Réforme des retraites : La majorité vote et l’opposition proteste !

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Le dossier de la réforme des retraites reste clivant. Même si la majorité a fait voter «son» projet, sauvant ainsi la CMR d’une banqueroute programmée, assurait-on, l’opposition n’en démord pas. Et le fait savoir en multipliant ses manifestations exprimant son ras-le-bol.
La Chambre des représentants a adopté, mercredi à la majorité, en plénière, le projet de loi 72-14 fixant la limite d’âge de retraite des fonctionnaires et agents d’État, des municipalités et des établissements publics affiliés au régime des pensions civiles.
Le projet adopté avec 70 voix (contre 35), fixe à 63 ans la limite d’âge de retraite avec une période de transition aux termes de laquelle l’âge de retraite est fixé à 60 ans pour les personnes nées avant 1957, 60 ans et six mois pour les personnes nées en 1957, 61 pour les natifs de 1958, 61 ans et 6 mois pour les personnes nées en 1959 et 62 pour le personnes nées en 1960 et 62 ans et 6 mois pour les personnes nées en 1961.
Le projet maintient l’âge de retraite à 65 ans pour les enseignants chercheurs. Et fixe à 65 l’âge de départ à la retraite pour les fonctionnaires et agents nommés ambassadeurs tout en stipulant la possibilité de proroger de deux ans maximums renouvelable deux fois pour les enseignants chercheurs et une seule fois pour les adhérents du régime des pensions civiles par dahir pour les fonctions et agents nommés ambassadeurs.
Mohamed Moubdii, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration qui présentait le projet, a souligné que l’adoption de l’âge 63 ans pour le départ à la retraite n’entrera en vigueur qu’à partir de 2024, notant que les régimes de retraites au Maroc sont confrontés, à l’instar des autres pays du monde, à des contraintes qui impactent négativement leur pérennité et leur équilibre budgétaire et sont ainsi menacés de faillite. Ce projet ne constitue qu’une étape première et d’actualité à caractère urgent dans le cadre d’un processus de réforme des régimes de retraites, qui sera suivi d’une réforme globale à travers l’unification des régimes de retraites en deux pôles, public et privé, a poursuivi le ministre. Il a ajouté que cette réforme s’articule autour des deux principes à savoir la préservation des acquis jusqu’à la date d’entrée en vigueur de la réforme et l’application graduelle et fluide de ses dispositions.
Si la majorité estime avoir remporté cette bataille le plus loyalement du monde, le vote faisant foi, il n’en reste pas moins que dans les rangs de l’opposition, la pilule paraît des plus difficiles à avaler. D’autant que pareil dossier mérite une approche consensuelle et, cela va sans dire, l’assentiment des partenaires sociaux qui ont mis à nu la logique du « passage en force » des réformes préconisées par le gouvernement sans égard pour « le dialogue social ». Le PAM qui s’oppose à la réforme n’a même pas jugé bon de voter une réforme qu’il entend réformer une fois aux affaires. En transitant vers la 2ème Chambre, le projet défendu par M. Moubdii ne manquera pas de s’attirer les foudres de l’opposition. A l’heure où les syndicats ne se lassent pas de faire entendre leurs voix depuis quelques semaines. A la veille du vote, nombre de militants et de fonctionnaires avaient pris part au sit-in organisé par la Fédération démocratique du travail (FDT) devant le Parlement pour protester contre les projets de loi relatifs à la réforme de la retraite. Au cours de ce sit-in décidé par la FDT et soutenu par la Fédération nationale de l’éducation (Orientation démocratique), les protestataires ont scandé des slogans dénonçant les projets de loi gouvernementaux relatifs à la réforme de la retraite approuvés par les deux chambres. Pour cette centrale syndicale, l’adoption de ces projets de loi fait partie des mesures prises par le gouvernement Benkirane qui applique, depuis son investiture, une politique ultralibérale pour contenter les institutions financières internationales. Parmi ces mesures qui pénalisent essentiellement les classes moyennes et populaires, on peut citer le démantèlement de la Caisse de compensation, la libéralisation des prix des carburants, le gel des salaires, l’augmentation des prix des produits de première nécessité et l’augmentation des impôts. A signaler dans ce même cadre que la Coordination nationale contre la réforme de la retraite a appelé les fonctionnaires à prendre part à la marche nationale organisée dimanche prochain à Rabat. Pour rappel, la réforme proposée par le gouvernement pour la CMR prévoit des mesures qui portent atteinte aux acquis des fonctionnaires dont le relèvement de l’âge minimum de départ à la retraite (63 ans), l’augmentation des cotisations et la baisse des pensions de retraite.

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