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Sale temps pour Ennahda en Tunisie : La justice mobilisée…

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La justice tunisienne a ouvert une enquête sur quatre membres de la formation de R. Ghannouchi pour des violences devant le parlement après que la décision du Président Kaïs Saïed de congédier dimanche le gouvernement et de geler les activités législatives, rapporte l’agence Tunis Afrique Presse (TAP). Le garde du corps de R. Ghannouchi, président du parlement, figure parmi les quatre personnes interpellées.
Le parti Ennahdha a qualifié de coup d’État les décisions du Président et a organisé le 26 juillet un sit-in de protestation devant le parlement. C’est au cours de cette manifestation que ses militants et partisans du Président se sont lancé pierres et bouteilles.
La Tunisie est confrontée à sa pire crise politique depuis la révolution de 2011. Plusieurs partis dont les islamistes ont qualifié de «coup d’État»les décisions du chef de l’État.
Dans une tribune publiée par le New York Times, son principal opposant, le chef d’Ennahdha a une nouvelle fois accusé le président d’avoir pris des mesures qui violent la constitution. «Ces décisions suivent le cahier des charges pour mettre en place une dictature», a estimé le président du Parlement tunisien. «La dictature mène invariablement à une augmentation de la corruption, du népotisme, des violations des libertés individuelles et des inégalités», a fait valoir R. Ghannouchi décrié pour les mêmes tares. Dans un entretien exclusif à l’AFP, il a déploré en outre un manque de dialogue avec le président ou avec ses conseillers. «Il faut qu’il y ait un dialogue national»,a-t-il plaidé, tout en assurant que son mouvement comptait employer tous les moyens pacifiques à sa disposition pour «un retour de la démocratie». Mais son parti, Ennahdha, s’est retrouvé dans le viseur de grandes manifestations le 25 juillet dernier – journée de mobilisation ayant conduit à la décision inédite du président tunisien de s’octroyer les pleins pouvoirs. Cette décision vue comme radicale à l’international a toutefois été largement célébrée à travers le pays, où la population demande depuis des mois la dissolution du Parlement et la démission du Premier ministre accusés de faire les affaires du parti Ennahdha. Privés d’exercer, les députés mis en congé pour un mois depuis le 25 juillet sont divisés entre ceux qui soutiennent la décision présidentielle et ceux qui dénoncent un coup d’Etat constitutionnel. Hatem Mliki, député indépendant de l’opposition, estime par exemple que ce n’est pas du tout un coup d’Etat. «On est tout à fait dans l’esprit de l’article 80 de la Constitution qui stipule qu’en cas de menace par rapport à la Nation, le président de la République […] doit prendre des décisions exceptionnelles», déclare-t-il au micro de RT France. Selon lui, les manifestations du 25 juillet contre le Premier ministre et Ennahdha conjuguées à la gestion chaotique de la crise sanitaire et à la crise politique en cours depuis neuf mois, sont autant de facteurs qui justifiaient la décision de K.Saïed. Un Président qui s’est permis un bain de foule marqué par les vivats des Tunisiens croisés sur son chemin alors que d’aucuns considèrent que le chef de l’État obéit à un agenda extra-tunisien et serait même protégé par des « mercenaires » délégués aussi bien par le Caire que par Abou Dhabi. Dans ces deux capitales, rappelle-t-on, la guerre aux « Frères musulmans » n’a pas encore dit son dernier mot.

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