Résultats Semestriels: Alwan et al-Muqri distingués

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Les romans « Le Castor » du Saoudien Mohammed Hassan Alwan et « Femme interdite » du Yéménite Ali al-Muqri ont été distingués par le jury du Prix de la fondation Lagardère consacré à la promotion de la littérature arabe. 

Comme le hasard fait bien les choses ! Un Saoudien et un Yéménite, dont les pays sont en guerre depuis quelques mois déjà, ont été réunis par le prix de la Fondation Lagardère. Présidé par Pierre Leroy et composé d’éminentes personnalités du monde des médias, des arts et de la culture, ainsi que de spécialistes du monde arabe, le jury a élu, par une très forte majorité, l’ouvrage de Mohammed Hasan Alwan, « Le Castor », traduit de l’arabe. Le jury a également décerné une Mention spéciale à Ali al-Muqri pour son roman « La Femme interdite », également traduit. « Le Castor » résume, pour le romancier saoudien, la vie d’un pan de la société angoissée. Ghaleb, héros du roman, est un quadragénaire saoudien échoué sur les rives de la Willamette, à Portland. Il se retrouve un jour nez à nez avec un mammifère dont il ignore le nom – qui s’avère être un castor –, mais qui lui rappelle singulièrement l’entourage qu’il a laissé derrière lui. Aussitôt, il est renvoyé à son passé familial et à ses échecs personnels… Avec ses constructions fragiles et alambiquées, luttant souvent en vain contre le courant, le rongeur devient pour lui une manière de double auquel il confie ses interrogations et ses angoisses devant le sens de la vie. Un univers pittoresque.
Le Yéménite Ali al-Muqri, romancier et journaliste engagé, donne la parole à une jeune femme du Yémen, présenté comme un pays rigoriste où règne la charia. Cadette d’une famille modeste, entourée d’une sœur aînée, Loula, « une parfaite dévergondée » aux multiples aventures sexuelles, et d’un frère, Raqib, d’abord marxiste et rebelle avant de se transformer après son mariage en intégriste religieux, la narratrice peine à trouver sa place dans un milieu traditionnel où la femme est victime d’une oppression constante qui l’oblige à bien des hypocrisies. La narratrice finira par épouser l’ami de son frère qui l’emmènera mener le jihad en Afghanistan – une aventure qui virera au grotesque.
Hommage est ainsi rendu à deux regards croisés critiques à l’égard d’une société arabe qui n’évolue pas. Regards usant de l’humour, de la fantaisie, du conte ou des paraboles.

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