Réunion à Paris sur le chaos libyen :  El Sarraj se tourne vers Alger…

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A l’heure où se tient, à Paris, une réunion sur le chaos libyen, réunion de laquelle la Ligue arabe a été exclue, c’est vers Alger que s’est tourné le chef du gouvernement El Sarraj pour sensibiliser ses hôtes sur le drame libyen. En tout cas, les pays voisins de la Libye ont prévu de se retrouver courant octobre à Niamey. Objectif ; empêcher que ce pays vole pas en éclats.
La visite de Fayez El Sarraj à Alger intervient dans un contexte extrêmement tendu en Libye, où la tension est des plus vives entre le gouvernement local reconnu par la communauté internationale et le Parlement de Tobrouk. Soutenu par les forces armées du maréchal Khalifa Haftar, le Parlement de Tobrouk, reconnu internationalement également et dirigé par Aguila Saleh, s’entête à refuser d’accorder sa confiance au gouvernement d’entente. D’où la crainte d’une recrudescence de la guerre civile. Le maréchal Khalifa Haftar avait rejeté, la semaine dernière, les appels à la réconciliation nationale de Fayez El Sarraj. Pis encore, il refuse lui aussi de composer avec le gouvernement d’entente. Aux yeux du maréchal qui jouit d’un soutien conséquent de pays voisins, «Tripoli est prise en otage par les milices». L’armée qu’il dirige, affirme-t-il, ne travaillera qu’avec le Parlement élu et reconnu installé à Tobrouk. Khalifa Haftar songe, laissent entendre nombre d’observateurs, à la reconquête de Tripoli. Dans un entretien accordé à l’agence de presse américaine Associated Press (AP), il laisse entendre entre les lignes qu’il est le leader qu’il faut capable de sortir la Libye du chaos. L’accord de réconciliation signé le 14 décembre 2015 n’est qu’une vétille aux yeux de ce maréchal qui s’est empressé de déléguer les pleins pouvoirs aux officiers en charge de gérer les villes sous son contrôle.
Pour bien des analystes, la tension entre Toubrouk et Tripoli n’est que l’expression de l’exacerbation d’intérêts extra-libyens qui engagent l’Egypte et les Emirats, soutenus par quelques capitales occidentales, dans une guerre par procuration au Qatar et à la Turquie, que l’on présente comme de proches alliés de certaines milices de Tripoli. L’enjeu est d’endiguer les « Frères musulmans » dans la région… Cela sans parler, bien sûr, de la maîtrise des richesses libyennes en hydrocarbures. De quoi demain sera-t-il fait à l’heure où la bataille contre Daech n’est pas encore achevée à Syrte et où d’intenses combats opposent des groupes combattants aux djihadistes à la frontière avec la Tunisie ?

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