du passage de son fondateur à la Mecque. Elle va consolider avec une vigueur croissante l’entité libyenne et sa vocation sahélo-saharienne. 

Rappelons aussi que les Ottomans ont instrumentalisé cette confrérie pendant la première guerre mondiale en contrepartie de la création d’un grand califat au Maghreb de Carthage au Caire en vue de mener la guerre contre les infidèles et leurs alliés. Mais ce projet turc a été étouffé par les alliés occidentaux de l’époque, la Grande Bretagne en tête. 

Particularisme libyen et influence au Sahel

Après ce bref aperçu historique, il ne faudrait pas sous-estimer l’originalité de la Libye, de ses tribus et de sa confrérie. Les libyens forment un peuple aux racines maghrébines et sahéliennes. Son ancrage est important dans les cinq pays membres du G5 Sahel et bien au-delà, même s’il ne s’est manifesté que comme une province au sein des grands empires musulmans. 

Il est important de décoder l’histoire de la Libye depuis les Grecs et les Phéniciens, en passant par les Romains et autres Carthaginois, pour confirmer que ce petit peuple de 7 millions d’habitants possède des particularités vivaces et des ramifications bien au-delà de l’Afrique centrale. Les deux grandes tribus Ouled Sliman basées à Coufra, dans le Fezzan, ont fait et défait plusieurs Présidents au Tchad, au Soudan, en Afrique centrale et au Niger. L’autre grande tribu, les Ouarfalla, est une autre force de frappe politique et sociale dans tous les pays du Sahel, y compris le Mali, la Mauritanie, le Tchad. 

Les montagnes appelées Jebel Lakhdar (Montagne verte) de Cyrénaïque et le Jebel Neffoussa, ont toujours servi de remparts et de fief pour la Zaouiya Senoussia qui a soudé tout le peuple libyen et sahélo-saharien, malgré les divergences religieuses, notamment entre la minorité Kharijite ibadite et les autres confréries telles que la Kadiriya et les différents courants soufis. Le secret du particularisme tribal libyen réside dans l’expansionnisme de cette zaouiya qui voit dans le Sahara un refuge à la fois politique et militaire. D’ailleurs, la tribu Ouled Sliman, les Ouarfella, les Touaregs des Kel Ajjers, de l’Akakous et de Ghadames et les Toubous du Fezzan ont prêté main forte à l’influence politique de la Jamahiriya à l’époque de Kadhafi.  Rappelons qu’il est notable que les tueurs du père Charles de Foucault sont des Touaregs de la tribu des Aït Loayen de l’Est de l’Ahaggar, affiliés à la confrérie senoussie. 

Ces tribus ont toujours vécu du nomadisme et du commerce caravanier trans-saharien et trans-sahélien, socle de leur civilisation qui a toujours  favorisé leur coexistence et leur métissage avec les autres peuples africains. À titre d’exemple, les Touaregs sillonnaient le Sahel de la Mauritanie au Darfour et de la Méditerranée à l’Afrique subsaharienne. Ces relations historiques expliquent l’engagement de l’Etat libyen moderne dans le Sahara et dans les profondeurs de l’Afrique à telle enseigne que le Colonel Kadhafi s’est auto-proclamé « Roi des rois » des tribus africaines en réutilisant les réseaux préexistants de la confrérie. 

Chute de la monarchie senoussite et déclin tribal

 Après le coup d’État de Kadhafi en 1969, grâce aux renseignements du Raïss égyptien de l’époque, Gamal Abdel Nasser, le nouveau pouvoir va s’appuyer au début sur les tribus, surtout celle des Ouarfallas. Kadhafi va réorganiser le territoire en favorisant sa propre tribu, les Kdadfas, et leurs cousins, les Megarhas. Cette manœuvre va vite s’avérer dangereuse pour le Colonel qui, pour consolider son pouvoir, a choisi de miser sur sa propre famille en créant des unités militaires indépendantes dotées d’un armement sophistiqué et sur un ensemble de mercenaires venus de tout le Sahara et d’ailleurs. 

Grâce à la manne pétrolière, Kadhafi va renouer avec les conflits extérieurs, surtout avec les membres de l’Alliance atlantique et les pays arabes modérés. Toutefois, sur le plan interne, il va progressivement liquider ses compagnons les « officiers libres » et museler toutes les oppositions religieuses et laïques. 

