The news is by your side.

Rentrée scolaire : Les CDD de l’improvisation

17
Gouverner c’est prévoir. L’affaire est entendue. Pourtant, il faut croire que le gouvernement sortant soumis à l’imprimatur du chef du gouvernement n’a pas pu voir venir le chaos qui marque la gestion de la rentrée scolaire de cette année. C’est la raison pour laquelle, après que les citoyens aient exprimé fortement leur colère contre des écoles sans enseignants, le gouvernement tout à l’évaluation de ses chances électorales, a fini par décider, sous injonction royale, le recrutement de 11.000 enseignants. L’urgence d’une telle décision est à la mesure du cafouillage constaté au niveau de divers établissements scolaires du primaire au secondaire. Déjà que l’école marocaine publique a mauvaise presse, comment oser parler d’une quelconque performance d’encadrement lorsque l’enseignant se retrouve face à une soixantaine d’élèves ? L’affaire est grave, à n’en point douter. Sauf pour ceux qui croient berner l’opinion quant à l’efficience du choix d’un recrutement, au pied levé, d’une fournée d’enseignants. Mal préparés pour la fonction, on doute fortement de la performance attendue de ces « bouche-trous » appelés à être formés sur le tas. Tel est le coût de la gestion gouvernementale d’un secteur stratégique marqué du sceau de l’improvisation.
Accord a donc été donné aux 12 académies régionales pour lancer une opération de recrutement d’urgence portant sur total de 11.000 enseignants. Sauf qu’il y a un hic que les syndicats avaient très tôt fait de mettre en relief : lesdits recrutements se feront sur CDD qui, deux ans après, pourraient se transformer en CDI.
On souligne que le concours auquel seront soumis les candidats aura lieu les 25 et 26 novembre, aux mêmes heures, pour toutes les académies. Si le gouvernement peut conclure des CDD, laisse-t-on entendre, c’est parce qu’il est passé par le biais des académies régionales d’enseignement et de formation (AREF) qui ont le statut d’établissements publics. Une première !
Ce choix qui ne fait pas l’objet d’une communication officielle, est accueilli avec réserve, voire rejeté par plusieurs intervenants tels que des syndicats ou les coordinations de futurs enseignants. Ces dernières, pour rappel, n’ont eu cesse de battre le pavé, même au prix de charges sanglantes des forces de l’ordre, pour intégrer le statut de la fonction publique que le gouvernement ne semble point tolérer au motif que le Mammouth, à la diète, est encore monstrueusement gros. Alors, au diable l’encadrement de l’école et tout ce qui s’ensuit ! De quoi ouvrir un boulevard pour le privé qui ne fait que dépouiller davantage ceux qui tombent dans son filet.
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :