Sahara – Le grain de sable de Ban ki-Moon

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Il fallait s’y attendre ! Et il faut croire que la volte-face du Secrétaire général de l’ONU dans la gestion du dossier saharien, avec un tropisme marqué pour la cause sécessionniste, n’a pas étonné l’establishment marocain. Souvenons-nous des divers appels lancés par le Roi pour maintenir la vigilance à l’extrême sur un dossier pour lequel les ennemis de la cause nationale marocaine ont déboursé, et débousent toujours, à cordes déliées. Incitant la diplomatie à faire preuve d’une plus grande proactivité pour éviter au Maroc d’être acculé dans une position défensive. En tout cas, pour ceux qui sont habitués à mesurer à leur juste valeur les positions marocaines, et là le moindre signal est à soupeser au micro-gramme près, le fait que Rabat ait demandé le report de la visite de Ban ki-Moon dans le Royaume à juillet n’est pas anodin. Car le Secrétaire général de l’ONU qui s’est évertué à vouloir « violer » les codes de bienséance, l’agenda chargé ne permettant pas au Roi en déplacement à Paris d’accueillir son hôte, aura échoué dans sa démarche du « fait accompli ». D’où sa propension à vouloir engager une « épreuve de force » avec le Royaume qui a récupéré ses provinces sahariennes et qui, même en considérant ce dossier existentiel, n’a pas manqué de faire preuve de souplesse en proposant en dernier ressort une autonomie large aux territoires récupérés. Démarche diplomatique saluée par les puissances qui siègent au Conseil de sécurité pour sa crédibilité et son sérieux. Tout cela, l’hôte du Palais de verre de New York, pour quelques mois encore avant de céder son fauteil, il le sait. Comme il n’ignore point l’origine d’un problème factice qui a propulsé la région maghrébine au rang de scène d’un conflit larvé de basse intensité… Et pourtant, lors de son séjour dans les camps de Lahmada et le saut de puce qu’il a fait à Tifariti, zone marocaine tampon où les casques bleus ont élu domicile pour superviser le cessez-le-feu, il n’a troqué son veston de « facilitateur » onusien pour épouser les thèses séparatistes. Osant parler du Maroc comme une force d’occupation et appelant à l’organisation d’un réfrendum d’autodétermination du peuple sahraoui. De quoi faire exulter les séparatistes du Polisario qui dans leur euphorie n’ont pas manqué d’agiter la menace de la reprise des opérations militaires contre le Maroc au cas où le blocage diplomatique serait maintenu ! Voilà qui a attiré l’ire des responsables marocains qui ont réagi avec la fermeté qui sied à pareil impair… impardonnable. Car plutôt que d’œuvrer pour dégager une solution négociée à un problème factice dans une zone particulièrement vulnérable, Ban ki-Moon a appelé à la mobilisation des donateurs pour venir en aide aux populations sahraouies qui vivent le dénuement sur le sol algérien. Le patron de l’ONU aura manqué de courage là où il fallait le déployer. En appelant, par exemple, à recenser la population sahraouie, comme le revendique le Royaume. Et il n’est pas le seul à faire de cette exigence un point nodal dans toute recherche d’une solution de paix durable dans la région. Car il faut bien que la communauté internationale sache de quoi est composé ce prétendu peuple sahraoui pour lequel des aides substantielles ont été mobilisées pour servir la nomenklatura du Polisario et bien des généraux algériens dont l’affairisme est avéré. Dommage que le grain de sable destiné à gripper la machine diplomatique soit l’œuvre de Ban ki-Moon qui aurait gagné l’estime de toutes les parties en se positionnant à distance égale de tous les protagonistes du dossier. En tombant droit dans les lacs des partisans du séparatisme, il a eu droit aux remontrances marocaines qui n’est plus disposé à perdre du temps avec des marchandages susceptibles de mettre le feu aux poudres d’une région déjà aux confins de l’espace sahélo-saharien, cette vaste « zone grise » où tous les ingrédients de l’instabilité sont réunis. Dommage que le patron de l’ONU se soit ainsi départi de la neutralité d’usage. A Rabat, on doit déjà évaluer, sous toutes leurs facettes, « les surprises » du prochain rapport qui sera soumis aux membres du Conseil de sécurité. En attendant l’arrivée d’un autre hôte du Palais de verre de New York, la régionalisation avancée promise par le Maroc est déjà en marche.

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