Referendum en Italie : M. Renzi joue à pile ou face !

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L’Italie est suspendue au référendum constitutionnel du 4 décembre prochain qui propose de réformer le Sénat et de simplifier le processus législatif. La grande appréhension est liée au « non » qui pourrait surprendre Matteo Renzi et affaiblir son gouvernement qui assimile déjà ce scrutin à un vote de confiance envers le chef du gouvernement. Le pari paraît, à bien des égards, risqué politiquement. Surtout que la situation économique n’est pas de tout repos.
Si le « non » l’emporte, la péninsule replongerait alors dans l’instabilité politique, elle qui a déjà connu 67 gouvernements en 70 ans… Un chaos qui ferait le bonheur du Mouvement 5 étoiles (M5S) déjà donné favori lors des prochaines élections. Mouvement eurosceptique par excellence. Les milieux financiers croisent les doigts et attendent pour voir… Une défiance de Renzi pouvant signifier, à terme, le démarrage d’un processus de désintégration européenne. Voilà pourquoi aussi bien Barack Obama qu’Angela Merkel ont soutenu les réformes engagées par le gouvernement transalpin. La Commission européenne a renvoyé à l’après-scrutin son jugement, qui ne pourra qu’être sévère, sur le projet de budget italien 2017. La banque d’Italie a abandonné son devoir de réserve pour affirmer la nécessité de réformer le bicaméralisme parfait, comme le propose le référendum. La confindustria, le syndicat patronal, met en garde contre une chute du PIB de 1,7 % en cas de victoire du non. Des efforts qui risquent de se révéler contre-productifs. Alors qu’il avait été élu pour « envoyer à la casse la vieille politique », Matteo Renzi apparaît désormais comme le représentant de la grande finance, des institutions et des élites. De quoi donner du grain à moudre aux populistes.

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