Réseau autoroutier : Quadrillage en marche

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La structure du maillage autoroutier du territoire commence  à se dévoiler.  Le ministère de l’Equipement et du transport vient de définir les couloirs sur lesquels seront construits quatre axes autoroutiers. Cependant, l’investissement projeté est conséquent alors même que la société nationale des autoroutes croule sous les dettes.

Aziz Rabbah, ministre de l’Equipement, du transport et de la logistique a présidé une réunion pour les présentations des études de définitions des autoroutes : Agadir – Guelmim, Bipôles Fès/Meknès – Tanger/Tétouan, Safi – Marrakech – Béni Mellal et contournement Est de Safi, et Rabat – Casablanca continentale. Cette réunion a été tenue pour la présentation, par les bureaux d’études, des couloirs des autoroutes concernées à l’issue des études préliminaires et étude de définition. Ces investissements entrent dans le cadre du prochain contrat-programme entre l’Etat et Autoroutes du Maroc. Les estimations font ressortir un coût global compris entre 31,5 et 44,5 milliards de dirhams. Cette année, l’autoroute El Jadida-Safi, d’une longueur de 143 km, sera enfin mise en service. L’autoroute Berrechid-Béni Mellal sera également inaugurée dans le courant de l’année. Mais au-delà, de nouvelles autoroutes relieront primo Agadir – Guelmim. Ce projet consiste en la construction d’une autoroute en site propre entre Agadir et Guelmim et revêt un caractère à la fois international, national, régional et local. Les longueurs du projet qui ressort des couloirs proposées varient entre 159 et 238 Km portant les estimations entre 7 à 17 milliards de dirhams. Concernant l’autoroute Bipôles Fès/Meknès – Tanger/Tétouan, cette autoroute est un maillon essentiel du grand axe structurant Agadir-Marrakech-Béni Mellal –Fès/Meknès-Tanger/Tétouan. C’est un projet qui offre des opportunités importantes pour l’accélération du développement socioéconomique d’un large périmètre au Centre- Nord du pays. Les longueurs du projet qui ressort des couloirs proposées varient entre 189 et 209 Km et leurs estimations oscillent entre 8 à 9 milliards de dirhams. L’autoroute Safi – Marrakech – Béni Mellal et contournement Est de Marrakech ont pour objectif d’assurer une liaison à bon niveau de service entre Safi, Marrakech et Béni Mellal, relier Ben Guérir à la façade maritime et son nouveau pôle en pleine émergence et assurer une connexion de la RN9 (allant vers Ouarzazate) au réseau autoroutier sans traverser la ville de Marrakech. Les longueurs du projet qui ressort des couloirs proposées varient entre 356 et 422 Km et leurs estimations varient de 13 à 15 milliards de dirhams. Quant à l’autoroute Rabat – Casablanca continentale, ayant pour objectif de décongestionner l’autoroute actuelle qui relie Rabat à Casablanca et qui connaît un trafic élevé dépassant en 2013 un TMJA 50000 v/j, elle vise à offrir un axe autoroutier direct pour le trafic de transit allant vers l’Aéroport Mohammed V, Berrechid, Settat, Marrakech, El Jadida, Béni Mellal et le Sud et enfin desservir la ville de Ben Slimane en expansion et notamment son aéroport. La longueur du projet qui ressort des couloirs proposés est d’environ 55 Km et son estimation avoisine les 3,5 milliards de dirhams. Actuellement, le Maroc dispose de 1 511 km d’autoroutes qui passeront à 1 800 km en 2016, ce qui en fera le deuxième réseau d’Afrique. Loin derrière l’Afrique du Sud.

Acteur endetté
A côté de ces grandes ambitions, de gros investissements sont donc à prévoir. Et la SNAM est déjà installée dans un déficit qui risque de s’étaler de 25 à 50 ans à cause du poids de la dette issue des précédents investissements (financés à hauteur de 25% par l’Etat) et qui ne sont toujours pas amortis. Certes, le chiffre d’affaires de la SNAM a connu une progression de 2,4% (de 2,16 à 2,21milliards de dirhams) avec un excédent brut d’exploitation de 1,66 milliard de dirhams, en hausse de 3,5% sur un an. Mais en 2014 toujours, SNAM a écopé d’une dette de 2,8 milliards de dirhams contre 2,3 milliards de recettes, le résultat de l’exercice s’est soldé par un déficit de 1,11 milliard de dirhams. Selon le directeur de la société Anouar Benazzouz, l’entreprise a connu d’importantes charges d’intérêts des prêts contractés pour le développement du réseau autoroutier et qui ont dépassé 1,52 milliard de dirhams l’an dernier. Au total, les dépenses de la SNAM relatives aux dettes frôlent les 3 milliards de Dhs et cette situation est bien partie pour durer selon le responsable de l’entreprise. Certes, ces prêts sont susceptibles d’être renégociés afin d’alléger la trésorerie de l’entreprise. Mais ceci n’occulte en rien le déficit chronique enregistré sur certains couloirs. Sur les 13 axes formant le réseau, la gestion de quatre d’entre eux s’avère déficitaire. Il s’agit des lignes Tanger Med-Tanger, Marrakech-Agadir, Tétouan-Fnideq et Fès-Oujda. Sur ces lignes, le trafic est toujours inférieur à 10000 véhicules par jour en moyenne, seuil à partir duquel une autoroute devient rentable. Ce qui en appelle à plus de diligence en matière de choix d’investissement et de couloirs à construire. Le réseau autoroutier concédé à ADM est d’une longueur totale de 1.800 km dont 1.511 km sont actuellement en exploitation et le reste en cours d’achèvement.

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