R.T Erdogan s’en prend aux Pays-Bas: Et s’attire l’ire de Berlin et Copenhague

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Entre Ankara et La Haye, le torchon brule depuis que les Néerlandais ont refusé l’atterrissage de l’avion transportant le ministre turc des Affaires étrangères et reconduit à la frontière allemande la ministre turque de la Famille et des affaires sociales, mandatés par le gouvernement turc pour mener campagne pour le référendum du 16 avril par lequel le président Recep Tayyip Erdogan entend étendre ses pouvoirs. Cela a suffi pour que le chef de l’Etat turc sorte l’artillerie lourde en accusant les Pays-Bas d’être une « République bananière » et d’avoir des pratiques rappelant le « fascisme et le nazisme ». Une manifestation pro-Erdogan à Rotterdam a dû être dispersée de manière musclée par la police.
Le gouvernement batave qui avait émis ses réserves face au déplacement des responsables turcs en faisant état de problèmes sécuritaires récuse désormais l’idée d’une campagne turque s’adressant à des résidents néerlandais et le Premier ministre a rejeté toutes les demandes d’excuses formulées par Recep Tayyip Erdogan, estimant que ses ministres avaient eu un comportement inacceptable.
Outre les Pays-Bas, l’interdiction de campagne pour les membres du gouvernement turc a été d’actualité aussi bien en Allemagne qu’au Danemark. Le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, a estimé qu’une campagne électorale turque n’avait rien à faire en Allemagne et que les ministres turcs n’étaient pas les bienvenus.
Quant au Danemark, plus diplomate dans la forme, le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen a « proposé » à son homlogue turc de reporter sa visite en raison des attaques à l’encontre des Pays-Bas.
Les dirigeants turcs affirment être dans leur bon droit lorsqu’ils insistent pour s’adresser aux quelque trois millions d’électeurs de l’étranger dans les pays où ils se trouvent. Surtout, ils estiment – à raison – que les interdictions et les annulations sont impopulaires chez les Turcs, et qu’elles jouent donc en faveur du « oui ».
La presse turque ce matin est quasi unanime pour dénoncer La Haye et les Européens. Pas moins de huit journaux reprennent en Une cette menace de Tayyip Erdogan : « Ils en paieront le prix ».

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