Règlement du dossier saharien: Alors que la solution politique est privilégiée, le Polisario recourt aux menaces

Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu, mercredi, des consultations à huis clos sur la question du Sahara marocain, durant lesquelles les membres du Conseil ont réaffirmé leur plein soutien au processus politique mené sous les auspices exclusifs des Nations-Unies depuis 2007. Face à une telle réaffirmation, les séparatistes du Polisario ont opté, eux, pour la surenchère. En menaçant le Maroc de conclure des accords de défense mutuelle avec des Etats. 

0
Alors que la solution politique est privilégiée, le Polisario recourt aux menaces

L’agence MAP qui cite des sources diplomatiques bien informées signale que les membres du Conseil de sécurité qui reconfirment leur soutien au processus politique ont également réitéré leur appui au cycle des tables rondes,- auxquelles prennent par le Maroc,  l’Algérie,  la Mauritanie et le Front séparatiste du Polisario,- qui a créé un élan positif dans le processus onusien. Ils ont, de même, souligné que la reprise du processus des tables rondes devra se faire sur la base des progrès réalisés par l’ancien Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler.

A cette occasion, plusieurs pays ont soutenu l’initiative marocaine d’autonomie, dont le sérieux et la crédibilité ont été consacrés dans toutes les résolutions du Conseil de sécurité depuis sa présentation en 2007.

Par ailleurs, le calme régnant au Sahara marocain, comme en atteste le Secrétaire général de l’ONU dans son dernier rapport présenté au Conseil de sécurité, a été hautement salué lors de cette réunion, durant laquelle la sous-Secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique, Bintou Keïta, et le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Sahara, Colin Stewart, ont briefé le Conseil.

Durant ces consultations à huis clos, les membres du Conseil de sécurité ont, par ailleurs, exprimé leur grande préoccupation quant aux milliers de violations gravissimes par le Polisario du cessez-le-feu, des accords militaires et des résolutions du Conseil de sécurité, telles que répertoriées en détails dans le dernier rapport du Secrétaire général.

Les membres du Conseil se sont aussi félicités du rôle de la Minurso dans la supervision du cessez-le-feu, qui constitue son mandat principal, tel que souligné par le Secrétaire général dans son rapport.

Selon les même sources, plusieurs délégations ont déploré la situation lamentable prévalant dans les camps de Tindouf, en Algérie, où les populations séquestrées subissent les pires exactions et violations de leurs droits par le mouvement armé séparatiste , au vu et au su, et avec la connivence des autorités du pays hôte, l’Algérie, qui a illégalement démissionné de ses responsabilités de protection de ces populations, ce que le Secrétaire général de l’ONU et les organes onusiens des droits de l’Homme ont fermement dénoncé dans plusieurs de leurs rapports.

L’adoption de la résolution pour le renouvellement du mandat de la Minurso est prévue le 28 octobre. Dans son rapport au Conseil de sécurité, le Secrétaire général de l’ONU a recommandé son renouvellement pour une année.

Les séparatistes s’agitent

En parallèle, force est de souligner que le Polisario a choisi, lui, de recourir aux menaces contre le Maroc. Invité par une radio publique algérienne, Mohamed Salem Ould Salek, dit « ministre des Affaires étrangères », a annoncé que «face à l’obstruction marocaine et à l’incapacité de la MINURSO à imposer à l’occupation marocaine le respect de ses engagements signés dans le plan de règlement», son mouvement «recourra à l’usage du droit de légitime défense en concluant des accords de défense mutuelle, droit reconnu par le droit international et la charte fondatrice de l’union africaine», a-t-il relevé. «La RASD compte suffisamment de pays et de peuples amis pour conclure des accords de défense mutuelle, notamment au niveau de l’Afrique et ailleurs dans le monde», a-t-il ajouté. Le responsable n’a pas cité nommément les Etats que le Polisario veut impliquer dans une guerre contre le Maroc.

Pareille menace n’est pas fortuite puisqu’elle intervient au lendemain de l’appel lancé par le ministre sud-africain des Finances, ,Tito Mboweni le 11 octobre à des mouvements de libération de gauche au pouvoir dans des pays en Afrique, en Asie et d’Amérique centrale à prendre les armes pour venir en aide au Polisario. Et au moment où l’Algérie s’apprête à voter, par voix référendaire, une réforme constitutionnelle qui, dans sa dimension militaire, prête à controverse.

Le projet de nouvelle constitution voulu par le président Abdelmadjid Tebboune  tourne le dos à l’ancienne doctrine de l’Armée nationale populaire (ANP)en l’ autorisant, et c’est une première,  à mener des opérations au-delà des frontières des frontières nationales. La réforme propose en effet la «constitutionnalisation de la participation de l’Algérie à des opérations de maintien de la paix sous les auspices des Nations Unies» et la  «constitutionnalisation de la participation de l’Algérie à la restauration de la paix dans la région dans le cadre d’accords bilatéraux de pays concernés». Deux propositions maintenues dans la version finale adoptée par le conseil des ministres, du 6 septembre, présidé par le chef de l’Etat. 

La question qui se pose dès lors serait de savoir jusqu’où l’ANP, qui a déjà croisé le fer avec les FAR dans les provinces sahariennes, est disposée à soutenir les séparatistes ? L’affaire est suffisamment inquiétante pour ne pas alerter et le Maroc, pays qui a toujours dénoncé l’implication algérienne dans l’alimentation du séparatisme dans la région, en particulier dans le Sahara marocain, comme la communauté internationale. Un dossier à suivre!…

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus