Réfugiés syrien : Amman a atteint «ses limites»

La Jordanie, qui accueille des centaines de milliers de réfugiés syriens, «a atteint ses limites», a déclaré le roi Abdallah II dans un entretien publié hier dans le quotidien Al Destour». Le Roi hachémite a souligné que «la Jordanie a une grande responsabilité quant aux réfugiés syriens dans la région. Cependant, nous avons atteint nos limites». Au yeux du mo-narque, «la Jordanie fait tout son possible pour aider les réfugiés, mais ce-la ne se fera aucunement aux dépens des Jordaniens et de leur sécurité».
Le royaume hachémite fait face à une arrivée massive de réfugiés depuis le déclenchement du conflit syrien en 2011. Selon l’ONU, le pays accueille quelque 630 000 Syriens enregistrés auprès du Haut-commissariat aux ré-fugiés (HCR), mais Amman les évalue à plus de 1,3 million. S’alarmant des «conséquences grandissantes de l’afflux de réfugiés syriens», le sou-verain a appelé «la communauté internationale à être (…) un partenaire à part entière pour partager cette responsabilité, car il s’agit (bien) d’une crise internationale». Et d’observer : «Malheureusement, (l’aide) que nous avons reçue de la communauté internationale n’a pour l’instant pas excédé 35% du coût de l’accueil des réfugiés. Le reste a été couvert par la Jordanie.»
La situation humanitaire est particulièrement préoccupante à la frontière jordanienne, où des dizaines de milliers de Syriens sont bloqués depuis le 21 juin, date d’un attentat-suicide qui a tué sept militaires. A la suite de cette attaque, Amman y a établi une «zone militaire fermée» et bloqué l’aide humanitaire. Le roi a affirmé dans l’interview que cette décision a été prise après des informations sur la présence d’éléments extrémistes parmi les réfugiés qui se pressaient dans cette zone désertique. «Notre sé-curité nationale demeure notre priorité», a assuré Abdallah II, ajoutant que son pays serait prêt à aider au transfert de ces réfugiés bloqués à la frontière vers «tout pays désireux de les accueillir». Depuis l’établissement de cette «zone militaire fermée», seule une «aide urgente» a pu être livrée le 4 août par des organismes de l’ONU.

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