Réunion du Comité Directeur de la FRMF: Une usine à gaz !

Statutairement parlant, les délibérations du Comité Directeur Fédéral sont incohérentes. Une usine à gaz dirait-on. C’est ce qu’on déduit de la réunion, tenue en visioconférence, samedi dernier.

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Réunion du Comité Directeur de la FRMF: Une usine à gaz !

Les réunions du Comité Directeur de la Fédération Royale Marocaine de Football se suivent et se ressemblent. Un Comité Directeur Fédéral qui marche sur la tête pour délibérer sur ce qui relève de ses compétences qui sont en contradiction avec les prérogatives de l’Assemblée Générale. Et le comble, c’est de se retrouver avec des statuts qui stipulent trois assemblées générales. Ce qui n’existe nulle part : Une Assemblée Générale tout court, une Assemblée Générale Ordinaire et une Assemblée Générale Extraordinaire. Toutes ces « AG » s’enchevêtrent et sont incohérentes avec les compétences du Comité Directeur Fédéral qui au lieu de délibérer sur le stratégique, il se fourvoie dans l’opérationnel et des mesurettes pour assouvir les appétits des dirigeants des clubs. Le même problème se pose avec lesdits statuts des Ligues professionnelles voire des Amateurs. Bref, une refonte tous azimuts s’impose car la réglementation qui régit la FRMF et ses sous-structures ne respectent pas le principe de la sécurité juridique, de la clarté et de l’intelligibilité. Il appartient à Faouzi Lekjaâ, président de la FRMF, de se pencher sérieusement et fermement sur ce chantier si l’on veut professionnaliser la gouvernance du football au sein des clubs, des ligues régionales et professionnelles voire la FRMF qui a un statut sui generis.

Si le président a insisté mordicus sur l’obligation de la tenue en décembre prochain des assemblées générales des clubs, des ligues régionales et professionnelles et de la FRMF, Le Comité Directeur Fédéral a décidé du coup d’envoi de la Botola PRO le 4 décembre prochain. Ce qui enfreint l’article 21 des statuts qui dispose que l’assemblée générale ordinaire doit être tenu 15 jours au moins avant le démarrage de la saison sportive. 

Faouzi Lekjaâ a saisi cette occasion pour interpeller la Ligue Professionnelle à proposer au Comité Directeur Fédéral la réforme de la BOTOLA pour la soumettre in fine à l’assemblée générale. Une jolie riposte à ceux qui ont rué sur les brancards pour dénoncer une décision qui non uniquement n’a pas été prise mais non inscrite explicitement à l’ordre du jour !

Cependant si une telle réforme doit faire l’objet d’une adoption via une assemblée générale, tel n’est pas le cas pour les règlements qui régissent les championnats aujourd’hui et auparavant. Dès lors, le principe du parallélisme des formes est évoqué mais le plus important, c’est de dissiper les incohérences. 

Concernant la situation financière des clubs, tout est flou et n’est pas cohérent avec l’article 37 qui fixe les compétences de la Commission du Contrôle de gestion. Le Comité Directeur Fédéral doit traiter cas par cas en fonction de la saisine de cette commission de contrôle. Or cette dernière n’a jamais saisi le Comité Directeur sur les manquements des clubs. Alors que la saison sportive doit être celle de la mise en place des sociétés sportives, les clubs continuent à fonctionner en tant qu’associations sportives où tous les abus sont permis devant la complaisance de la FRMF et des pouvoirs publics qui ont même accordé des subventions pour mettre un terme au régime associatif. Des exonérations fiscales ont été légiférées dans la loi des finances 2020 et dans celle de l’an prochain. Situation alambiqué qui profite aux dirigeants indélicats. 

Dans le même registre, le communiqué de la FRMF n’a pas fait état du transfert des joueurs. Un point qui a bel et bien été inscrit à l’ordre du jour mais qui a été escamoté pour ne pas s’attirer les foudres du président du WAC, également président de ladite Ligue Professionnelle du Football Professionnelle, qui n’a pas répondu présent. Un président quérulent qui s’acoquine aux « chiens écrasés » et qui fuit la reddition des comptes. 

Le vrai professionnalisme du football marocain n’est pas pour demain. Car ce n’est pas avec des politicards et des intrus que l’on va parler d’une gouvernance et d’une pratique professionnelle. Faouzi Lekjaâ est un cadre compétent mais il paraît qu’il se complait dans cette situation avec une armée de dirigeants ventriloques !

    

 

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