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Sahara : le revirement de l’Empire

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Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour mesurer jusqu’où les cartes soient rebattues dans le dossier saharien. Au Conseil de sécurité, Washington n’a pas hésité à tacler Rabat lorsque son représentant a remis, hier soir, un avant-projet de résolution qui s’inscrit en faux vis-à-vis de la démarche diplomatique marocaine. Mais que dit exactement ce texte qui confirme si besoin est que les relations maroco-américaines traversent une sérieuse zone de turbulance ? Pas moins que le retour immédiat des éléments de la composante civile et politique de la Minurso expulsés par le Maroc en mars dernier. Mais là ne s’arrête pas la position US. Le texte en question notifie que la principale mission dévolue à l’ONU au Sahara consiste d’abord en l’organisation du référendum outre la surveillance du cessez-le-feu observé depuis 1991. Autant dire que l’administration américaine épouse les conclusions auxquelles a abouti le rapport de Ban Ki-moon du 19 avril qui,dans le paragraphe 92, et qui souligne que « Le Conseil de sécurité a créé la MINURSO pour surveiller le cessez-le-feu entre les parties, pour maintenir le statu quo militaire et, sous réserve de l’accord des parties, pour organiser un référendum d’autodétermination ». L’Empire ne cache plus son jeu et rejoint, objectivement, les positions défendues par la diplomatie algérienne sur la question. Ce qui s’oppose à l’offre d’autonomie présentée par le Maroc pour dépasser le blocage constaté sur la voie du processus référendaire. L’offre de Rabat ayant même bénéficié de l’appui de Washington en le jugeant « crédible ». Nul besoin de rappeler que le Royaume voyait venir parelle volte-face de Washington. Et ce n’est pas pour rien que le Roi avait multiplié les sonnettes d’alarme pour permettre à la machine diplomatique du Royaume, dans ses composantes les plus larges (ministère, partis politiques et société civile) de faire preuve de proactivité plus que de réactivité. Mais il semble, une fois encore, que les efforts déployés n’ont pas été à la hauteur des défis.
Certes, le texte présenté par Washington devra être débattu par les Quinze avant son adoption. D’où l’intérêt du déploiement de « la Jet Diplomacy » qui a pris une autre dimension avec le repositionnement stratégique du Royaume sur l’échiquier international avec l’ouverture, plus franche, sur d’autres alliés tels que la Russie, pays avec lequel le Royaume a déjà scellé un partenariat stratégique. En attendant d’élargir le spectre à la Chine, comme à l’Inde. Cela sans compter le nouvel élan impulsé à la dynamique de rapprochement entre le Maroc et les monarchies regroupées au sein du CCG. Une alliance stratégique qui conforte le Maroc dans ses droits historiques sur ses provinces sahariennes.
En instance de départ, Ban Ki-moon dont les positions pro-algériennes ont été scellées au fil des rapports sur le Sahara, n’aura pas failli à son engagement anti-marocain. Ce qui rend davantage ardue l’action diplomatique à déployer pour endiguer les périls. Périls qui prennent une autre tournure avec la mobilisation militaire de la sédition polisarienne qui se livre à une démonstration de force sous l’œil complice de la Minurso. Gérer cette période intérimaire (en attendant l’alternance à la tête de l’ONU, comme d’ailleurs le verdict de la Présidentielle US) au mieux des intérêts du Royaume relève de la compétence de la diplomatie marocaine. Elle dont les représentants savent que la somme des manouevres des adversaires de la marocanité du Sahara n’ont pas de quoi les reléguer dos au mur tant que la mobilisation des Marocains ne souffre d’aucune dissonance. Le Maroc a l’Histoire, avec toute l’épaisseur de sa charge symbolique, à ses cotés. Mieux communiquer autour du dossier s’avère, dès lors, capital. Et ce n’est certainement pas les fora qui manquent pour ce faire. Alea jacta est !
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