Retour du Maroc dans le giron africain : Comment la classe politique jauge l’initiative royale

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Les groupes parlementaires au sein de la chambre des représentants ont affirmé que l’adoption à l’unanimité du projet de loi portant approbation de l’acte constitutif de l’Union Africaine, mercredi 18 janvier, est l’expression de la cohésion entre les partis politiques (toutes tendances confondues) et de la chambre des représentants.
Les groupes parlementaires ont souligné qu’il s’agit d’un moment exceptionnel où l’intérêt national a primé sur toute autre considération. « Ce moment s’est illustré à travers l’adhésion agissante de tous pour assurer la réussite de l’initiative du Maroc de retrouver sa place légitime au sein de l’UA », ont-ils déclaré.
Saâd Eddine El Otmani a assuré que son parti a abordé cette étape avec une vision nationaliste et consensuelle, saluant la grande mobilisation de l’ensemble des formations politiques à chaque fois que la défense des constantes nationales et des valeurs sacrées du pays l’exige. Selon lui tout le monde s’accorde à dire que le retour du Maroc au sein de l’UA constitue « une initiative courageuse et louable, à même d’amorcer une dynamique active au sein de la famille africaine outre les divisions ».
Toujours selon El Otmani, la décision du Maroc de se retirer en 1984 de l’organisation de l’unité africaine « était pertinente de même que celle de son retour, vu le changement de la conjoncture politique en Afrique et l’évolution des positions des pays du continent à l’encontre de l’entité séparatiste ».
De son coté, Noureddine Median, président du groupe istiqlalien de l’unité et de l’égalitarisme a indiqué que l’adoption du projet de loi portant approbation de l’acte constitutif de l’UA vient couronner les efforts entrepris par le Maroc pour retrouver sa place naturelle et « mettre fin à la politique de la chaise vide ».
Il a souligné que la décision du Maroc de retourner au sein de l’UA signifie le retour à une organisation régionale dont le royaume a été l’un des premiers fondateurs en1961 lors du sommet historique de Casablanca qui a donné lieu à « un continent africaine fondé sur le regroupement et l’intégration ».
Selon lui, le retour du Maroc à l’institution africaine vise à renforcer ce regroupement africain en faveur du développement et de la paix et à relever de nouveaux défis à même de hisser l’Afrique à des rangs avancés, non seulement à travers les mécanismes de coopération traditionnels, comme la formation et l’appui technique, mais aussi par le développement global dans tous les domaines, comme la sécurité alimentaire et les infrastructures.
Quant à Rachid Talbi Alami, président du rassemblement constitutionnel, il a souligné que la dixième législature a été inaugurée par l’adoption d’un texte juridique aux retombées historiques et aux répercussions politiques jetant les fondements d’une nouvelle ère dans l’Histoire du Maroc
De son côté, le président du groupe du Parti Authenticité et Modernité (PAM), Abdellatif Wahbi, a appelé à poursuivre la défense de l’intégrité territoriale car, selon lui, la légalité est du côté du Maroc, qui dispose des argumentaires légaux, politiques, historiques et géographiques.
Pour sa part, Said Ameskane, intervenant au nom du groupe haraki, a salué la soumission du projet de loi à la chambre des représentants car elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle constitution qui a doté cette institution de prérogatives en matière de conception des principes de la politique extérieure du royaume à travers l’adoption des conventions internationales et des projets de loi relatifs à l’adhésion aux organisations régionales et internationales.
Abdelouahed Radi, du parti de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) a indiqué que le retour du Maroc à l’UA intervient en réponse aux appels de plusieurs pays africains et en vue d’accompagner les développements qu’a connu la gestion de la question du Sahara marocain, rappelant que le royaume est l’un des pays fondateurs de ce groupement panafricain. Il a indiqué que même si le Maroc a quitté l’organisation de l’UA, il a conservé ses relations avec les pays du continent dans un cadre bilatéral.
Aicha Leblak, du groupe du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) a salué « le contenu historique et les positions courageuses » du discours royal adressé au 27ème sommet de l’UA à Kigali, notamment en ce qui concerne la décision du retour du royaume au sein de sa famille africaine et de sa volonté de contribuer de l’intérieur de cet ensemble continental aux efforts de développement humain et durable et de relever le niveau de vie des citoyens africains.
De son côté, le député Omar Balafrej, de la Fédération de la Gauche Démocratique (FGD) s’est félicité de la stratégie africaine du Maroc et en matière de défense de la cause nationale, qu’il a qualifiée de « positive et ambitieuse ». Cette stratégie requiert une présence au sein de toutes les instances internationales et l’ouverture d’un dialogue avec toutes les parties, y compris avec les adversaires, a-t-il dit.

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