Kadhafi sera déstabilisé en 2011 pour des raisons essentiellement religieuses et tribales (distribution inéquitable de la rente pétrolière), sans oublier ses mésaventures à l’international (attentats, prises d’otages, concurrence économique et financière, politique africaine etc.) et l’effervescence du printemps arabe. Les grandes tribus, avec l’assentiment de la confrérie Senoussia, ont réclamé son départ et sa destitution en donnant le pouvoir à leurs adversaires idéologiques, les Frères musulmans et les wahabites. Les brigades de Kadhafi constituées de mercenaires et commandées par ses propres enfants ont connu un échec sanglant dans le rétablissement de l’ordre. 

Plusieurs acteurs nouveaux sont alors entrés en scène avec le soutien des puissances étrangères. L’islam politique, incarné par les Frères musulmans et les wahabites vont transcender les confréries soufies en utilisant les mêmes réseaux, mais pas la même doctrine. Plusieurs marabouts et chefs religieux furent décapités et leurs mosquées et mausolées détruits par les salafistes de Ansar Achariaa, comme ce fut le cas plus tard à Tombouctou. 

Défis et menaces sécuritaires

Les récents bouleversements politiques en Libye et au Mali ont accentué l’insécurité multidimensionnelle des populations vivant dans l’espace sahélo-saharien. Ils ont aussi mis en relief la fragilité des États et la nécessité d’une stratégie globale entre le Maghreb, l’ONU et le G5 Sahel pour affronter les menaces en commun. Depuis la disparition de Kadhafi, l’espace sahélo-saharien désigne la Libye comme le facteur déterminant à l’origine de l’insécurité régionale. La nouvelle configuration religieuse (salafisme) a reconstitué de nouveaux réseaux sur le modèle de ceux de la confrérie senoussiya réactivés par les réseaux terroristes transfrontaliers durant le règne de Kadhafi. 

La trajectoire libyenne a pris une direction dangereuse incarnée par la multiplication des groupes armés (2.500 milices en présence), la prolifération des armes (40 millions de pièces recensées), l’échec de la transition politique et l’inefficacité des structures étatiques déjà fragiles du temps de la dictature. L’intervention massive du facteur étranger (Wagner, Nouveaux Janissaires venus de Syrie, Black Water, etc) a pris de l’ampleur au regard du nombre des effectifs engagés estimés à 40.000 mercenaires. Ces facteurs ont transformé le Sahel en un refuge régional, voire international, pour les courants takfiristes et djihadistes (Daech, Al-Qaida et leurs filiales). 

Face à cette situation chaotique, la Libye et le Sahel ont connu une deuxième guerre civile de faible intensité mettant en exergue le courant des Frères musulmans, soutenu par la Turquie et le Qatar basés essentiellement en Tripolitaine, et les wahhabites, appuyés par les Émirats Arabes Unis (EAU), l’Arabie Saoudite, l’Egypte, le Soudan et la Russie. L’internationalisation de la guerre civile libyenne a débouché sur des défis considérables en termes de sécurité et de menace pour la Libye et la région sahélo-saharienne. L’internationalisation de la crise libyenne a eu un impact sur le Grand Sahara et ses conséquences ont touché l’Afrique centrale (Cameroun, la RCA et le Soudan) et le Maghreb. À cela s’ajoutent la pauvreté, le changement climatique, la croissance démographique, la corruption, les trafics illicites, l’émigration clandestine, etc. 

Communauté de destin

Malgré les efforts de l’ONU menés pour favoriser une solution politique entre les fractions rivales représentant les trois régions, la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan, on pense que la capacité de l’organisation onusienne et des institutions transitoires libyennes pour contrer les défis de sécurité demeurent toujours insuffisantes. La présence de dizaines de milliers de mercenaires et de centaines de milices continue à favoriser la fragmentation des institutions étatiques, particulièrement celles dites souveraines et/ou sensibles. Ce qui démontre que les enjeux restent entre les mains des puissances extérieures n’ayant pas encore trouvé de solution à leurs intérêts contradictoires. 

