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Répression en Arabie: Les ONG s’inquiètent

Le tour de vis répressif mené la semaine dernière par Riyad contre de nombreux militants saoudiens des droits de l’homme jette le discrédit sur les réformes engagées par le prince héritier Mohammed Ben Salmane, qui prétend donner une image plus moderne au royaume saoudien. Des ONG de défense des droits humains s’inquiètent des mesures disproportionnées prises par les autorités saoudiennes contre des activistes pacifiques. Amnesty International a fait savoir qu’un autre militant des droits de l’homme vient de rejoindre la liste des activistes interpellés. Il s’agit de Mohammed Al Bajadi, cofondateur de l’Association pour les droits civils et politiques (Acpra), un des rares groupes de défense des droits de l’homme indépendants en Arabie Saoudite.

Amnesty International soutient que cette interpellation «montre que les autorités saoudiennes poursuivent leur répression contre les défenseurs des droits de l’homme». M. Al Bajadi avait été condamné, en 2015, à 10 ans de prison par une cour criminelle spécialisée, notamment dans les cas de «terrorisme», selon des militants des droits humains, mais avait ensuite été libéré. En 2011, il avait été incarcéré pour avoir participé à une manifestation à Riyad et avait observé une grève de la faim de plusieurs semaines, d’après des défenseurs des droits de l’homme.

Depuis la semaine dernière, au moins 12 militants ont ainsi été arrêtés, principalement identifiés comme des femmes défendant le droit de conduire et demandant la fin du système de tutelle masculine imposé aux Saoudiennes. Elles représentent plusieurs générations de militantes, à l’image de Loujain Al Hathloul, 28 ans, détenue en 2014 après avoir tenté d’entrer en voiture en Arabie Saoudite, et Aziza Al Youssef, professeure retraitée de l’université Roi-Saoud à Riyad. Quatre des militantes arrêtées ont depuis été libérées, ont annoncé jeudi et hier des militants et des ONG.

En annonçant, la semaine dernière, l’arrestation de militants non identifiés, les autorités saoudiennes les ont accusés d’entretenir des «contacts suspects avec des parties étrangères» et de saper «la sécurité et la stabilité» du royaume. Des médias progouvernementaux saoudiens les ont même qualifiés de «traîtres». Selon le journal progouvernemental Okaz, certains encourent jusqu’à 20 ans de prison. Amnesty International a dénoncé une «effrayante campagne de dénigrement».

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