S.E. El Othmani : Les mesures restrictives allégées en fonction des indicateurs épidémiologiques

Critiqué par la gestion de la pandémie, le chef du gouvernement Saadeddine El Othmani a assuré lundi que l’Exécutif ne peut «alléger les mesures restrictives car cela a un coût financier et social». «L’allègement se fera parallèlement à l’amélioration des indicateurs dans les zones qui enregistrent d’importants cas», a-t-il déclaré.

0
S.E. El Othmani : Les mesures restrictives allégées en fonction des indicateurs épidémiologiques

«Bien que nous sommes conscients que certaines mesures ont des répercussions négatives sur les citoyens, car nous ressentons leurs souffrances, l’alternative serait l’augmentation des décès, ce qui serait plus dangereux», s’est-il justifié en répondant aux questions relatives à la politique générale, lors la séance mensuelle à la Chambre des représentants. «Nous avons vu cela dans certaines villes où les indicateurs se sont améliorés grâce aux mesures restrictives», a-t-il mis en avant, citant à cet égard l’exemple de Tanger.

Le chef du gouvernement a estimé que «l’expérience a démontré le rôle positif de ces mesures», rappelant qu’il y a une «levée progressive» de ces mesures dans certaines zones, pour ne pas «retourner à la case de départ».

Devant les députés, le chef de l’exécutif a affirmé que son cabinet «assume sa responsabilité» appelant «tout le monde à assumer leur responsabilité» et tirant ainsi sur les détracteurs ainsi que ceux qui ne respectent pas les décisions des autorités. «Malheureusement, il y a toujours ceux qui mettent en doute l’existence même de ce virus et sa dangerosité, ceux qui ne respectent pas les mesures barrières, pourtant simples et ceux qui organisent des mariages ou des fêtes faisant fi des mesures préventives et nécessaires», déplore-t-il.

«Cela doit cesser, car c’est ce qui permet au virus de se propager davantage, le retour à  l’équilibre ne peut être atteint que si tout le monde collabore et s’engage», plaide-t-il. El Othmani a également déploré les détracteurs, dont l’opposition parlementaire. «Certains n’ont pas encore saisi que nous faisons face à une pandémie aux dimensions internationales et qui peut avoir plusieurs répercussions, sur les plans mondial et régional qui pourront dépasser les efforts entrepris pour les atténuer», a-t-il dit. «Je vous confirme que le gouvernement ne prête pas attention aux discours mettant en doute ses efforts ou minimisant ses actions. Il est ici pour assumer ses responsabilités et prendre des mesures nécessaires pour cette étape avec un esprit et mobilisation», a-t-il martelé.  

El Othmani a reconnu, par ailleurs, que «la situation épidémiologique au Maroc est inquiétante et le nombre de cas augmente au fil des semaines». «En toute franchise, nous n’avons aucune visibilité de l’évolution de cette situation après un ou deux mois. Mais je peux dire que les indicateurs sont meilleurs que ceux de plusieurs pays dont ceux développés», insiste-t-il, rappelant que le Maroc «n’a pas atteint un niveau de pression grave sur son système de santé».

Evoquant les mesures prises par son gouvernement, objet de la question posée par les parlementaires, El Othmani a reconnu que «l’année 2020 a connu une récession économique suite à l’application de l’état d’urgence sanitaire», arguant que «même les partenaires économiques du Maroc enregistrent des récessions de l’ordre de 10, 11 ou 12%».

Il a ainsi reconnu que le taux de chômage est passé à 12,3% et que les ressources de l’Etat baisseront de 45 milliards de dirhams à fin 2020. «Le gouvernement compte y remédier à travers d’abord le plan de relance de l’économie», a-t-il soutenu, en annonçant que «ce plan est programmé dans le cadre du PLF rectificative ainsi que le PLF 2021».

Il cite toutefois «le maintien de l’investissement public au même niveau pour atteindre 230 milliards de dirhams, soit +26 MMDH par rapport à 2020», le maintien des hausses des salaires des fonctionnaires conformément à l’accord du 25 avril ainsi que la poursuite des réformes.

Le chef du gouvernement a également insisté sur la hausse du budget dédié à l’enseignement, qui connaîtra, selon lui, «une hausse sans précédent avec +10 MMDH pour atteindre 76,5 MMDH en 2021» et celles des «postes budgétaires».

«Les critiques sont les bienvenues à conditions qu’elles soient objectives. La mobilisation doit continuer car c’est notre arme contre cette pandémie. Cette bataille est la responsabilité de nous tous et il faut rester vigilants et veiller aux comportements citoyens», a-t-il conclu en insistant sur «l’espoir et l’optimisme contenus dans le dernier discours royal».

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus