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Retour ou adhésion du Maroc à l’UA : Pourquoi Zuma inquiète Rabat

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Le Maroc vient de protester, pour la deuxième fois de suite, contre les atermoiements dont fait preuve l’actuelle secrétaire générale de l’UA à l’endroit de sa demande expresse faite en vue d’intégrer l’organisation panafricaine. Si 28 Etats africains avaient dès le sommet de Kigali avalisé le retour du Royaume au sein de cette organisation régionale, il faut dire que la « Jet Diplomacy » déployée par le Maroc a fait basculer la balance en faveur d’un tel come back : on ne compte désormais plus parmi les irrédentistes de la cause séparatiste que 11 pays alors que les indécis se montent, eux, à 14, dont hélas quelques pays arabes !
Si une bonne majorité numérique s’avère favorable à la thèse marocaine, pourquoi cette haute fonctionnaire de l’UA, appelée par ailleurs à passer le témoin à un autre candidat au Secrétariat général de l’UA, s’acharne-t-elle à prendre fait et cause pour les séparatistes du Polisario ?
D’après des observateurs avertis, tout est lié à l’interprétation terminologique de la demande marocaine. S’agit-il d’un retour ou d’une adhésion ?
En cas de simple retour, le Maroc ne se sentirait pas obligé de parapher la charte de l’UA puisque cette dernière est l’héritière juridique, selon le droit international, de son ainée l’OUA dont le Maroc comptait parmi les fondateurs es qualité de parrain d’une kyrielle de mouvements de libération nationale actuellement au pouvoir. La réadmission serait, dans ce cas d’espèce, automatique. D’où le recours de la SG de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, à une autre thèse selon laquelle le Maroc n’opérait pas un retour, processus normal s’il en est, mais demandait une nouvelle adhésion. Auquel cas, Rabat serait dans l’obligation de dûment signer la nouvelle charte de l’organisation qui appelle à reconnaître entre autres tous les Etats membres de l’organisation régionale et le sacro-saint principe de l’intangibilité des frontières. Une démarche que le Maroc se refuse à entreprendre pour ne pas consacrer l’injustice qui était à l’origine de son départ de l’OUA, soit la reconnaissance de facto de la RASD, et pour ne pas avaliser un principe qui le priverait de ses provinces sahariennes. Par ailleurs, Rabat a de tout de temps fait valoir que le Polisario n’est pas un mouvement de libération nationale car il n’est pas maître de son destin ni dans la guerre, ni dans la paix. En sus, la RASD ne jouit pas des attributs d’un Etat, tels que consacrés par le droit international, pour pouvoir siéger aux cotés des Etats indépendants. La RASD n’est reconnue ni par les Nations Unies, ni par la Ligue arabe, et encore moins par l’Organisation panislamique.
Comment dès lors sortir de cet imbroglio juridique et politico-diplomatique ? Des spécialistes pensent que le Maroc a la latitude d’émettre des réserves sur les points des statuts de l’Union Africaine qui sont en contradiction avec sa vision de l’Afrique. C’est une démarche susceptible de dépasser le blocage qui, on s’en doute, est imposé par l’Afrique du Sud et l’Algérie.
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