Pour répondre à ces défis, il est essentiel de réussir l’action de l’ONU dans le cadre de la préparation des élections présidentielles et législatives prévues pour le 20 décembre prochain. On ne peut envisager un retour  de la normalité sans que ne soient exercées d’importantes pressions sur les différents groupes et leurs mentors en compétition dans la crise libyenne. Il s’agit d’un préalable à la reprise du dialogue sécuritaire dans ses composantes  sahélo-sahariennes. 

Le Sahel et le Nord du Mali en particulier ont été les premières victimes du chaos post-Kadhafi. A cet effet, la Libye demeure un facteur d’instabilité et reste l’épicentre des défis et des menaces sécuritaires pour les responsables de l’organisation panafricaine (UA). Cette inquiétude s’est exprimée lors du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. La question de l’impact de la Libye sur la sécurité de l’Afrique de l’Ouest ne sera pas résolue sans que les protagonistes libyens et leurs soutiens étrangers ne se mettent d’accord sur une solution politique garantissant l’unité du pays, la réunification des institutions souveraines, notamment l’armée nationale et les services de renseignement. 

De nombreux observateurs sont pessimistes car le Conseil d’Etat et le Premier ministre, élus sous les auspices des Nations Unies à Genève, seraient incapables d’honorer leurs engagements pour une période transitoire qui déboucherait sur des élections présidentielles et législatives à la date fixée. La raison principale en est que ces acteurs ne disposent d’aucune force leur permettant d’imposer leurs objectifs et d’arriver à un consensus mutuellement acceptable. 

Ainsi, la crise dans ce pays qui est à l’origine du terrorisme au Sahel, voire au Maghreb, persistera le temps que les conditions objectives d’une véritable réconciliation nationale, solide et fiable, soient réunies. L’envoi de troupes au Sahel aurait des résultats mitigés, assurent plusieurs spécialistes militaires. Ces derniers insistent  sur le fait qu’il n’y aura pas de solution pérenne dans la région sans la réunification de Tripoli et la démilitarisation de Benghazi et du Fezzan. De leur côté, les pays du G5 Sahel, récemment réunis à N’djamena, indiquent que le leitmotiv de l’insécurité dans le Sahel continuera à sévir tant que le problème libyen restera sans solution. Les efforts militaires menés par l’ONU, les Occidentaux et le Maghreb au Sahel resteraient vains. Enfin, dans cette bande sahélo-saharienne, la Libye est devenue un non-Etat, comme le montrent des villes entières tombées entre les mains des salafistes. 

Incertitudes

Tant que l’anarchie et le désordre dans ce pays et que l’Islam politique (Frères musulmans et wahhabites) qui a transcendé l’islam traditionnel incarné par les zaouias soufies, persistent, il ne faut pas s’attendre à un changement radical de la situation sécuritaire dans la région et au-delà de cette « zone grise ». Le revers  clairement exprimé au niveau de l’U.A indiquant qu’il est impossible d’organiser des élections générales dans ce pays sans avoir préalablement réconcilié les deux armées, sous un seul commandement, ainsi que les citoyens libyens en les associant à l’élaboration de leur avenir dans un cadre démocratique, avec un projet de société inclusif et sans ingérence étrangère. 

Rappelons que des élections générales en Libye avaient déjà été envisagées en 2018 dans un contexte de guerre civile, comme aujourd’hui (milices non démobilisées et incrustation de mercenaires), ce qui reste un défi quasiment insurmontable. Le Maghreb comme le Sahel n’en finissent pas de subir les conséquences d’un tel tremblement de terre géopolitique qui a bouleversé l’espace maghrébo-sahélien et dont les secousses sont ressenties jusqu’au-delà de l’Afrique centrale. Les fragilités socio-politiques et sécuritaires peuvent faire tâche d’huile et impacter l’Europe d’un risque sécuritaire supplémentaire.   

 

Pr Abderrahmane Mekkaoui
politologue

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus

J'ai commencé à avoir des crises de migraine systématiques, alors je me suis rendu à la pharmacie www.europeangeneric.com pour obtenir des médicaments contre le vasospasme cérébral. Les maux de tête s'accompagnaient de fréquentes nausées, de douleurs musculaires, de troubles de la vue, de dépression, de vomissements et de troubles de la coordination des mouvements. Des analgésiques et des médicaments non stéroïdiens bien choisis ont permis de soulager rapidement les symptômes de la migraine et de réduire le risque de complications telles que les crises, les accidents vasculaires cérébraux et les gonflements du cerveau.